‹ Œuvres complètesChapitre 69 sur 91 · FORTIFICATIONS DB PARIS · texte numérisé non relu

FORTIFICATIONS DB PARIS

tenir un certain temps dont la durée ne peut être déterminée. Le point capital est que la défense ne soit pas Taine, et que Paris puisse résister réellement; car, dans l'hypothèse dont il s'agit, dans le plan stratégique que nous supposons, Paris à l'abri d'un coup de main est la base de toute l'opération. Si cette base ne vaut rien, si Napoléon peut apprendre à Fontainebleau , à la tête d'une armée, que Paris s'est rendu plus tôt qu'il n'avait dû y compter, toute la combinaison stratégique est manquée et la partie perdue. Il est donc absolument essentiel que la défense de Paris soit tout ce qu'elle peut être , sans être celle d'une place de guerre.

« Pour résoudre le problème ainsi posé, deux systèmes étaient en présence : d'une part le système des forts avancés, placés à une certaine distance de Paris, et liés entre eux de manière à rendre le passage très-périlleux; et, d'autre part, celui d'une enceinte bastionnée assez haute pour s'opposer à l'escalade , assez épaisse et assez forte pour être à l'épreuve des pièces de campagne. Une discussion de plusieurs années a convaincu chacun de ces systèmes d'être insuffisant. La dernière commission de défense, instituée en 1836 par M. le maréchal Maison, a eu l'heureuse idée de combiner les deux systèmes et de les perfectionner l'un par l'antre. Cette combinaison constitue le projet présenté par le Gouvernement.

« Aujourd'hui , il n'y a pas de difficulté sur les forts avancés. La commission les admet; mais elle n'admet pas Tenceinte bastionnée , telle que la proposait le comité de défense de 1836, telle que le Ministère du 1*' mars et le Ministère du 28 octobre l'ont présentée, avec quelques modifications qui, quoi qu'en dise le rapport

S86 smûH 01 1841.

de votre coioimsioo , o'eo changent point le caractère.

« C'est sqr cette enceinte qne tombent les objections de la commission ; elle loi reproche» qnoi. Messieurs? une force inutile. Comment? le problème était de rendre Paris impreoablei s'il était possible, sans en faire ooe place de guerre : le projet ne fait point de Paris une place de guerre, puisque l'enceinte proposée n'est pas une enceinte de siège; et ce que la commission lui reproche i c'est, malgré cela, d'être encore trop forte I

« A la Chambre des députés, l'honorable général Schneider, au lieu de l'enceinte du projet de loi , avait proposé le simple mur d'octroi. Il a été démontré que ce mur d'octroi, même foriiûé et rectifié, était un obstacii; insignifiant, puisqu'il est dominé par des hauteurs en plusieurs endroits, et que d'ailleurSi ce qui est décisif, un hardi détachement de l'armée assiégeante qui , dans un puissant effort, passerait à travers les ouvrages avancés et pénétrerait au pied de ce mur, y ferait ei| une heure une brèche copsidérable avec quelques sacs de poudre. Il était permis de croire que le mur d'octroi était à jamais abandonné, puisqu'il ne présentait qu'une défense voine, tandis que, dans l'hypothèse où Paris doit se défendre, il est établi que cette défense doit être sérieuse. Votre commission a été rechercher parmi les débris de la discussion de la Chambre des députés ce mur d'octroi, en l'appelant une enceinte de sûreté; le nom seul est changé, ainsi que la ligne du tracé. Rien n'est moins sûr que celte prétendue enceinte de sûreté, car el(e pe serait ni terrassée ni bastionnée, sans fossé ni escarpe, et par conséquent incapable de résister à la plus faible batterie

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