‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 105 sur 670 · ET LE RACCOMMODEUR DE MOULES · texte numérisé non relu

ET LE RACCOMMODEUR DE MOULES

COKTE TIRÉ DES CENT NOUVELLES NOUVELL ET d'un conte de BOCCACB.

Sire Guillanme, allant en marchandise , Laissa sa femme enceinte de six mois , Simple, jeunette , et d'assez bonne gnise*, Nommée Alix , du pays champenois.

Compère André l'alloit voir quelquefois : A quel dessein? Besoin n'est de le dire , Et Dien le sait. C'ëtoit an maitre sire ; Il ne tendoit guère en vain ses filets ; Ce n'étoit pas autrement sa coutume :

Sage eût été l'oiseau qui de ses rets Se fiH sauvé sans laisser quelque plume.

Alix étoit fort neuve sur ce point ;

Le trop d'esprit ne l'incoinmodoît point ,

De ce défaut on n'accusoit la belle;

Elle ignoroit les malices d'amour;

La pauvre dame alloit tout devant elle ,

Et n'y savoit ni finesse ni tour.

Son mari donc se trouvant en emplette y

EHe au logis , en sa chambre seulette,

André survient, qui , sans long compliment

La considère, et lui dit froidement :

' On voit par ce panagc que La Fontaine n'a pas écrit • ! lement tant de vers facile» . et que c wt en coonaisssnoe ; cause qu'il a su triompher des difficultés du genre qu'il v

j adopté.

I 1 D'assez bonne façon , de maniiTes agréables.

Page 1