LIVRE
Mais comme il étoit difficile
De croire un tel cas dès l'abord,
U voulut avoir le rapport
Du drôle à qui payoit sa femme.
Le lendemain devant la dame
n fidt venir frère Girard ,
Lui porte à la gorge un poignard,
Lui eût conter tout le mystère.
Puis, ayant enfermé ce frère
A double clef, bien garrotté ,
Et la dame d'autre côté ,
n va par-tout conter sa chance.
Au logis du prince il commence;
Puis il descend chez l'échevin;
Puis il fût sonner le tocsin.
Toute la ville en est troublée.
On court en foule à l'assemblée.
Et le sujet de la rumeur N'est point su du peuple dlmeur.
Chacun opine à la vengeance.
L'un dit qu'il faut en diligence AOer massacrer ces cagots; L'autre dit qu'il faut de fegots Les entourer dans leur repaire, Et brûler gens et monastère; Tel veut qu'ils soient à l'eau jetés, Dedans leurs frocs empaquetés.
Afin que la gent cordelière.
Flottant ainsi sur la rivière.
S'en aille apprendre à l'univers Gomment on traite les pervers.
Tel invente un autre supplice, Et chacun selon son caprice; Bref, tous conclurent à la mort; L'avis du fèu fut le plus fort.
On court an couvent tout-à-l'heure; Mais, par respect de la demeure, L'arrêt ailleurs s'exécuta; Un bourgeois sa grange prêta.
La penaiUe ', ensemble enfermée . Fut en peu d'heures consumée, Les maris sautant alentour, Et dansant au son du tambour.
Rien n'échappa de leur colère.
Ni moinillon , ni béat père :
Robes, manteaux, et capuchons.
Tout fut brûlé comme cochons;
> Penaiiton signilie une guenille , un haillon, et, pir terme dv épris, lui moine. La penailU désigne donc la troupe y/ttw. '■ penailloqs, ou une troupe de moines. Ce mot est, je croi*>. : l'ioTention de La Fontaine.
Tous périrent dedans les flammes.
Je ne sais ce qu'on fit des femmes.
Pour le pauvre frère Girard , Il avoH eu son foit à part.