‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 109 sur 670 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

Mais comme il étoit difficile

De croire un tel cas dès l'abord,

U voulut avoir le rapport

Du drôle à qui payoit sa femme.

Le lendemain devant la dame

n fidt venir frère Girard ,

Lui porte à la gorge un poignard,

Lui eût conter tout le mystère.

Puis, ayant enfermé ce frère

A double clef, bien garrotté ,

Et la dame d'autre côté ,

n va par-tout conter sa chance.

Au logis du prince il commence;

Puis il descend chez l'échevin;

Puis il fût sonner le tocsin.

Toute la ville en est troublée.

On court en foule à l'assemblée.

Et le sujet de la rumeur N'est point su du peuple dlmeur.

Chacun opine à la vengeance.

L'un dit qu'il faut en diligence AOer massacrer ces cagots; L'autre dit qu'il faut de fegots Les entourer dans leur repaire, Et brûler gens et monastère; Tel veut qu'ils soient à l'eau jetés, Dedans leurs frocs empaquetés.

Afin que la gent cordelière.

Flottant ainsi sur la rivière.

S'en aille apprendre à l'univers Gomment on traite les pervers.

Tel invente un autre supplice, Et chacun selon son caprice; Bref, tous conclurent à la mort; L'avis du fèu fut le plus fort.

On court an couvent tout-à-l'heure; Mais, par respect de la demeure, L'arrêt ailleurs s'exécuta; Un bourgeois sa grange prêta.

La penaiUe ', ensemble enfermée . Fut en peu d'heures consumée, Les maris sautant alentour, Et dansant au son du tambour.

Rien n'échappa de leur colère.

Ni moinillon , ni béat père :

Robes, manteaux, et capuchons.

Tout fut brûlé comme cochons;

> Penaiiton signilie une guenille , un haillon, et, pir terme dv épris, lui moine. La penailU désigne donc la troupe y/ttw. '■ penailloqs, ou une troupe de moines. Ce mot est, je croi*>. : l'ioTention de La Fontaine.

Tous périrent dedans les flammes.

Je ne sais ce qu'on fit des femmes.

Pour le pauvre frère Girard , Il avoH eu son foit à part.

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