LIVRE II
retient, avec peine pourtant, ervante, et mari vert-galant, matière à feindre da scrupale.
emiers jours, le mari dissimule, ne l'ceU , et ne fiiit pas semblant ;arder sa servante nouvelle; H après il tourna tant la belle , ni donna , tant encor lui promit , i feignit à la fin de se rendre; jeu fait, à dessein de le prendre, -tain soir la galande ' lui dit :
œ est mal , et seule elle veut être ette nuit. Incontinent le maître iervante, ayant fait leur marché, ont au lit; et le drôle couché , I cornette et dégrafant sa jupe , le vient. Qui fut bien empêché?
répoux cette fois pris pour dupe.
ti ! lui dit la conunère en riant, ordinaire est donc trop peu friand e goût? eh! par saint Jean! beau sire, u plus tôt vous me le deviez dire; is diez moi toujours eu des tendrons, uî-ci, pour certaines raisons, ^ut passer; cherchez autre aventure.
n, la belle au dessein si gaillard, de moi , chambrière d'un liard, s rendrai plus noire qu'une mûre.
( feut donc du même pain qu'à moi !
lis d'avis! non pourtant qu'il m'en chaille% on ne puisse en trouver qui le vaille : ) à Dieu , je crois avoir de quoi r encore à quelqu'un dans la vue; suis pas à jeter dans la rue.
os ce point; je sais un bon moyen :
l'aurez plus d'autre lit que le mien, mi peu ! diroit-on qu'elle y touche ?
marchons; que du Ut où je couche aarchander on prenne le chemin :
^herclierez vos besognes demain, l'étoit le scandale et la honte , s mettrois dehors en cet état.
e suis bonne , et ne veux point d'éclat : i rendrai de vous un très bon compte enir ; et vous jure ma foi uit et jour vous serez près de moi.
je besoin de me mettre en alarmes , le je puis empêcher tous vos tours ?
imbrière , écoutant ce discours,
i honteuse, et jette une ou deux larmes;
le dans toutes les éditions modernes ; mais à tort.
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l'en soucie, du verbe rhaloir.
Prend son paquet , et sort sans consulter ; Ne se le fait par cteux fois répéter; S'en va jouer un autre personnage; Fait au logis deux métiers tour-à-tour ; Galand de nuit, chambrière de jour, En deux foçons elle a soin du ménage.
Le pauvre époux se trouve tout heureux Qu'à si bon compte il en ait été quitte. Lui couché seul , notre couple amoureux D'un temps si doux à son aise profite : Rien ne s'en perd; et des moindres moments Bons ménagers furent nos deux amants.
Sachant très bien que l'on n'y revient guères. Voilà le tour de l'une des commères.
L'autre , de qnile mari croyoit tout, Avecque lui soos un poirier assise.
De son dessein vint aisément à bout.
En peu de mots j'en vas conter la guise. Leur grand valet près d'eux étoit debout, Garçon bien fait, beau parleur, et de mise, Et qui faisoit les servante^ trotter.
La dame dit : Je voudrois bien goûter De ce ftnit-là : GuUlot , monte , et secoue Notre poirier. Guillot monte à l'instant. Grimpé qu'il est , le drôle ftdt semblant Qu'il lui parott que le mari se joue Avec la femme : aussitôt le valet, Frottant ses yeux comme étonné du fait, Vraiment, nionsienr, oommence-t-il à dire , Si vous vouliez madame caresser.
Un peu plus loin vous pouviez aller rire, Et, moi présent, du moins vous en passer. Ceci me cause une surprise extrême. Devant les gens prendre ainsi vos étmts ! Si d'un valet vous ne fidtes nul cas.
Vous vous devei du re^peet à vous-même. Quel taon voos point? attendez à tantôt; Ces privautés en seront plus firiandes : Tout aussi bien , pour le temps qu'il vous faut , Les nuits d'été sont encore assez grandes. Pourquoi ce lien? vous avez pour cela Tant de bons lits, tant de chambres si belles !
La dame dit: Que conte celui-là ?
Je crois qu'il rêve : où prend-il ces nomeHes? Qu'entend ce fol avecque ses ébats ?
Descends , descends , mon ami, tu vems, Guillot descend. Hé bien , lui dit son maître , Nous jouons-nous ?
GUILLOT
Non pas pour le présent.
CONTES ET NOUVELLES
Pour le présent?
LE MARI
GUILLOT
Oui , monsieur; je veux 6tre Écorché vif, si tout incontinent Vous ne baisiez madame sur Therbette.
LA FEMME
Mieux te vaudroit laisser cette sornette, Je te le dis ; car elle sent les coups.
LE MARI
Non, non , m'amie; il £aut qu'avec les fous Tout de ce pas par mon ordre oa le mette.
GUILLOT
Est-ce être fou que de voir ce qu'on voit?
LA FEMME
Et qu'as-tu vu ?
GriLLOT.
J'ai vu, je le répète, Vous et monsieur qui dans ce même endroit Jouiez tous deux au doux jeu d'amourette : Si ce poirier n'est peut-être charmé.
LA FEMME
Voire ', charmé ! tu nous fais un beau conte ?
LE MARI
Je le veux voir, vraiment; faut que j'y monte : Vous en saurez bientôt la vérité.
Le maître à peine est sur l'arbre monté,
Que le valet embrasse la maîtresse.
L'époux , qui voit comme l'on se caresse ,
Crie , et descend en grand'hâte aussitôt.
Il se rompit le col, ou peu s'en fiiut,
Pour empêcher la suite de l'affoire,
Et toutefois il ne put si bien (aire
Que son honneur ne reçût quelque échec.
Gomment! dit-il, quoi! même à mon aspect!
Devant mon nez ! à mes yeux ! — Sainte dame ,
Que vous faut-il? qu'avez-vous? dit la femme.
LE MARI
Ose»-tu bien le demander encor ?
LA FEMME
Et pourquoi non ?
LE MARI
Pourquoi? N'ai-je pas tort De t'accuser de cette effh)ntene ?
' Vraiment.
LA FEMME
Ail ! c'en est trop ; parlez mieux , je vous prie
LE MARI
Quoi! ce coquin ne te caressoit pas?
LA FEMME
Moi ! vous rêvez.
LE MARI
D'où viendroit donc ce cas?
Ai-je perdu la raison ou la vue?
LA FEMME
Me croyez-vous de sens si dépourvue , Que devant vous je commisse un tel tour? Ne trouverois-je assez d'heures au jour Pour m'égayer, si j'en avois envie?
LE MARI
Je ne sais plus ce qu'il faut que j'y die. Notre poirier m'abuse assurément.
Voyons encor. Dans le même moment L'éî)oux remonte , et Guillot recommence. Pour cette fois le mari voit la danse Sans se fâcher, et descend doucement.
Ne cherchez plus, leur dit-il, Vautres causes C'est ce poirier ; il est ensorcelé.
Puisqu'il fait voir de si \ilaines dioses ^ Reprit la femme, il faut qu'il soit brûlé : Cours au logis ; dis qu'on le vienne abattre. Je ne veux plus que cet arbre maudit Trompe les gens. Le valet obéit.
Sur le pau^TC arbre ils se mettent à quatre. Se demandant l'un l'autre sourdement Quel si grand crime a ce poirier pu faire. 1^ dame dit : Abattez seulement ; Quant au surplus, ce n'est pas votre aflidre. Par ce moyen la seconde commère Vint au-dessus de ce qu'elle entreprit.
Passons an tour que la troisième fit.
].,es rendez-vous chez quelque bonne amie Ne lui manquoient non plus que l'eau du pdt Là tous les jours étoient nouveaux déduits' : Notre donzelle y tenoit sa partie.
Un sien amant étant lors de quartier.
Ne croyant pas qu'un plaisir fAt entier S'il n'étoit libre, à la dame propose De se trouver seuls ensemble une nuit.
Deux , lui dit-elle ; et pour si peu de chose Vous ne serez nullement éconduit.
Jà de par moi ne manquera raffaire.
' Plaisin d'amoiir.