LIVRE IL
ta ignoiml le prix de sa possession :
ealement à ruser cbacua la croyoit bonne. Ile approchoif vingt ans, et venoit d'enterrer ^o Biari , de ceux-là qae l'on perd sans pleurer, leux barbon qui laissoit d'écus plein une tonne.
£n mille endroits de sa personne a belle avoit de quoi mettre un Gascon aux cieux ,
Des attraits par-dessus les yeux ,
Je ne sais quel air de pucelle,
Mais le cœur tant soit peu rebelle , ebelle toutefois de la bonne façon :
Voilà Philis. Quant au Gascon ,
n étoit Gascon, c'est tout dire.
Je laisae à penser si le sire oportnna la veuve, et s'il fit des serments. ' Ceux des Gascons et des Normands
Passent peu pour mots d'é^-angile.
C'éloit pourtant chose facile e croire Dorilas de Philis amoureux; ais il vouloit aussi que l'on le crût kieureox.
iiilis , dissimulant, dit un jour à cet kiomme :
Je veux un service de vous :
Ce n'est pas d'aller jusqu'à Rome; 'est que vous nous aidiez à tromper un jaloux. a diQse est sans péril , et même fort aisée.
Nous voulons que cette nuit-ci
Vous couchiez avec le mari
I>e Chloris qui m'en a priée.
Avec Damon s'étant brouillée, leur font une nuit entière , et par-delà , Mur démêler entre eux tout ce différent-là.
.Notre but est qu'£urilas pense, ous sentant près de lui , que ce soit sa moitié. ne lui touche point, vit dedans l'abstinence, t , soit par jalousie, ou bien par impuissance , retranché d'hymen certains droits d'amitié; Ronfle toujours , fait la nuit d'une traite : 'est assez qu'en son lit il trouve une cornette, ous vous ajusterons : enfin ne craignez rien ;
Je vous récompenserai bien.
our se rendre Philis un peu plus favorable , e Gascon eût couché, dit-il , avec le diable, a nuit vient : on le ooifTe; on le met au grand lit; kk éteint les flambeaux; Ëurilas prend sa place.
Du Gascon la peur se saisit;
Il devient aussi froid que glace;
N'oseroit tousser ni cracher,
Beaucoup moins encor s'approcher; e fiiit petit , se serre , au bord se va nicher, It ne tient que moitié de la rive occupée; e crois qu'on Fauroit mis dans un fourreau d'é|)ée.
Son coucheur cette nuit se retourna cent fois; Et jusque sur le nez lui porta certains doigts
Que la peur lui fit trouver rudes.
Le pis de ses inquiétudes C'est qu'il craignoit qu'enfin un caprice amoureux Ne prit à ce mari : tels cas sont dangereux, Lorsque l'un des conjoints se sent privé du sonune. Toojoari nouveaux sujets atermoient le pauvre homme : L'on approchoit un pied, l'on étendoit un bras , Il crut même sentir la barbe d'£urilas.
Mais voici quelque chose à mon sens de terrible. Une sonnette étoit près du chevet du lit : Eurilas de sonner, et faire un bruit horrible.
Le Gascon se pâme à ce bruit,
Cette fois-là se croit détruit,
Fait un vœu , renonce à sa dame ,
Et songe au salut de son ame.
Personne ne venant , Eurilas s'endormit.
Avant qu'il fût jour on ouvrit; Philis l'avoit promis : quand voici de plus belle
Un flambeau , comble de tous maux.
Le Gascon , après ces travaux ,
Se fût bien levé sans chandelle.
Sa perte étoit alors un point tout assuré. On approche du lit. Le pauvre honune éclairé
Prie Eurilas qu'U M pardonne.
Je le veux, dit une personne
D'un ton de voix rempli d'appas.
C'étoit Philis , qui d'Eurilas Avoit tenu la place, et qui , sans trop attendre,
Tout en cliemise s'alla rendre Dans les bras de Chloris qu'accompagnoît Damon : C'étoit, dis-je, Piiilis, qui conta du Gascon
La peine et la frayeur extrême ;
Et qui , pour l'obliger à se tuer soi-même ,
Et lui montrant ce qu'il avoit perdu ,
Laissoit son sein à demi nu.