‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 13 sur 670 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

iS

Adiea donc. Fi du plaisir Que la crainte peut corrompre !

FABLE X

Le Loup et l'Agneau.

La raison du plus fort est toujours la meilleure : Nous Talions montrer tout-à-Hieure.

Un agneau se désaltéroit Dans le courant d'une onde pure.

Un loup survient à jeun , qui cherchoit aventure y

Et que la faim en ces lieux attiroit.

Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?

Dit cet animal plein de rage :

Tu seras châtié de ta témérité.

Sîre y répond Tagnean y que votre majesté Ne se mette pas en colère ; Mais plutôt qu'elle considère Que je me vas désaltérant

Dans le courant y Plus de vingt pas aundessous d'elle ; Et que par conséquent , en aucune façon y

Je ne puis troubler sa boisson.

Tu la troubles ! reprit celte bôle cruelle; Et je sais que de moi tu médis Tan passé. Comment l'aurois-je fait si je n'étois pas né? Reprit Tagneau ; je telle encor ma mère. —

SI ce n'est toi , c'est donc ton frère. — Je n'en ai point. — C'est done quelqu'un des tiens ; Car vous ne m'épai^nez guère , Vous , vos bergers , et vos chiens. . On me l'a dit : il faut que je me venge. Là-dessus , au fond des forêts Le loup l'emporte , et puis le mange, Sans autre forme de procès.

FABLE XL

L'Homme et son Image.

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