LIVRE III
Ce tat bien U le comble. O aSénce htale ! Science que Damon eiH bien hit d'éviter! Il jette de fureur cette coupe infernale; - Lui-même est sur le puât de se précipiter, n enferme sa femme en une tour carrée; Lui va , soir et matin , reproclier son &Hi)dt. Cette honte , qu'aurait le silence enterrée , Court le pays, et vit du vacarme qu'il lait.
Caligte cependant mène tâe triste vie.
Comme on ne lui laiasoit ai^nt ai
Le geôlier Ait fidèle ; elle eut beau le tenter.
Enfm la pauvre malheureuse Prend son temps que Damon, plein d'ardeur amou-
Eloit d'humeur i l'écouter. [reuse,
J'ai, dit-elle, conimls un crime^uie.'iriiïalili' ; Mais que»! suis-Je la seule? hélillliiou. l'cud'épnox Sont exempts , tv ilil-oii , d'uu acei^eiii spmkilablc. Que le moins entaché »
Pourquoi donc i Eh bien ! reprît Daniool
Et niême vous pard
Tout incoulinenl <im^ Trouvé de mes piircils une lèTin^ndc.
Qu'il s'en puisse fonner une armée assez grande Pour s'appeler royale. Il ne but qu'employer Le vase qui me sut vos secrets révéler.
Le mari, sans tarder exécutant la(^08e.
Attire les passants, tient laUe en son château. Sur la fm des repas , i chacun il propose L'essai de cette coupe, essai rare et nouveau. Ma femme, leur dit4], m'a quitté pour un autre.
Voulez-vous savoir si la vôtre Vous est fidèle? il est quelquefois bon D'apprendre comme tout se passe à la maison. En voici le moyen : buvez dans cette tasse :
Si votre femme de sa grâce
Ne voQS doi^K aucun suffragant,
Vous ne répandrez nullement;
Mais si dn dien nommé Vnican Vous suivez la banmère, étant de nos confrères
En ces redoutables mystères.
De part et d'autre la boisson
Cmdera sur votre menton.
Aniani qu'il s'en rencontre k qui Damon propose
Cette pernicieuse cliose , Autant en font l'essai ; presque Ions y sont prit. Tel en rit, tel en pleure; et, selon lés esprits ,
Cocuage en plus d'une sorte
Tient sa mOTgiie panni ses gens.
D^à l'armée est assez forte
l'our fairecnrpK et ttaltre aux chaiu|is.
La roili tanUt qui menace
Gonvemenra de petite place,
Et lear dit qu'ils seront pendus
Si de tenir ils ont l'audace :
Car, pour être royale, il ne lui manque plus
Que peu de gens; c'est une affaire
Qoe deux ou irois im^ peuvent faire.
Le nombre croît de jour en jour
Sans que l'on batte le lamliour.
Les différents degrés où monte cocuage
lUglent le pas et les emplois :
Ceux qu'il n'a risilés seulement qn'nne fois
Sont fantassins pour tout potage ■ ;
On fait les autres caraliers.
Quiconque est de ses familiers,
On ne manqué pas de l'élire
On capitaine, on lieutenant,
Ou l'on lui diinne un régiment,
S<;ton qojenlr^i^i^ins du sire
Ou plDaJB^^Hhjietiient
T^ liq^Q^^^Baml.
l-'ii v|^K^^^^Konient Il fui ^:lLl||^^JH^^^yez que l'année
De liaiils iiiïïciers ne manqua :
Plus d'un intendant se trouTa;
Cette chai^ fut partagée.
Le nombre des .solilau éUnt presque «Hnplet, Et plus que suOtsant pour se mettre en campagne,
Renaud, neveu de Chariemagne , Passe par ce château : l'on l'y traiw i souliait ;
Puis le seigneur du lieu lui fait
Même harangue qu'à la troupe.
Renaud dit à Damon : Grand merci de la coupe : Je crois ma femme chaste, et celte foi suffit.
Quand la coupe me l'aura dit, Que m'en reriendra-t-il ? Cela sera-t-il cause De me faire dormir de plus que de deux jeux?
Je dors d'autant , grâces aux dieux.
PuÏB-je demander autre chose?
Que sais-je ? par hasard si le vin s'épandoit ; Si je ne tenois pas votre vase assez dnnt;
Je suis quelquefois maladroit:
Si cette coupe enfin me prenoil pour un autre?
Hessire Damon , je suis vôtre :
Commandez-moi tout, hors ce point.
Ainsi Renaud partit, et ne hasarda point.
Damon dit: Celui-ci, messieurs, est bien plus sage Qne nous n'avons élé : consolons-nous pourUnt ; Nous avons des pareibj c'est on grand avantage. Il s'en rencontra tant et tant,
' EiprenKHi provcrMalr. pour dire simplenKnt, en Ura(,
Que , l'armée à la fin royale devenue , Caliste eut liberté, selon le convenant' ;
Par son mari chère tenue ,
Tout de même qn'auparavant.
Epoux , Renaud i-ons montre à vivre :
Pour Damon , gardez de le suivre.
Peut-*lje le premier eût eu charge de l'ost ' : Que sait-on ? Mul mortel , soit Roland , soit Remo Dn danger de répandre exempt ne se peut croire Charlemagne lui-même auroit eu tort de boire.