V. LE FAUCON
KOUVBLLE llKéE DE BOCCACB.
Je me souviens d'avoir damné jadis L'amant avare; elje ne m'en dédis.
Si la raison des contraires est bonne, Le liltéral doit être en paradis :
Je m'en rapporte à messieurs de Sorbonne.
Il cloit donc autrefois un amant
Qui dans Florence aima certaine femme.
Comment aimer! c'étoit si follement
Que , pour lui plaire , il eût vendu son ame.
S'agissoit-il de divertir la dame ,
A pleines mains il vous jettMt l'argent :
Sachant très bien qu'en amour, comme en goem
On ne doit plaindre un métal qui fait tout;
Renverse murs , jette portes par terre;
N'entreprend rien dont il ne vienne â bout;
Fait taire chiens, et, quand il veut, servanla;
El, quand il veut, les rend plus éloquentes
Que Cicéron, et mieux persuadantes;
Href , ne voudroit avoir laissé debout
Aucune place, et Unt forte fi1t-elle.
Si ' laissa-t-il sur ses pieds noli* belle!
Elle Unt bon ; Fâléric ^houa
Près de ce roc, et le nez s'y cassa;
Sans fruit aucun vendit et fricassa
Tout son avoir; comme l'on pourroit dire
Belles coinlés', beaux marquisats de Dieu,
Qu'il possédoit en plus et plus d'un lieu.
Avant qu'aimer, on l'appeloit messire
A longue queue ; enfin , grâce k l'amour,
H ne fut plus que messire tout court.
Rien ne resta qu'ime ferme au pauvre homme,
El peu d'amb, même amis Dieu sait comme.
Le pi us zélé de tous se contenla ,
Conune chacun , de dire : C'est dommage.