‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 245 sur 670 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

DAMIS, CHREMES, PHEDRIE, CHEREE,

DAHIS.

Je reviens fkire nn tour :

Mon homme étoit absent, et j'attends son retour. Mais j'aperçois nos gens qui consultent ensemble.

CHRÊMES.

Voilai si ce n'est lui, quelqu'un qui lui ressemble.

DAMIS

Qu'a de commun Chrêmes avec leur entretien ? Ce n'étoit qu'un ^ jadis, de son père et du mien ; Peut-être mes enfants lui content leur affaire.

CHÊRÉE , bas à Chréniès.

Vite y car il s'ai^proche.

CHRÉMÎ^.

Allez, laissez-moi fane.

PARMENON , à Chèrée.

Ne sauriez-vous sans hâle attendre l'avenir? Votre tête à l'évent ne se peut contenir; D'un ton plus sérieux tâchez de lui répondre; Ne l'interrompez point , parlez sans vous confondre.

(à Chrêmes,) Vous, conmienccz le choc, et puis à notre tour Vous nous verrez tous deux appuyer son amour.

DAMIS

Comment vous va Chrêmes?

CHRÊMES.

Mieux qu'en jour de ma We.

Et vous ?

PAMIS.

De mille maux la vieillesse est suivie.

CHRÊMES.

Il se faut consoler, c'est un commun malheiur.

DAMIS

Damis a fait son temps, d'autres fassent le leur. Mais à propos, Chrêmes , quand serai-je de fête? Pour rire à votre hymen dès long-temps je m'apprête : C'est une honte à vous d'être si vieux garçon , Et je veux que mes fils vous fassent la leçon. Quand voulez-vous quitter cette humeur solitaire?

CHRÊMES.

Si je vous proposois une semblable aflaire?

DAMIS

Pour qui? pour mon cadet?

CHRÊMES.

C'est de lui qu'il s'agit.

DAMIS

Je m'en suis bien douté , car même il en rougit.

CHRÊMES.

Je ne veux point priser un parti qui me touche ; Ses louanges , Damis, siéroient noal en ma bouclie : Mais enfin l'alliance est assez à souffrir;

L'EUNDQUE, ACTE V, SCÈNE V.

En un mot , c'est ma sœar que je tous viens offrir.

Votre soBor ! vous rêvez : où Tauriez-voQs trouvée ?

CHRéMÈS.

A l'âge de quatre ans die fat enlevée ;

On vient de me la rendre , et Thaïs Ta chez soi.

Afin que l'on ajoute a ceci plus de foi.

Dès-lors que vous aurez achevé l'hyraiénée ,

La moitié de mes biens k ma sœur est donnée;

Avec espoir du tout, mais après mon trépas.

Quant à vous étaler tous ses autres appas,

Je ne m'en mêle point; c'est à ceux qui l'ont vue.

PHÉDRIE.

Chacun sait la beauté dont Pamphile est pourvue.

Qui la possédera doit s'estimer heureux.

PARME^ON , à Damis.

Vous-même en deviendrez , je le gage , amoureux ; On ne s'en peut sauver, et fôt-on tout de glace. J'estime sa beauté , mais j'admire sa grâce. Ne cherchez pas plus loin , monsieur, et m'en croyei '.

CHREMES, à Damis.

Vous n'en sauriez juger si vous ne la voyez; Aussi bien faudra-t-il prouver cette aventure , Quoique mon bien promis assez vous en assure. Si ce n'étoil ma sœur, voudrois-je la doter? Beaucoup d'autres raisons m'empêchent d'en douter : L'âge et le temps du rapt peuvent servir d'indice; Ce qu'en dit mon valet, ce qu'en sait sa nourrice. Une marque en son bras , une autre sur son sein.

J'entre donc chez Thaïs, non pas pour ce dessein : n suffit de savoir la beauté de Pamphile.

CHREMES.

Vous éclaircir de tout ne peut être inutile.

DAMIS

Touchez là , je ne veux autre éclaircissement.

CHRÊMES.

Thaïs vous apprendra tout cet événement. Sans l'ardeur de son zèle envers noire famille. Je n'aurois point de sœur, vous n'auriez point de fille. Pamphile doit aux soins que les siens en ont eu Tout ce qu'elle a d'esprit , de grâce , et de vertu. Enfin , chacun de nous étant son redevable , Pour moi de ce côté je me tiens insolvable : Ma sœur ne l'est pas moins , son amant l'^t aussi ; Jugez qui de nous tous doit prendre ce son.

DAMIS

Mon aîné volontiers se charge de la dette.

CHREMES.

Que voolei-yoos qu'a donne , ou du moins qu'A promette? Car donner maintenant n'est pas en son pouvoir.

> Ce vers manque dans plusieurs éditions.

DAMIS

Ce sera , je m'en doute, à Damis d'y ponmxr : J'en sois content. Chrêmes» et veox , sans répwgwww, Marquer cet heureux jour d'une double alûanoe. Ma joie et vos conseils , tout parie pour Thab; Nous n'avons à gagner que le cœur de mon fik : N'appréhendez-vous point l'effort qu'il fradrattre?

CHRBMÂS.

S'il s'est laissé gagner, il a su vous le taire^ Que pouvoit-il de plus que garder le respect? Il se tait même encore, et tremble à votre aspect.

DAMIS

Ses yeux parlent assez, si sa ' langue est muette, Et j'en tiens le silence une marque secrète. Que cet excès de joie avoit peine à sortir ! Je vais prier Thaïs d'y vouloir consentir. Pour épargner sa honte , attendez que j'en sorte.

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