CHRÉMÈS
Il vaut mieux en tirer le plaisir qu'on peut prendre.
CHÉRÉE.
Il ne nous a pas vus , cachons-nous pour TenleiMfat.
THRASON
Simalion, I>onax, Syrisce, suivezHnoi :
Tu sauras ce que c'est d'avoir faussé ta foi , Déloyale Thaïs , et d'aimer un Phédrie. Mais il nous manque ici de notre infonterie.
GNATON.
Le reste suit de près ; les ferai-je avancer?
THRASON
Tels coquins ne sont bons qu'à nous embarrasser.
GNATON.
J'en tiens pour votre bras le secours inutile.
THRASON
Par les cheveux d'abord je veux prendre Pamphile.
GNATON.
Très-bien.
THRASON
Et puis après , lui donner mille coups.
GNATON.
Ce sera fait , seigneur, fort vaillamment à vous. ' vab. La.
UEUNUQDE, ACTE V, SCÈNE V.
THRASON
Pour Thaliy tn peux âfare, aatanl Taut , qu'elle est
GNATON. [morle.
Dieozl quel wiiiihre d'exploits?
TH&ASON
1^ Rangeons cette oohorte.
Holà y Simalion! voîd votre quartier.
GNATON.
C'est là ce qu'on appelle entendre le métier.
THRASON
dtoiySyrisce...
STEISCB«
Au gros?
THRASON
Non, conduis l'aile droite.
GNATON.
Je ne vois rien de tel qu'une Taillance adroite.
THRASON
I>onax y prends ce bélier, et marche avec le gros, ne vois point Sanga , vaillant parmi les brocs. !
SANGA.
Que TOUS plalt-il?
THRASON
Tu manques de courage!
SANGA.
Tie hui4k pas quelqu'un pour garder le bagage?
THRASON
X.'on ne te voit jamais combattre au premier rang. Pourquoi tiens-tu ceci?
SANGA.
« Pour étancher le sang.
THRASON
Est-ce avec un mouchoir que tu prétends combattre ?
SANGA.
La vaillance du chef et de ceux qu'il faut battre M'ont feit croire , seigneur, qu'on en auroit besoin; Il faut pourvoir à tout.
THRASON
N'a-t-on pas eu le soin Des vivres qu'il faudra pour nourrir notre armée?
GNATON.
Oui , seigneur ; et sachant qu'une troupe affamée N'est pas de grand eflet, j'ai laissé Sauvion Pour mettre ordre au souper, et garder la maison.
THRASON
Un autre emploi, Gnaton, se doit à ta prudence; Va commencer l'attaque, et montre ta vaillance : Je donnerai d'ici les ordres du combat. Jamais qofen un besoin le bon chef ne se bat; Chacun commence à craindre aussitôt qu'il s'expose.
GNATON.
Avecque vous sans cesse on apprend quelque chose: Encore une leçon, je saurois le métier.
THRA90N.
Ce n'est pas pour néantqu'on me tient vieux routier.
GHiÎRÉB , sorfimf d^oU il éMi avec sa troupe. Je n'en puis plus sonffrïr llnsdente bravade.
THRASON
N'entend»-ta rien, Gnaton? IMeax! c'est une emboflcade. Enfants, sauve qui peut! car nous sommes trahis. D'où peut être venu ce secours à Thaïs?
DONAX.
Le secours n'est pas grand, et nous poorons nous battre.
THRASON
n faut tout éprouver avant que de comlMittre : Le sage n'en vient point à cette extrémité. Qu'après^ n'avoir rien pu gagner par un traité : Quant à moi, j'ai toujours ga^é cette coutume.
GNATON.
Vous êtes pour le poil autant que pour la plume, Bon en paix, bon en guerre, enfin homme de tout.
THRASON
Qui peut sans coup férir mettre une affoire à bout, Seroit mal conseillé d'en user d'autre sorte.
CHÉRÉB.
Soldat, que cherchez-vous autour de cette porte?
THRASON
Mon bien.
CHÉRÉB.
Quoi! votre bien?
THRASON
Pamphile.
CHÉRÉE.
Est-elle à vous?
Je n'aime point à rire, et suis un peu jaloux : Trêve de diflérents, ou vous verrez folie.
THRASON
De grâce, contestons sans fougue et sans saillie; C'est belle chose en tout d'écouter la raison. Je soutiens que Pamphile appartient à Thrason.
CHRÊMES.
Par quel droit?
THRASON
Par l'achat que l'on m'en a vu îaàre.
Enfin je suis son maître.
CHRÊMES.
Et moi, je suis son frère.
Qui n'ai souci d'achat, de maître, ni d'argent.
THRASON
On m'a toujours tenu pour un homme obl%eant. Je le vedntre encore : allez, je vous la donne; Mais j'erimds pour Thaïs que l'on me l'abandonne.
PHBDRIE.
Encor moins celle-ci.
THRASON
Que sert donc notre accord ?
PHÉDRIE.
J'ai l'esprit trop jaloux, je vous l'ai dit d'abord,
LES RIEURS DU BEAU-RICHARD