‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 349 sur 670 · SCÈNE IIL ACHILLE , BRISÉIS · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL ACHILLE , BRISÉIS

ACHILLE

Oui , madame , je prends tous les dieux pour témoins Que voos seule avez fait mes pensers et mes soins. Je sais mal employer l'ordinaire langage Des douceurs qu'à l'amour on donne en apanage ; Mais croyez, au défaut d'un entretien flatteur. Que ma bouche en dit moins qu'il n'en est dans mon

BBiséis. [ cœur.

Vous en dites assez , seigneur ; je suis contente , Et n'osois me flatter d'une si douce attente. Car que suis-je ? les Grecs m'ont ravi mes états : H ne m'est plus resté que mes foibles appas. Ai-je droit de prétendre, esclave et nudhenreuse , Que d'une ardeur constante , autant que généreuse, Un prince tel que vous daigne me consoler. Et qu'au titre d'épouse il veuille m'appeler ? Vos promesses , seigneur, et cet excès de gloire , Font que je n'oserois en douter, ni le croire.

ACHILLE

C'est me connoltrç mal , que d'en pouvoir douter. Vos traits n'ont plus besoin de me solliciter ; Le seul devoir le fait. Je hais les corars frivoles : Mes principales lois sont mes simples paroles. Vous vous dites esclave; et de qui? d'un amant? Cest moi qui suis lié par les nœuds du serment. Reposez-vous sur eux , attendez sans alarmes : J'aurai devant les yeux ces serments et vos charmes. Mon choix sera sans doute approuvé par Thétis ; Mais son Amour pour moi , l'honneur d'être son fils , Mes états , vos conseils , votre intérêt , madame , Arrêtent de mon cœur l'impatiente flamme. J'ai voulu prévenir, par on hymen secret. Un doute et des soupçons que je souffre à regret. Vous avez refusé ces marques de mon zèle ; L'hymen vous est suspect sans pompe solennelle ; J'y consens : nous verrons vos parents et les miens ; Je reprendrai des Grecs vos états et vos biens; Ce fer m'en est garant.

BBISBIS.

Ah ! seigneur, que la Grèee Possè<le en paix mes biens, qu'elle en soit la maltresie: Je n*en estime qu'un ; vous Tallez hasarder : Vous disposez de vous sans me le demander. Je vous plais sans états , qu'importe d'être reine ?

ACHILLE

Vous Têtes ; plaire ainsi , c'est être souveraine. La beauté , dont les traits même ani dieux sont si doui »

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