ACHILLE, ACTE I, SCÈNE V
Est quelque chose encor de plus puissant que nous. Tout vous doit assurer de ma perëévérance ; N'allez point d'un hymen corrompre l'espérance. Que si vous ne pouvez vous vaincre là-dessus , Dès demain....
BRISÉIS
Non , seigneur.
ACHILLE
Je ne vous presse plus :
Attendons ; mais tâchez au moins d'être tranquille.
BRISÉIS
Est-ce une chose, hélas ! à nos cœurs si facile?
ACHILLE
Vous-même, vous voulez qn'on diffère ce jour.
BRiséis.
Seigneur, ne cherchez point de raison dans l'amour. J'en dis trop; cet aveu vous déplaira peut-être. Mai8 quoi ! j'ai boau rougir» mon cœur n'est plus le maître. Ce que Ton sent pour vous ne se peut étouffer; Achille ne sauroit à demi triompher.
Souffrez qu'après ces mots Briséis se retire... Ne vous lassez-vous point de les entendre dire? Ma rougeur me confond : je sors donc ; aussi bien Ulysse va venir, et je ne craindrois rien ! Résistez à son art , opposez-lui ma flamme ; Opposez-lui du moins la ûerté de votre ame. Que vous imporle-t-il qu*on venge Ménélas? Songez à vos parents, à vos destins, hélas! Aux miens qui les suivront. J'ai pour tout artifice Les pleurs que vous voyez: pourront41s moins qu'Ulysse? £roploierai-je des traits moins sûrs de vous toucher?. . . Adieu , seigneur ; gardez un courroux qui m'est cher. Épargnez des Troyens les misérables restes ; Laissez durer encor l'œuvre des mains célestes \