‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 37 sur 670 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

Mahit toitqni n*en peut mais ' , foit périr maint bateau :

Le tout an sujet d'un manteau.

Le cavalier eut soin (f empêcher que Torage

Ne se pât engouffrer dedans.

Cela le préserva. Le Vent perdit son temps; Plus il se tourmentoit y plus l'autre tenoit ferme : n eut beau foire agir le collet et les plis.

Sitôt qu'U fut au bout du terme

Qu'à la gageure ou avoit mis ,

Le Soleil dissipe la nue , Récrée et puis pénètre enfin le cavalier^

Sous son balandras * foit qu'il sue,

Le contraint de s'en dépouiller :

Eocor n'usa-t-il pas de toute sa puissance.

Plus Eût douceur que violence.

FABLE IV

Jupiter et h Métayer.

Jupiter eut jadis une ferme à donner.

Mercore en fit l'annonce, et gens se présentèrent,

Firent des offres , écoutèrent :

Ce ne fut pas sans bien tourner; , L'un alléguoit que l'héritage Etoit frayant^ et rude , et l'autre un autre si.

Pendant qu'ils marchandoient ainsi , Un (feux, le plus hardi, mais non pas le plus sage, Promit d'en rendre tant, pourvu que Jupiter

Le laissât disposer de l'air,

Loi donnât saison à sa guise, Qo*ileûtduchaud,dufroid,du beau temps, de la bise,

Enfin du sec et du mouillé ,

Aussitôt qu'il anroit bâillé 4.

Japiter y consent. Contrat passé, notre homme Tranche du roi des airs , pleut, vente, et fait en somme Un dimat pour lui seul : ses plus proches voisins Ne s'en sentoient non plus que les Américains. Ce fut leur avantage : ils eurent bonne année ,

Pleine moisson , pleine vinée.

' DiraDtage . dd mot latin magi*. Sur cette location , encore fliwge du temps de La Fontaine, voyei ci -après, Uy. XI, riUeix.

' Le balandras ou balandran étoit une sorte de manteau. Biifltto a dit , dans son Discours sur la satire : « Le sieur de

• fmim avoit changé son balandran en manteau court. > ' Oceadonoit beaucoup de frais ou de dépense.

4 A oommanderoent . et aussitôt qu'il auroit ouvert la bouche. ^ J'opfique le sens de cette phrase . c'est que , bien qu'elle ne P^roiiM pas présenter de doute , les commentateurs de notre P(Ae, et sur-tout Chamlbrt , s'y sont tous trompés : ils ont donné

* not bdUltr le sens de passer bail , confondant ainsi le verbe ^^eravec cetal de bailler. La Fontaine a. dans les quatre éditioiii publiées de son vivant . mis buailler, ce qui ne laisse *QQni doute sur la véritable leron ; elle présente d'ailleurs un '^ph» dair, plus franrois, et surtout plii9 plaisant.

Monsieur le receveur fut très mal partagé.

L*an suivant, voilà tout changé :

Il ajuste d'une autre sorte

La température des cieux.

Son champ ne s'en trouve pas mieux ; Celui de ses voisms fructifie et rapporte. Que fait-il ? Il recourt au monarque des dieux ;

Il confesse son imprudence.

Jupiter en usa conune un maître fort doux.

Concluons que la Providence

Sait ce qu'il nous faut mieux que nous.

FABLE V

Le Cochet, le Chat, et le Souriceau.

Un souriceau tout jeune, et qui n'avoit rien vu ,

Fut presque pris au dépourvu.

Voici comme il conta l'aventure à sa mère : J'avois franchi les monts qui bornent cet état ,

Et trottois comme un jeune rat**

Qui cherche à se donner carrière , Lorsque deux animaux m'ont arrêté les yeux :

L'un doux , bénin , et gracieux , Et l'autre turbulent, et plein d'inquiétude;

Il a la voix perçante et rude ,

Sur la tête un morceau de chair.

Une sorte de bras dont il s'élève en l'air

Comme poiu* prendre sa volée ,

La queue en panache étalée.

Or, c'étoit un eochet dont notre souriceau

Fit à sa mère le tableau Comme d'un animal venu de l'Amérique.

Il se battoit, dil-il, les flancs avec ses bras,

Faisant td bruit et tel fracas , Que moi , qui grâce aux dieux de courage me pique ,

En ai pris la faite de peur,

Le maudissant de très bon cœur.

Sans lui j'aurois fait connoissance Avec cet animal qui m'a semblé si doux :

Il est velouté comme nous , Marqueté, longue queue, une humble contenance , Un modeste regard , et pourtant l'œil luisant.

Je le crois fort sympathisant Avec messieurs les rats ; car il a des oreilles

En figure aux nôtres pareilles.

Je l'allois aborder, quand d'im son plein d'éclat

L'autre m'a fait prendre la fbite.

Mon fils , dit la souris , ce doucet est un chat ,

Qui , sous son minois hypocrite ,

Contre toute ta parenté

D'un malin vouloûr est porté.

L'autre animal , tout au contraire ,

Bien éloifçnc de nous mal faire «

FABLES

Senir» tjudque juur |ieiit-^lrt u im» refiaii. Vuaiit au chat , c*«it mit mmuuh qu'il fuudew

Garde-Uii , tant que tu vivrai» , lie jmter des psuh sur la mine.

FABLE \l.

Le lleuard^ le Smge, et 1er Animaujc.

J>es auiiitaux . au ùéd» d*uu liuo ..

Ku wun vivant priuœ de la euntrée, Pmir faire un roi s*at«euiiAlèreQt , dit-un. JL>e sou étui ia euurmuie est tirée :

JL>aw une oîiarlre ' un drapHi la ^3nloil. U ae trouva que , sur tout^ eiwayêe , A pas un d*eux elle ne cuuveuuit :

Pluaieurb avuîeut la tête irup uieuue , Aucuns " trup fn*us(ie , aucuns niéuie cumue. Le (ûu^ aussi lit l'épreuve eu riant ; Et . par plaisir la tiare essayant, 11 fit autour force foiniaceries \ Tours de souplesse, et mille ainjsmes.

Passa dedans ainsi qu'eu un cerceau.

Aux animaux cela sembla si beau .

Ou' il fut élu : cliactui lui iàt bouuuaçe. Le renard seul re^cretla sou suffngifie , Sans toutefois montrer sou sentiment.

i^Hiand il eut fait sou petit oouiplimeut ^ Jl dit au roi : ie sais ^ sire, une cadie^ lai ne crois pa^ qu'autre que moi la sacbe. Or tout irésur, par dniit de royauté.

Appartient, aire, â votre mi|ieiité.

Le nouveau ruî bliUe* après la finance; Lui-m^me y court pour n*élre pas tnioipé. i^^'éUMt un piège : il y fîit adlrapé. Le renard dil« an non de Fassislauce : PrétendraîMa nous gouveracr enour, Ne sacbani pas le coaduÎK tui-méine?

Il fut démis; et l'un toariM d'acourd Vu'â peu de geni eoorient le diadème.

FABLE VIL Le Mmiei $e tOMUmi de sa géHéaiogie,

ïjç mulet d'an prélat se piquuit de noUene . Et ne parloil incessamment *

• 1 .0 liea de réirrve . une prtMMi.

' ijw^quf ttob. Vo>ex ct-detHM li Uàik i de œ fivre. et ctàyné U fiUe ui du lirre XII.

tf Ce uàuC oe te trouve 4|ae dam notre poète, et II Cil ■bien pUoé 4|u'oo ouUie qu'il a été iovcalé pour li rime.

4 AtfMtr «iirèi 11 •■in' Vofci nr œUie laqiruMéou la note ■ir k: ver» 46 dtr U faUe XHi do livre U.

* aao» «xme. tjc oM ae trouve mocire emplofé en ce Mfv «UmUfaMefiduHvrem.

i^HJtt de sa nwre la jument .

lioiit il contoit maime Elle avoit fait ceci, puis avuit élè là.

Son fils prélendoit ponr cela

Qu'on le dût mettre dam» riiiiloire.

Il eût cm s'abuaaer aervant mi médecin. Etant devenu vieuik, on le mit au moulin : Son père Tâiie alors lui revint en mémoire.

(^hnnd le malbeur ne seroit bcm Qu'à mettre un sot à la raison , l'oujourh seroit^ce à juste canae (^'wï le dit bon à quelque diuae.

FAB?JE ^in.

Le Vieillard et rAue.

I n vieillard but son fine aperçut eu passant

l u }iré }ilein d'iierbe et fleurissant :

II y lûrlie sa bête, et le prison se rue

Au travers de Flierbe menue .

Se vautrante israttant, et frottant.

Gambadant, chantant^ et broutant.

Et faisant mainte ykaot nette.

L'eiuienii vient sur Fentrefaite.

Fuyons , dit alors le lîeillard.

Pourquoi? répondit le paillard ' ; Me fera-4Hiu porter double bât , double cbar| .Non pas, dit le vieillard, qui prit d'abord le Et ' que m'importe dooc^ dit Tàne , à qui je

Sauvez-vous , et me Innei paître.

Notre ennemi , c'est notre maître :

Je vous k dis en bon françois.

FABLE

Lf CerfsevoyoMt dams TecM.

Dans le cristal d'une fontaine Lu cerf se mirant autrefois Louoit la lieaulé de son bois , Et ne pouvoit qo'aveoqoe peine ^^ Sonflrîr ses jambes de fuseaux , l>ont il voyoit l'objet ' se perdre dans les eai <^>uelle pro|iortîon de mes pieds à ma tête ! înMMt-il en vovant leur <mibre avec douleur IH^ taillis les plus hauts mon front atteint 1 Mes pieds ne me font point d'bcmnenr.

Tout en parlant de la sorte , Un limier le fait partir.

LtKioBeqaiooiieheiar lapaiOe, le

Ce

]4aioetle * L'iqiagf

In éditiom iDOdemn.

devaot lui : objfclm*. C'crt on M

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