‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 486 sur 670 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

iDéme clio<% : (|iii vous a dit que je ne suis pas de leur naturel?

Notie liérolne, encouraj^ée par ces paroles, lui repartit : Puisque vous me le permettez, je TOUS dirai franchement que tous vos palais, tous vos meubles, tous vos jardins, ne sauroient me récompenser d*un moment de votre présence, et vous voulez (|ue j*en sois tout-à-fait privée : car je ne puis ap|)eler présence un bien oii les yeux n'ont aucune i)art.

Quoi? je ne suis pas maintenant de corps auprès de vous , reprit le mari, et vous ne me touchez pas?

Je vous touche, repartit-elle, et sens bien que vous avez une bouche, un nez, des yeux, un visage, tout cela proportionné comme il faut, et , selon que je m'imagine , assorti de traits qui n'ont pas leui's pareils au monde ; mais jusqu'à ce que j'en sois assurée , celte présence de corps dont vous me parlez est présence d*esprit pour moi. Pi-ésence d'esprit ! repartit l'époux. Psyché l'empêcha de continuer, et lui dit en Tinterrompant : Apprenez-moi du moins les raisons qui vous rendent si opiniâtre.

Je ne vous les dirai |>as toutes, reprit l'époux; mais afin de vous contenter en quelque façon, examinez la chose en vous-même; vous serez contrainte de m'avouer qu'il est à propos pour l'un et pour l'autre de demeurer en l'état où nous nous trouvons. Premièrement, tenez-vous certaine que du moment que vous n'aurez plus rien à souhaiter, vous vous ennuierez : et comment ne vous ennuiericz-vous pas? les dieux

bien qu'on aime les dieux aussi violemment que les hommes. Quant au troisième, il y a des enchanteurs agréables : je puis être de ceux-là ; et possible suis-je tous les trois ensemble. Ainsi le meilleur pour vous est l'incertitude , et qu'après la possession vous ayez toujours de quoi désirer : c'est un secret dont on ne s'étoit pas encore avisé. Demeurons- en là, si vous m'en croyez : je sais ce ({ue c'est d'amour, et le dois savoir.

Psyché se paya de ces iiiisons , ou , si elle ne s'en paya , elle fit semblant de s'en payer. Cependant elle inventoit mille jeux pour se divertir. Les |)arterresétoieut dépouillés, l'herbe des prairies foulée : ce n'étoient que danses et combats de nymphes, qui se séparoient souvent en deux troupes, et, distinguées par des écharpes de fleui^, comme par des ordres de chevalerie, se jeloient ensuite tout ce que Flore leur préscntoit ; puis le parti victorieux dressoit un tro- |)hée, et dansoit autour, couronné d'œillets et de roses. D'autres fois Psyché se divertissoit à entendre un défi de rossignols, ou à voir un combat naval de cygnes, des tournois et des joutes de poissons. Son plus grand plaisir étoit de présenter un appât à ces animaux, et, après les avoir pris, de les rendre à leur élément. Les nymphes suivoient en cela son exemple. II y avoit tous les soirs gageure à qui en pi'endroit davantage. La plus heureuse en sa pêche obtenoit quelque faveur de notre héroïne : la plus mallieureuse étoit condamnée à quelque peine, comme de faire un bouquet ou une guirlande

s'ennuient bien; ils sont contraints de se faire à chacune de ses compagnes. Ces spectacles se

de temps en temps des sujets de désir et d'inquiétude : tant il est vrai que l'entière satisfaction et le dégoût se tiennent la main ! Pour ce qui me touche, je prends un plaisir extrême à vous voir en peine ; d'autant plus que votre imagination ne se forme guère de monstres , j'entends d'images de ma personne, qui ne soient très agn'^ables. Et pour vous dire une laison plus particulière, vous ne doutez pas qu'il n'y ail quelque chose en moi de surnaturel. Nécessairement je suis dieu, ou je suis démon, ou bien enchanteur. Si vous trouvez que je sois démon , vous me haïrez : et si je suis dieu , vous cesserez de nraimer, ou du moins vous ne m'aimerez plus avec tant d'ardeur; car il s'en faut

terminoient par le coucher du soleil.

Il étoit témoin de la fête , l^aré d'un magnifUjuc atonr; Et , caché le reste du jonr.

Sur le soir il montroit la tète.

Mais comment la montroit-il? environnée d'un diadème d'or et de pourpre, et avec toute la magnificence et la pompe qu'un roi des astres peut étaler.

• Le logis fournissoit pareillement ses plaisirs , qui n'étoient tantôt que de simples jeux , et tantôt des divertissements plus solides. Psyché commençoit à ne plus agir en enfant. On lui racontoit les amours des dieux, et les change-

LES AMOURS DE PSYCHÉ

ments de forme qu'a causés cette passion, source de bien et de mal. Le savoir des fées avoit mis en tapisseries les malheurs de Troie, bien qu'ils ne fussent pas encore arrivés. Psyché se les feisoit ex(diquer. Hais voici un merveilleux effet de l'enchantement. Les hommes, comme vous savez , ignoroient alors ce bel art que nous appelons comédie ; il n'étoit pas même encore dans son enfonce ; cependant on le fit voir à la belle dans sa plus grande perfection , et tel que Ménandre et Sophocle nous Font laissé. Jugez si Ton y épargnoit les machines , les musiques, les beaux habits, les ballets des anciens , et les nôtres. Psyché ne se contenta pas de la fable , il fallut y joindre l'histoire , et l'entretenir des diverses façons d*aimer qui sont en usage chez chaque peuple; quelles sont les beautés des Scythes ; quelles sont celles des Indiens , et tout ce qui est contenu sur ce point dans les archives de l'univers, soit pour le passé, soit pour l'avenir, à \^exception de son aventure, qu'on lui cacha, quelque prière qu'elle fit aux nymphes de la lui apprendre. Enfin , sans qu'elle bougeât de son palais, toutes les affaires qu'Amour a dans les quatre parties du monde lui passèrent devant les yeux.

Que vous dirai-je davantage? On lui enseigna jusqu'aux secrets de la poésie. Cette corruptrice des cœurs acheva de gâter celui de notre héroïne , et la fit tomber dans un mal que les médecins appellent glycomorie', qui lui pervertit tous les sens, et la ravit comme à ellemême. Elle parloit, étant seule,

Ainsi qu'en osent les amants Dans les vers et dans les romans.

Aller rêver au bord des fontaines, se plaindre aux rochers, consulter les antres sauvages , c'étoit où son mari l'attendoit. Il n'y eut chose dans la nature qu'elle n'entretint de sa passion. Hélas! disoit-eÛe aux arbres^ je ne saurois graver sur votre écorce que mon nom seul , car je ne sais pas celui de la personne que j*aime. Après les arbres , elle s adressoit aux ruisseaux : ceux-ci étoient ses principaux con-

I Ce mot , d'après son étymologie grecque , signinc une douce folie, un tendre délire; mais nous n'avons pu découvrir un autre exemple de son emploi , même parmi les auteurs qui oui écrit sur la médecine. Cependant ce n'est pas La Fontaine qui a pu le forger.

fidents, à cause de l'aventure que je vous ai dite. S'imaginant que leur rencontre hii élok heureuse , il n'y en eut pas un auquel elle ne s'a^ rétât, jusqu'à espérer qu'elle attraperoit sv leurs bords son mari dormant, et qu'après i seroit inutile au monstre de se cacher.

Dans cette pensée, elle leur dîsoità-peiprès les choses que je vais vous dire» et h leur disoit en vers aussi bien que moi.

Ruisseaux, enseignez-moi l'objet de mon amour; Guidez vers lui mes pas , vous dont l'onde ert ai pore. Ne dormiroit-il point en ce sombre séjoiir. Payant un doux tribut à votre doux mnrmore? En vain, pour le savoir, Psycbé vous fidt la eoat. En vain elle vous vient conter son aventure. Vous n'osez déceler cet ennemi du joor. Qui rit en quelque coin du tourment que j'i

n s'envole avec l'ombre, et me laisse appeler. Hélas ! j'use au hasard de œ mot d'eoToler : Car je ne sais pas même encor s'il a des afles. J'ai beau suivre vos bords , et chercher en toni lion : Les antres seulement m'en disent des noofellei» Et ce que je chéris n'est pas dit pour mes yeoi.

Ne doutez point que ces peines dont parloit Psyché n'eussent leurs plaisirs; elle les passait souvent sans s'apercevoir de la durée, je ne dirai pas des heures , mais des soleils , de sorte que l'on peut dire que ce qui manquoit à sa joie foisoit une partie des douceurs qu'elle goètoit en aimant; mille fois heureuse si elleeàt suivi les conseils de son époux, et qu'elle eàt compris l'avantage et le bien que c'est de ne pas atteindre à la suprême félicité ! car, sitôt que l'on en est là , il est force que l'on descende, la fortune n'étant pas d'humeur à laisser reposer sa roue. Elle est femme, et Psyché l'étoit aussi , c'est-à-dire incapable de demeurer en un même état. Notre héroïne le fit bien voir par la suite.

Son mari , qui sentoit approcher ce moment fatal, nelavenoit plus visiter avec sa gaieté ordinaire. Gela fit craindre à la jeune épouse quelque refroidissement. Pour s'en éclaircir, comme nous voulons tout savoir, jusqu'au! choses qui nous déplaisent , elle dit à son époux : D*où vient la tristesse que je remarque depuis quelque temps dans tous vos discours? Rien œ vous manque, et vous soupirez! que ferieivous donc si vous étiez en ma place? N'est-ce point que vous commencez à vous dégoûter?

En vùriU; , jL' le ci-aîiis , non pas (|uo je sois do- Tenue moius belle; mais, comme vous dites Ttius-méme , je suis plus vôtre que je n'étois. Seroit-il possible, après tant de cajoleries et de seroienlâ, que j'eusse perdu votre amour? Si ce mallieur-lâ m'est arrivé , je ne veux plus wvre.

A peine eul-elle achevé ces paroles, que le

monstre Ht ua soupir, soit qu'il fût toucbé des

dioscs qu'elle avoil dites, soit qu'il eût un

iDiimeul de ce qui devoit arriver. Il se mil

luite h pleurer, mais turt tendrement; puis,

lant a la douleur, il se laissa mollement allei-

ir le sein de sa jeune épouse, qui du son cdté.

iiir mêler ses larmes avec celles ne son mari ,

inclia driuccmcnt la tête ; de sorte que leurs

>uches sercDcoRti'èrent, cl nosamanis, n'ayant

pas le courage de les séparer, demeurèrent lon(;-

leiDps sans rien dire.

Toutes ces circonstances sont déduites au long dans le manuscrit dont je vous ai parlé ttoldt. Il tant que je vous l'avoue; je ne lis jamais cet endroit, que je ne me seule ému. En effiet, dit alors Gelasle, qui n'auroit pitié de ces pauvres gens? Pei'drc la parole! Il faut croire que leurs bouches s'étoîenl bien malbeureusement rencontrées : cela me semble loui- A-fait digne de compassion. Vous en rirez tant qu'il vous plaim , reprit Pulyphik ; mais , poui' moi, je plains deux amants de qui les caresses sont m^écs de crainte et d'iuquieiude. St, dans une ville assiégt-e ou dans un vaisseau menacé de la tempête , deux personnes s'embrasainsi, les tiendriez-vous heureuses? Oui vraiment, repartit Gelaste, car en tout ce que dites là le péril est encore bien éloigné. Mais , vu l'intérêt que vous prenez à la satisfaction de ces deux époux , et la pitié que vous avez d'eux, vous ne vous hâiez guère de les tirer de e misérable état où vous les avez laissés : ils kourront si vous ne leur rendez la {tarole. Lendons-b-Ieur donc, continua Pulypbile.

Au sortir de celte extase, la première chose que fil Psyehé, ce fut de passer sa main sur les yeux de son époux , alin de sentir s'ils éloienl Immides ; car elle craignoit que ce ne fùl feinte, ayant trouvés en bon état, et comme elle dcmandoit, c'esl-à-dîre mouillés de brmes, die condamna ses soupçons, et fit scrupule de

démentir- un témoignage de passion beaucoufk plus ceriaiii tjue toutes les assurances de l)oih clie , serments , et auli-es. Cela lui lit atlribuef le chagrin de son mari à quelque défaut de teiD'J |iérament, ou bien à des choses qui ne la r& gardoient point. Quant à elle, après tant dw preuves, la |missance de ses appas lui sembift trop bien établie, et le monstre trop amoureux^, pour faire qu'elle craignit aucun changcnient.

Lui, au contraire, auroil souhaité qu'elle ap-, préhendât; car c'éloit l'unique moyen de la rendre sage, et de meiti-e un frein à sa curîobité. II lui dit beaucoup de choses sur ce sujet, moitié sérieusement, et moitié avec raillerie; Â quoi Psyché repartoit fort bien, et le maridcclamoil toujours contre les femmes trop curieuses.

Que vous êtes étrange avec votre curiosité ! lui dit son épouse. Ësl-ce vous désobliger que de souhaiter de vous voir, puisque vous dites vous-même que vous êtes si agi'éable? Hé bien ! quand j'aurai llché de me salifaire, qu'en serat-il? Jevousquitterai, ditlemari. Elmoijevous retiendrai, repartît ta belle. Mais si j'ai juré par le Styx? continua son époux. Qui est-il ce Siyx? dit noire héroïne. Je vous demanderois volontiei-s s'il est plus puissant que ce qu'on appelle beauté. Quand il le seroit, pourri(v-vous souffiii' que j'errasse par l'univers , et que Psyché se plaignit d'élrc abandonntie de son mari sur un prétexte de curiosité, el pour ne pas manquer de parole au Styx? Je ne vous puis croit% si déraisonnable. Et le scandale, et la honte...

Il paroil bien que vous ne me eonnoisscz |iag, n'jiariit i'époux, de m'alléguer le scandale et la honte : ce sont choses dont je ne ine mets guère en peine. Quant â vos plaintes, qui vous écoutera? et que direz-vous? Je voudrois Lien que quelqu'un des dieux fùl si téméraire qu( de vous accorder sa proteaion! Voyez-voin Psyché, ceci n'est point une raillerie : je vous^ aime autant que l'on peut aimer; mais ne me comptez plus |iour ami dès le moment que tous m'aurez vu. Je sais bien que vous n'eu parlez que par ratlleiie, et non fâs avec un véritable dessein de me causer un tel dépbisir : cependant j'ai sujet de craindre qu'on ne vous conseille de l'enlreprendre. Ce ne seront pas les

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LES AMOURS DE PSYCHÉ

nymphes : elles n ont garde de me trahir, ni de vous rendre ce mauvais office. Leur qualité de demi-déesses les empêche d*élre envieuses; puis, je les tiens toutes par des engagements trop particuliers. Défiez-vous du dehors. II y a déjà deux personnes au pied de ce mont qui vous viennent rendre visite. Vous et moi nous nous passerions fort bien de ce témoignage de bienveillance. Je les chasserois, car elles me choquent, si le destin , qui est maître de toutes choses, me le pcrmcttoit. Je ne vous nommerai point ces personnes : elles vous appellent de tous côtés. S'il arrive que le destin porte leurs voix jusqu*à vous , ce que je ne saurois empocher, ne descendez pas, laissez-les crier, et qu'elles viennent comme elles pourront.

Là-dessus il la quitta , sans vouloir lui dire quelles personnes c'étoient, quoique la belle promit avec grands serments de ne pas les aller trouver, et encore moins de les «rpire.

Voilà Psyché fort embarrassée , comme vous voyez. Deux curiosités à-la-fois ! Y a-t-îl femme qui y résistât ? Elle épuisa sur ce dernier point tout ce qu'elle avoit de lumières et de conjectures. Cette visite m*étonne , disoit-elle en se promenant un peu loin des nymphes. Ne seroientoe point mes parents? Hélas ! mon mari est bien cruel d'envier à deux personnes qui n'en peuvent plus la satisfaction de me voir! Si les bonnes gens vivent encore , ils ne sauroient être fort éloignés du dernier moment de leur course. Quelle consolation pour eux que d'apprendre combien je suis pourvue richement, et si, avant que d'entrer dans la tombe, ils voyoient au moins un échantillon des douceurs et des avantages dont je jouis, afin d'en emporter quelque souvenir chez les morts! Mais si ce sont eux, pourquoi mon mari se met-il en peine? ils ne m'ont jamais inspiré que Tobéissance. Vous verrez que ce sont mes sœurs. Il ne doit pas non plus les appréhender. Les pauvres femmes n'ont autre soin que de contenter leurs maris. O dieux ! je serois ravie de les mener en tous les endroits de ce beau séjour, et sur-tout de leur faire voir la comédie et ma garde-roJ)e. Elles doivent avoir des enfants, si la mort ne les a privées, depuis mon départ, de ces doux fruits de leur mariage : qu'elles seroicnt aises de leur reporter mille menus affiquets et joyaux

de prix dont je ne tiens compte, et que les nymphes et moi nous foulons aux pieds, tant ce logis en est plein!

Ainsi raisonne! t Psyché, sans qu'il loi fit possible d'asseoir aucun jugement certain sur ces deux personnes : il y avoit même des mlo^ valles où elle croyoil que ce pouvoient être quelques uns de ses amants. Dans cette pensée, elle disoit quelque peu plus bas : Ne va pcnl en prendre l'alarme, charmant époux! laiae^ les venir : je te les sacrifierai de la plus cmcAe manière dont jamais femme se soit avisée , et ti en aui-as le plaisir, fussent-ils enfants de roL

Ces réflexions furent interrompues par le Zéphyre, qu'elle vit venir à grands pas ei fwl échauffé. II s'approcha d'elle avec le respect ordinaire , lui dit que ses sœurs étoient an pied de cette montagne ; qu'elles avoient plusieurs fois traversé le petit bois sans qu'il leur eât été possible de passer outre, les dragons les arrêtant avec grand' frayeur; qu'au reste c'ëtoh pitié que de les ouïr appeler; qu'elles n'avoient tantôt plus de voix, et que les échos n*éloient occupés qu'à répéter le nom de Psyché. Lepanvre Zéphyre pensoit bien faire : son mahre, qui avoit défendu aux nymphes de donner ce funeste avis , ne s'étoit pas souvenu de lui en parler.

Psyché le remercia agréablement, et lui £t qu'on auroit peut-être besoin de son ministère. Il ne fut pas sitôt retiré, que la belle, mettant à part les menaces de son époux, ne songea plus qu'aux moyens d'obtenir de lui que ses sœurs seroient enlevées comme elle à la dme de ce rocher. Elle médita une harangue pour ce sujet, ne manqua pas de s'en servir, de bien prendre son temps, et d'entremêler le tout de caresses : faites votre compte qu'elle n'omit rien de ce qui pouvoil contribuer à sa perte. Je voodrois m'élre souvenu des termes de cette harangue; vous y trouveriez une éloquence, non pas véritablement d'orateur, ni aussi d'une personne qui n auroit fait toute sa vie qu'écouter.

La belle représenta , entre autres choses, que son bonheur seroit imparfait tant qu'il demeoreroit inconnu. A quoi bon tant d'habits superbes? Il savoil très bien qu'elle avoit de quoi s'en passer : s'il avoit cru à propos de lui en l'aire un présent, ce devoit être plutôt pour b

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