‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 488 sur 670 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

avons pu » et avons fiiit le tour du rocher, de peur que le dragon ne nous entendit lorsque nous vous appellerions. Nous vous avons même appelée moins haut que nous n'avions foit à la prëoëdente visite. Aux premiers accents de notre voix, une douce baleine est venue nous €Dlever, sans que le Zépbyre ait paru.

Cétoit mensonge que tout cela ; cependant PlBirclié y ajouta foi : les personnes qui sont en peine croient volontiers ce qu'elles appréhendent. De ce moment-là notre héroïne cessa de goûter sa béatitude, et n'eut en l'esprit qu'un dragon imaginaire dont la pensée ne la quitta point. Cétoit , à son compte , ce digne époux que les dieux lui avoient donné , avec qui elle avoit eu des conversations si touchantes , passé des heures si agi*éables , goûté de si doux plaisirs. Elle ne trouvoit plus étrange qu'il appréhendât d'être vu : c'étoit judicieusement fait à loi. Il y avoit pourtant des moments oii notre héroïne doutoit. Les paroles de l'oracle ne lui sembkrient nullement convenir à la peinture de œ dragon. Mais voici comme elle accordoit l'un et Fautre. Hon mari est un démon ou bien un magicrien qui se fait tantôt dragon, tantôt loup, tantôt empoisonneur et incendiaire, mais toujours monstre. Il me fascine les yeux , et me £siit accroire que je suis dans un palais, servie par des nymphes, environnée de magnificence, que j'entends d(^ musiques, que je vois dos comédies; et tout cela, songe: il n'y a rien de réel, sinon que je couche aux côtés d'un monstre ou de quelque magicien ; l'un ne vaut pas mieux que l'autre.

Le désespoir de Psyché passa si avant , que ses sœurs eurent tout sujet d'en être contentes; ce que ces misérables femmes se gardèrent bien de témoigner. Au contraire, elles firent les affligées : elles prirent même à tâche de consoler leur cadette, c'est-à-dire de l'attrister encore davantage, et lui faire voir que, puisqu'elle avoit besoin qu'on la consoUt , elle étoit véritablement malheureuse. Notre héroïne, ingénieuse à se tourmenter, fit ce qu'elle put pour les satisfaire. Mille pensées lui vinrent en l'esprit , et autant d<^ résolutions différentes, dont la moins funeste étoit d'avancer ses jours, sans essayer de voir son mari. Je m'en irai, disoilelle, parmi les morts, avec cette satisfaction

que de m'étre fait violence pour lui complaire. La curiosité fut toutefois la plus forte, outre le dépit d'avoir servi aux plaisii's d'un monstre. C!omment se montrer après cela? Il falloit sor^ tir du monde, mais il en falloit sortir par une voie honorable : c'étoit de tuer celui qui se trouveroit avoir abusé de sa beauté , et se tuer elle-même après.

Psyché ne se put rien imaginer de plus à propos ni de plus expédient; die en demeura donc là. Il ne restoit plus que de trouver les moyens de l'exécuter; c'est où la difficulté consistoit: car, premièrement, de voir son mari, il ne se pouvoit ; on emportoit les flambeaux dès qu'elle étoit dans le lit : de le tuer, encore moins; il n'y avoit en ce séjour bienheureux ni poison, ni poignard, ni auti*e instrument de vengeance et de désespoir. Kos envieuses y pourvurent, et promirent à la pauvre épouse de lui apporter au plus tôt uïïo. lampe et un poignard : elle cacheroit l'un et l'autre jusqu'à Fheure que le sommeil se rendoit maître de ce palais, et tenoit charmés le monstre et les nymplies ; car c'étoit un des plaisirs de ce beau séjour, que de bien dormir. Dans ce dessein les deux sœurs partirent.

Pendant leur absem» , Psyché eut grand soin de s'affliger, et encoi*e plus grand soin de dissimuler son affliction. Tous les artifices dont les femmes ont a)utunie de se servir quand elles veulent tromper leurs maris furent employés par la belle : ce n'étoient qu'embrassements et caresses, complaisances perpétuelles, protestations et serments de ne point aller contre le vouloir de son cher époux; on n'y omit rien, non seulement envers le mari, mais envers les nymphes : les plus clairvoyantes y furent trompées. Que si elle se trouvoit seule, l'inquiétude la reprenoit. Tantôt elle avoit peine à s imaginer qu'un mari quïi toutes soiles de marques elle avoit sujet de croire jeune et bien fait, qui avoit la peau et Thumeur si douce, le ton de voix si agréable, la conver-sation si charmante; qu'un mari qui aimoit sa femme et qui la traitoit comme une maîtresse; qu'un mari, dis-je, qui étoit servi par des nymphes, et qui tratnoit à sa suite tous les plaisii*s, fût quelque magicien ou quelque dra^^on. Ce que la belle avoit li-ouvé si délicieux au toucher, et si digne de ses bai-

LES AMOURS DE PSYCHE

sers, ëtoit donc la peau d*un serpent! Jamais femme s*étoit-elIe trompée de la sorte? D'autres fois elle se remetloit en mémoire la pompe funèbre qui avoit servi de cérémonie à son mariage, les horribles hôtes de ce rocher, sur-tout le dragon qu'avoient vu ses sœurs , et qui , étant soutenu par le Zéphyre , ne pouvoit être autre que son mari. Cette dernière pensée Temportoit toujours sur les autres , soit par une fatalité particulière, soit à cause que c'étoit la pire, et que notre esprit va naturellement là.

Au bout de cinq ou six jours les deux sœurs revinrent. Elles s'étoient abandonnées dans les airs comme si elles eussent voulu se laisser tomber. Un souffle agréable les avoit incontinent enlevées et portées au sommet du roc. Psyché leur demanda dès Tabord où étoient la lampe et le poignard.

Les voici , dit ce couple ; et nous vous assurons

De la clarté que fiait la lampe.

Pour le poignard , il est des bons ,

Bien affilé , de bonne trempe.

Comme nous tous aimons , et ne négligeons rien

Quand il s'agit de votre bien, Mous avons eu le soin d'empoisonner la lame :

Tenez-vous sûre de ses coups ;

C'est fait du monstre votre époux ,

Pour peu que ce poignard l'entame.

A ces mots , un trait de piUé

Toucha le cœur de notre belle.

Je vous rends grâces , leur dit-elle ,

De tant de marques d'amitié.

Psyché leur dit ces paroles assez froidement : ce qui leur fit craindre qu'elle n'eût changé d'avis ; mais elles reconnurent bientôt que l'esprit de leur cadette étoit toujours dans la même assiette, et que ce sentiment de pitié, dont elle n'avoit pas été la maîtresse, étoit ordinaire à ceux qui sont sur le point de faire du mal à quelqu'un.

Quand nos deux furies eurent mis leur sœur en train de se perdre , elles la quittèrent , et ne firent pas long séjour aux environs de cette montagne.

Le mari vint sur le soir, avec une mélancolie extraordinaire, et qui lui devoit être un pressentiment de ce qui se préparoit contre lui : mais les caresses de sa femme le rassurèrent. Il se coucha donc, et s'abandonna au sommeil aussitôt qu'il fut couché.

Voilà Psyché bien embarrassée. Goomiea ne connott l'importance d* une action que q/mà on est près de l'exécuter, elle envisagea h sienne dans ce moment-là avec ses suites h plus fâcheuses, et se trouva combattue de jeae sais combien de passions aussi contraires qK violentes. L'appréhension, le dépit, la pitié, h colère, et le désespoir, la curiosité princqMÉBment, tout ce qui porte à commettre qodipe forfait, et tout ce qui en détourne, s'enquit du cœur de notre héroïne, et en fit la soènede cent agitations différentes. Chaque passioali tiroit à soi. Il fallut pourtant se déterminer. Ce fut en faveur de la curiosité que la bdie se déclara : car, pour la colère , il lui fut imposAie de l'écouter, quand elle songea qu*eOe aloit tuer son mari. On n'en vient jamais à une tdk extrémité sans de grands scrupules , et am avoir beaucoup à combattre. Qu'on fasse tdk mine que l'on voudra, qu'on se querdle, qo'oi se sépare , qu'on proteste de se haïr, fl raie toujours un levain d'amour entre deux persiNh nés qui ont été unies si étroitement.

Ce» difficultés arrêtèrent la pauvre époue quelque peu de temps. Elle les firancbit à la la, se leva sans bruit, prit le poignard et la imaft qu'elle avait cachés, s'en alla le plus doiHsemeil qu'il lui fut possible vers l'endroit du lit oii k monstre s'étoit couché, avançant un pied, pus un autre, et prenant bien garde à les poser par mesure, comme si elle eût marché sur dn pointes de diamants. Elle retenoit jusqu'à soi haleine, et craignoit presque que ses pensées ne la décelassent. Il s'en feUut peu qu'elle ne priât son ombre de ne point faire de bruit en l'accompagnant.

A pas tremblants et suspendus , ' Elle arrive enfin où repose

Son époux aux bras étendus ,

Époux plus beau qu'aucune chose :

C*étoit aussi l'Amour : son teint , par sa fraicbeur»

Par son éclat, par sa blancheur, Rendoit le lis jaloux , faisoit honte à la rose.

Ayant que de parler du teint ,

Je devrois tous a?oir dépeint ,

Pour aller par ordre en l'afTaire , La posture du dieu. Son col étoit penché : C'est ainsi que le Somme en sa grotte est cocu^hé ;

Ce qu'il ne falloit pas vous taire.

Ses bras à demi nus étaloient des appas ,

Non d'un Hercule , ou d'un Atlas ,

Ml d'an

it oeui d'une Téaat A fige de vingl an*.

Sacheteiii épani'l llullaais,

El que \es maiiu de la Salure

Avoienl Iritéi A l'atcnture ,

Cetka de Flure parbmtt , durienl qiietijura allrails dignei d'élre efUméa i in Piycbé D'en éiuit qu'à preudrc ploi faclli' : r, pnir ud qu'ils cachnienl, eiie en soiiptnniKiil mille.

Lenn laneaux, leurs boucle*, leurs nœuds, lUr^-luur de Psyrlié reçurcal tous des von» ;

Chacun eut 11 pari sud honiDWige.

Vœ ebuie uuifiit pourtanl à ces cbeTCUi ;

Ce fui la beauli^ du Tisagc.

Que voua eu diral-JG ! et cornineul

En parler asHn dignemenl >

Suppléei i mon Inipuînaoce ;

Je ae i(mu aurois d'aujourd'hui

D(^>rint In beautés de celai

Qoi dn beautdii a rinleudancc.

Wdiroil-iedM Irait* oQ les Kii aoni logés ? ccaf que lei Aiuours oui entre cm partagiis f

De» yeuiaui brillaales lueneillM,

^ui Miiil les purtet du désir;

Et ntr-luat des Etires vennelllci ,

Qid «ont les sourcea du plaisir ?

Psyctié demeura comme transportée ù l'asrt de son époux. Dès l'abord elle jugea bien |De c'était l'Amour ; car quel autre dieu lui auil paru si agréable?

Ce que la beau lé, la jeunesse, le divin cbarmc |uî communi([ue ù ces choses le don de plaire ; i qu*unc personne faite à plaisir peut causer ■x yeux de volupté, et de ravissement à l'esrit , Cupidon eu ce moment-là le lit sentir ù « héroïne. Ildormoit à la manière d'un dieu, ffest-â-direprotbndément, penché noncbalam- ■lent sur un oreiller, itn bras sur sa téie, l'autre bras tombant sur les Lords du lit , couvert A demi d'un voile de gaze , ainsi que sa mère en use, «t les nymphes aussi, et quelquefois les bcr>

La joie de Psyché fut grande, si l'on doit appder joie ce qui est proprement esUse.- encore ce mot est^l foible, ei n'exprime pas la moindre partie du plaisir que reçut la belle. Elle bénit mille fois le défaut du sexe, se sut 1res bon gre d'être cuneuse, bien fâchée de n'avoir pas contrevenu dis le premier jour aux défenses qu'on lui avoit faites, et à ses serments. Il n'y avoit pas d'apparence , selon son sens , qu'il en dût irriverdumal: au contraire, c«la étoit bien.

E 1. iS» J

etjustifioil les caresses que jusque-là elle avoit J cru làire à un monstre. La pauvre femme se n pentoit de ne lui en avoir pas fait davanlage : el étoit honteuse de son peu d'amour, toute pré|tl de ré[>arer cette faute si son mari le souhaitoitd quand mt-Hne il ne le souhaiteroit pas.

Ce ne fut pas à elle peu de retenue de ne p jeter et lampe et poignard pour s'abandonner 1 " sou transport. Véritablement le gxitgnard lui tomba des mains , mais la Lampe non : elle en avoit trop affaire, et n'avoit pas encore vu tout ce qu'il y avoit à voir. Une telle commodité ne se rencontroit pas tous les jours; il s'en falloit donc servir : c'est ce qu'elle fil, sollicitée de faire cesser son plaisir par son plaisir même. Tantôt la bouche de son mari lui demandoit un baiser, et tantAl ses yeux ; mais la crainte de l'éveiller l'arrétoit tout court. Klle avoit de la peine à croire ce qu'elle voyoil, se passoit la main sur les yeux , craignant que ce ne fût songe et illusion ; puis recommençoil à considérer son mari, f Dieux immortels ! dit-elle en soi-même , est-6 ainsi que sont taits les monstres? Comment doi est fait ce que l'on appelle Amour? Que heui-euse. Psyché! Ah! divin époux! pourqiM m'as-tu refusé si long-temps la conooissancc d ce bonheur? Craignois-tu que je n'en mourusse de joie? Étoit-ce pour plaire à la mère ou h quelqu'une de les maîtresses? car tu es trop beau pour ne faire le personnage (lue de mari. Quoi! je l'ai voulu tuer! quoi! cette pensée m'est venue! O dieux! je frémis d'horreur à ce souvenir. SufKsoit-il pas, cruelle Psyché, d'exei-ccr la rage contre loi seule? L'u n'y eàt rien perdu : et sans ton époux que im viendroit-il ? Folle que je suis! mon mari immortel ; il n'a pas tenu à moi qu'il ne le f) point.

Après ces réflexions, il lui pi-ii envie de n garda' de plus pi'ês celui qu'elle n'avoit déjs que trop vu. Elle pencha cjuelque peu l'iastrunient fatal qui l'avoit jiis({ue-la servie sï utilement. Il en tomba sur la cuisse de son époux unegouile d' huile eullamniée. l.adoiileur éveilla le dieu. Il vit la pauvre l^syché qui , loule confuse, icnuit sa lampe ; et , tv qui fut le plus tnat>-g heureux , il vil au«»i le |ioi|piard tombé p de lui.

Dispensez-moi de vous raconter le reste : i

LES AMOURS DE PSYCHÉ

seriez touclics de trop de pitié au rëcit que je vous ferois.

Là finit de Psyché le bonheur et la gloû*e : El là votre plaisir pourroit cesser aussi. Ce n'est pas mon talent d'achoer une histoire Qni se termine ainsi.

Ne laissez pas de continuer, dit Acanthe, puisque vous nous l*avez promis : pcut-<^ti'c aurez-vous mieux réussi que vous ne croyez. Quand cela seroit, reprit Polypliile, quelle satistaclion aurez-vous? Vous verrez souffrir une belle, et en pleurerez, pour peu que j*y contribue. £h bien! repartit Acanthe, nous pleurerons. Voilà un grand mal pour nous! les héros de Tantiquité pieuroient bien. Que cela ne vous empêche pas de continuer. I^ compassion a aussi ses charmes , qui ne sont pas moindres que ceux du rire; je tiens même qu* ilssont plus {^rands, et crois qu*Ariste est de mon avis. Soyez si tendre et si émouvant que vous voudrez, nous ne vous en écouterons tous deux que plus volontiers.

Et moi , dit Gclaste, que deviendrai-je? Dieu m*a fait la grâce de me donner des oreilles aussi bien qu*à vous. Quand Polyphile les consulteroit, et qu*il ne feroit pas tant le pathétique, la chose n*en iroit que mieux , vu la manière d'écrire qu'il a choisie.

Le sentiment de Gelaste fut appi^ouvé. Et Aristc, qui s étoit tu jusque-là, dit en se tournant vers Polyphile : Je voudrois que vous me pussiez attendrir le cœur par le récit des aventures de votre belle ; je lui donnerois volontiers des larmes avec le plus grand plaisir du monde. La pitié est celui des mouvements du discours qui me plaît le plus : je le pi*éfère de bien loin aux autres. Mais ne vous contraignez point pour cela : il est bon de s'accommoder ù son sujet ; mais il est encore meilleur de s'accommoder à son génie. C'est pourquoi suivez le conseil que vous a donné Gelaste.

Il faut bien que je le suive, continua Polyphile : comment ferois-jc autrement? J'ai déjà mêlé malgré moi de la gaieté parmi les endroits les plus sérieux de cette histoire ; je ne vous assure pas que tantôt je n'en mêle aussi parmi les plus ti'istes. C'est un défaut dont je ne me saurois corriger, quelque peine que j'y apporte.

Défaut pour défaut, dit Gelaste, j'aime beau-

coup mieux qu'on me fasse rire quand je ddi pleurer, que si l'on me faisoîl pleurer lortqK je dois rire. C'est pourquoi , encore une Coii, continuez comme vous avez commenoé.

Laissons-lui reprendre haleine auparam, dit Acanthe; le grand chaud étant passé, ria ne nous empêche de sortir d'ici, et deroir en nous promenant les endroits les ph agréables de ce jardin. Bien que nous b ayons vus plusieurs fois, je ne laisse pas d'à être touché, et crois qu'Ariste et Polypiiilek sont aussi. Quant à Gdaste, il aimeroit mi» employer son temps autour de quelque Fn^ chc, que de converser avec des arbres el do fontaines. On pourra tantôt le satisfaire : mw nous asseoirons sur l'herbe menue pour éoo«ter Polyphile, et plaindrons les peines et h infortunes de son héroïne avec une tendroR d'autant plus grande que la présence de ces objets nous remplira l'ame d'une douce mdaoolie. Quand le soleil nous verra pleurer, œie sera pas un grand mal : il en voit bien d*aiilic8 par l'univers qui en font autant, non pour le malheur d'autrui, mais pour le leur propre. Acanthe fut cru , et on se leva.

Au sortir de cet endmit , ils firent cinq oa n cents pas sans rien dire. Gelaste, ennuyé de oe long silence, l'interrompit; et fronçant un pcp son sourcil : Je vous ai, dit-il, tantôt laisiés mettre le plaisir de rire après celui de pleurer: trouverez-vous bon que je vous guérisse de celle erreur? Vous savez que le rire est ami de l'homme, et le mien particulier : m'avez-nw cru capable d'abandonner sa défense sans contredire le moins du monde! Hélas!

repartit Acanthe; car, quand il n'y auroîtqne le plaisir de contredire, vous le trouverez assa grand pour nous engager en une très iongne et très opiniâtre dispute.

Ces paroles , a (|uoi Gelaste ne s attendoil point, et qui firent faire un petit éclat de risée, l'interdirent un peu. Il en revint aussitôt. Vou croyez , dil-il, vous sauver par-là ; c'est l'ordinaire de ceux qui ont tort , et qui connoissent leur foible, de chercher des fuites : mais évita tant que vous vous voudrez le combat, si fiiotil que vous m'avouiez que vou*e proposition est absurde, et qu'il vaut mieux rire que pleurer.

A le prendre en général comme vous laites,

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