NEPTUNE A SES TRITONS
a Vous savez tous l'alliance qui est entre Oronie et votre monaitjue : aussi ne suis-je point fâche que d'autres divinités contribuent au plaisir d'un faéros si chéri du Ciel. Je considère sans jalousie toutes les siatues que Minei've lui a données. ApolIoB , qui s'est fait architecte , aussi bien que fDoi . pour un roi a\'aricic'ux et ingrat, n*a pas eu mauvaise raison de se faire peintre pour un héros (l'es reconnoittsant et très libéral. Je ne lui envie pas sa fortune; et c'est la seule émulation qui est cause que je vous assemble. Il ne faut pas que vous souffriez que le palais où nous sommes donne moins de plaisir aux yeux (pie cei auii'e qui le regarde. On peut dire, à la vérité, que les avenues de i«lui-<;i eont si belles, qu'il seroit bien malaisé d'y rien ajouter ; on |>eut dire aussi que sa face a je ne sais quoi de grand et de noble : mais les niches qu'on y a faites n'étant encore remplies que par des r'ochers tout secs , je crois que s'il en sor-
toit de l'eau , cela seroit Un grand orncmeau i^ue quelqu'un de vous y travaille; et, s'il réui sit. Je lui donnerai pour récompense la plu belle des Néréides. ■
Graud roi , dit un Triton , qui par drnil il'liéritage 1 Avez de l'Océan les plaines en partage. Et qui voulei dans Vsux un empire fonder. C'est à nous d'obéir, i vous de comotander. Rien ne<«n)bleimpos.siblealorsqu'on veut voua plaii Pour moi je vous dirai ce que l'art me suggère. A ^drder vos trésors des monstres destinés, El par les mains du sort sous ce mont encluJnës, ^^eillenl sur le cristal en des grottes prorondes : LdchoiiB ces animaux venus de divers mondes; Je les dumpierai tous, et de nuire empêchés Par des liens de bronM iU seront attadtés ; Mon art en umera ces rochers et ces aicites Pour qui vous nSicrvez vo» trésors les plus riclies.
Le conseil plut au dieu du liquide univers. U'un seul coup de trldênl cent cachots sont ou vertia Ou voit sortir en Toule un amas de reptilex. Dragons , mouNtres iiuiriii» , lézanLs , et crocodiki J Hydres i mpl goMers, escadrons de serpents, La gent ans aUea d'or, et les peuples rampants , Limas aux dus armé« , écrevisses cornues. Des forues d'animaux aux mortels incoonues. A peine ils stHii sortis de leurs antres obscurs. Qu'ils Ibnt bruire le mont, se lancent à ces murs,! Et remettroient par-tout le chaos en peu d'Iieiires J Sans la fatale nuiJn qui r^gle leurs demeure». Sons un roc, p«r son ordre, un limas s'établit, Et rie son vaste corps tout mi antre remplit.
Quand le sage Triton les vit mus en leur place, Avce ju» de oorsil , <[uinteiwence de glace , Et Gorgone dissoute eu cristal de Mainci , Il arrosa ce peuple aussildl endurci.
CliBcon d'eux toutefois conserve sa figure ; Chacun, sanss'emouvoir,ainie.gTtiiule, mormnr Fait qne de son (racas tout le nwnt retentit. Et pense avoir encor le gosier trop petit. On iliroit que parlai!) l'twadron se riiuline , Enivri» du nectar d'une source divine ; Il pousse Tonde au ciel, il la darde box passants, 1 Semble garder ces lienx en ebarmes si puJMants , ' Et dt'feiidre l'accès des beautés qu'il lumi montreij LVau se cn>ise , si- joint , s'iHrarte , se rencontre , Se rompt , se précipite an travers des ruolwis , Et hit comme alambics distiller leurs planclierk.