‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 525 sur 670 · V. - PARAPHRASE DU PSAUME · texte numérisé non relu

V. - PARAPHRASE DU PSAUME

Dilïgamte, Domine.

Où sont ces troupes animées?

Où sont-ils ces fiers ennemis?

< La Footaine oompota cette pièce sur la A*ffPiln < de Brienne, afin de l'insérer dans le Becueii de Boâi tienne* ci diverses qui avoit été compoeé par oe doi qui parut en 1671 tous le nom de notre poêle. VoTetf de la vie et des ouvrages de La i-'ontaine, S« ëditio io-S», p. 2i2à2i6.

ODES

Je les ai vaineos et soumis :

Gloire en soit au Dien des années!

Par lai je me rois triompliant ;

Ilroeprolégey il me défend:

Je n*ai qu'à i'invoqoer, comme il n'a qn'à m'enlendre. Que de Tainier toujours louable est le dessein ! Quelle place en mon cœur ne doit-il point prétendre , Après ni'avoir oflert on asfle en son sein?

De leur triil^et sombre demeure

l^es démons , esprits malheureox ,

Venoient d'un poison dangereux

Menacer mes jours à toute heure.

Ils entroient jusqu'en mes sujets ,

Jusqu'en mon fils, dont les projeta Me font encor frémir de leur cruelle enrîe; Ju8C|u'en moi-m^me enfin , par un secret effort; Et mon esprit, troublé des liorreurs de ma vie. M'a plus causé de maux que l'enfer ni la mort.

Les méchants, enflés de leurs ligues,

Contre moi couroient irrités,

Conune torrents précipités

Dont les eaux emportent les digues;

Lorsque Dieu , touché de mes pleurs.

De mes soupirs, de mes douleurs, Arrêta cette troupe âme perdre obstinée. Ma prière parvint aux temples étoiles.

Parut devant sa face, et fut entérinée' D'im mot qui fit trembler les citoyens ailés.

Tout frémit : sa voix, qui balance

Les rochers sur leurs fondements ,

Alla troubler des monuments

I^ profond et morne silence.

Que d'éclairs , sortant de ses yeux,

Et sur la terre et dans les deux Firent étinceler le feu de sa colère ! Que son front en brilloit ! qu'il en fut aUunié ! Et qu'avecque raison l'un et l'autre hémisphère Craignit devant les temps d'en être consumé !

N'approclie pas; car notre vue

Ne peut souffrir tant de rayons :

Sans te voir. Seigneur, nous croyons

Que ta présence en est pourvue.

Quoi ! tu viens pour tes alliés!

Les deux s'abaissent sous tes pieds ; Les vents, les chérubins , te portent sur leurs ailes: £t ce nuage épais qui couvre ta grandeur Veut rendre supportable à nos foibles prunelles De ton trône enflammé l'édaUnte splendeur.

• Cnt-4-dhv ntifWr.

Tel, tn trompas la geni noircie

Dont le Nil arrose les champs.

Quand la foule de ces méchants

Fut par les vagues éclaircie ;

Tel, ton courroux suivi d'éclairs

Fondit sur eux du haut des airs.

Envoya dans leur camp la terreur et la fbudre, Frappa leur appareil d'orages redoublés, Le brisa comme verre', et fit mordre la poudre Aux tyrans d'Israèl soos leurs chars accablés.

Que les liens ont de privilèges !

La mer fit rempart aux Hébreux,

Noyant les peuples ténébreux

De l'ost* aux têtes sacrilèges.

On vit et furent découverts

Les fondements de l'univers , Du liquide dément les canaux et les sources, Le centre de la terre , et l'enfer, obligé D'abandonner ces chars à leurs aveugles courses , Dans ses murs de métal craignit d'être assiégé.

Ainsi les torrents de l'envie Croyoient m'arrêter en chemin , Quand tu m'as conduit par la main En des lieux plus sîlrs pour ma vie.

Ainsi montroient leurs cœurs félons Les Saûls et les Absalons , Quand tu les as soumis à cdui qui t'adore , Qui pèche quelquefois, mais se repent toujours. Et qui , pour te louer, n'attend pas que l'aurore Se lève par ton ordre , et commence les jours.

Oui , Seigneur, ta bonté divine

Est toujours présente i mes yeux;

Soit que la nuit couvre les deux,

Soit que le jour nous illumine :

Je ne sens d'amour que pour toi ;

Je crains ton nom, je sois ta loi.

Ta loi pure et contraire aux lob des infidèles; Je fuis des voluptés le charme décevant, [dèles , M'éloigne des méchants, prends les bons pour mo- Sachant qu'on devient td que ceuxqu'on toit souvent.

Non que je veuille en tirer gloire.

Par toi l'humble acquiert du renom, Et peut des temps et de ton nom Pénétrer l'ombre la plus noire.

A leurs erreurs par toi rendus.

Sages et forts sont confondus.

• Vil. Dm ks édttioiM mwlwifi t cmmme mm Mm. Hait œ n'ett pis une variante i cCeeCle auniraiie leçon «C roavnge des éditean modefiMi.

• De rarmée.

ss»

ŒUVRES DIVERSES

SMls n'ont mis à tes pieds leor force et leur sagesse. Ce qoe j'en puis avoir, je le sais rapporter Au don que m'en a fait ton immense largesse , Par qui je vois le mal et peux lui résister.

Par toi je vaincrai des obstacles

Dont d'autres rois sont arrêtés;

Plus tard offerts que surmontés ,

Ils me seront jeux et spectacles.

-Par toi j*ai déjà des mutins,

Dont les cœurs éloient si hautains , Evité comme un cerf les dents pleines d'envie ; Puis , retournant sur eux , frappé d'un bras d'airain Ceux qui, d'un œil cruel envisageant ma vie, Voy oient d'un œil jaloux mon pouvoir souverain.

Qu'ils soient jaloux, il ne m'importe :

D'entre leurs pièges échappé ,

J'ai des rebelles dissipé

L'union peu juste et peu forte.

Par mon bras vaincus et réduits.

Un Dieu vengeur les a conduits Aux châtimen)s gardés pour les têtes impies : Leurs desseins tôt conçus se sont tôt avortés ; El n*ont beaucoup duré leurs sacrilèges vies Après les vains projets qu'ils avoieut concertés.

Cette hydre aux têtes renaissantes,

Prête à mourir de son poison ,

A vers le ciel hors de raison

Poussé des clameurs ûnpuiissantes ;

Ni Bélial , ni ses suppôts ,

N'ont su l'assurer du repos.

Aussi n'est-il de dieu que le Dieu que j'adore, Que le Dieu qui commande à l'une et l'autre gent , Depuis les peuples noirs jusqu'à ceux que l'aurore Eveille lés derniers par son cours diligent.

C'est lui qui par des soins propices Au combat enseigne mes mains, Qui pour mes pieds fait des chemins Sur le penchant des précipices ; C'est lui qui comble avec honneur Mes jours de gloire et de lK)nheur,

Mon anie de vertus , mon esprit de lumières;

Il nie dicte ses lois, me les fait obser>'er;

Jusqu'aux derniers secrets de leurs beautés premières

Ses oracles divins ont daigné m'élever.

Dès qu'il m'aura prêté sa foudre, Les méchants pour lui sans respect S'écarteront à mon aspect, Comme au vent s'écarte la poudre.

Pour fuir ils n'auroiit qu'à me voir :

Déjà mon nom et mon pomroir Sont connus des voisins du Gange et de FEiip Israël , redouté de cent peuples dÎTers , Me craint et m'obéit; et, sans que l'on me fli On me peut appeler le dief de i'iuiÎTen.

Rendons-en des grâces pabliques Au dieu jaloux de son renom ; Faisons , en l'honneur de son nom.

Retentir l'air par nos canticfÉb :

Que ses bienfaits soient étalés.

Peuples voisins et reculés , Jusqu'aux voûtes du del portez-en les nooid Dites qu'il est un dieu qui répond à mes voea Et que, m'ayant cpmblé de grâces imririorMIi Il en réserve encor pour nos

VL — TRADUCTION PARAPHRAS

DE LA PROSE DteS tTOS.

Dieu détruira le siècle au jour de sa farenr. Un vaste embrasement sera l'ayant-Goarear: Des suites du péché long et jnste salaire. Le feu ravagera l'univers à son tour.

Terre et cieux passeront; et ce temps de colëi Pour la dernière fois fera naître le jour.

Cette dernière aurore éveillera les morts : L'ange rassemblera les débris de nos corps; II les ira citer au fond de leur asile. Au bruit de la trompette, en tous lîeax disper Toute gent accourra. David et la Sibylle Ont prévu ce grand jour, et nous l'ont annoiM

De quel frémissement nous nous verrons sai» Qui se croira pour lors du nombre des choisie! Le registre des cœurs, une exacte balance. Paraîtront aux côtés d'un juge rigoureux. Les tombeaux s'ouvriront; et leur triste silène Aura bientôt fait place aux cris des malheuiei

I^ nature et la mort, pleines d'étonnement. Verront avec effroi sortir du monument Ceux que dès son beVceau le monde aura vo'

> VAR. Presque toutes les éditions modernes portest :

Onx que de* Ma berceju le monde aura vus vivre.

Mais c'est une conticUon des éditeurs, fondée sur imei^

^rauiniatriens , qui souRre iM^aucoup de difficultés. EUe

1 nullement reconnue au siècle de Louis XIV; et à r^

ODES

saa

Les morU de tous les temps demeurenmt soipris ten lisant leurs secrets aux annales d'un Ihnre Où même leurs pensers se trouveront écrits.

Toot sera révélé par ce livre fatal; Rien d'impuni. Le ju^e, assis au tribunal , Marquera sur son front sa volonté suprême. Qui prierai-je en ce jour d'être mon défenseur ? Sera-ce quelque ioste? Il craindra pour lui-même, Et cherchera l'appui de quelque intercesseur.

Roi, qui fois tout trembler devant ta migesté , Qui sauves les élus par ta seule bonté. Source d'actes bénins et remplis de démence, Souviens-toi que pour moi tu de8cendi»des cieux ; Pour moi, te dépouUlant de ton pouvoir immense, Conmie un simple mortel tu parus à nos yeux.

J'eus part à ton passage : en perdras-tu le fruit ? Yeox-tu me condamner à l'étemelle nuit , ..Moi 9 pour qui ta bonté ût cet effort insigne? Tb ne t'es reposé que las de me chercher ; Ta n'as souffert la croix que pour me rendre digne D'un bonheur qui me puisse à toi-même attacher.

Tu pourrois aisément me perdre et te venger. Ne le fais point, Seigneur; viens plutôt soulager Le fkix sous qui je sens que mon ame succombe. Assure mon salut dès ce monde incertain; Empêche mrigré moi que mon cœur ne retombe, Et ne te force enfin de retirer ta main.

Avant le jour du compte efface entier le mien. L'illustre pécheresse, en présentant le sien, Se fit remettre tout par son amour extrême; Le larron te priant fut écouté de toi. La prière et l'amour ont un charme suprême. Tu m'as fût espérer même grâce pour moi.

Je rougis, il est vrai, de cet espoir flatteur; La honte de me voir infidèle et menteur. Ainsi que mon péclié, se lit sur mon visage : J'insiste toutefois , et n'aurai point cessé Que ta bonté, mettant toute chose en usage, N'éclate en ma faveur, et ne m'ait exaucé.

eeCte règle, od aoroitdû éviter de citer ce len de Badne x

Loioinéaiic d*auMi loin qu'il nou* m vus parottrc.

Baja%el^ «cU V, tcinc xi.

Cet exemple prouve pr<*ci8ëmcnt roatre ceux qui l'aUègnent; cardans l'édition oriiônale, Imprimée du vivant de Radue cbet Trabouillet, i6S7, t. U, p. 149, on lit dans ce vers vu paraftre: et le verbe parnUre est écrit ainsi par Radne , par excqition et pour la rinif. On doit donc se garder de rétablir ici Tortho- Kraphe du siècle de Louis XIV, et de mettre paroUre , comme dÉDs ks édlttoDs de Didot pour le dauphin, et dans tant d'autres.

Fais qu'on me place à droite, au nombre des l)rebis;

Sépare-moi des boucs réprouvés et maudits.

Tu vois mon cœur contrit et mon humble prière :.

Fais-moi persévérer dans ce juste remords :

Je te laisse le soin de mon heure dernière ;

Ne m'abandonne pas ^uand j'irai chez les morts.

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