EN LUI ENVOYANT UN PETIT BILLAAD
Ce billard est petit ; ne l'en prisez pas moins : Je prouverai par bons témoins Qu'autrefois Venus en lit faire Un tout semblable pour son fils.
< Michel Konibut ou Goribut Wieçnowieçki , né Ta élule19juinlG69.
a Marie-Madeleine Pioche de La Vergnc , comtesse Fayette , à laquelle cette épltre est adressée, naquit en \ mourut en t693. Voyez , sur ce qid concerne cette fei lèbre et ses liaisons avec notre poète l'Histoire de la ri ouvrages de La Fontaine, troisième édition, 1824, à 192.
ÉPITRËS.
Ce plaisir occupoit les Amours et les RU,
Tout le peuple enfin de Cythère.
Au joli jeu d'aimer je pourrois aisément ' Comparer après tout ce divertissement , ' Et donner au billard un sens allégorique.
Le bot est un cœur fier ; la bille, un pauvre amant ; La passe et les billards , c'est ce que l'on pratique Pour touclier au plus tôt l'objet de son amour ; Les belouses , ce sont majàt périlleux détour, Force pas danj^ereux , od'iouvent de soi-même
On s'en va se précipiter, Où souvent un rival s'en vient nous y jeter
Par adresse et par stratagème.
Tonte comparaison cloche, à oe que l'on dit :
Celle-ci n'est qu'un jeu d'esprit
Au-dessous de notre génie.
Que vous dirai-je donc pour vous plaire , Uranie? Le Faste et l'Amitié sont deux divinités Enclines, comme on sait , aux libéralités. Discerner leurs présents n'est pas petite affaire : L'Amitié donne peu , le Faste beaucoup plus;
Beaucoup plus aux yeux du vulgaire.
Vous juçez autrement de ces dons superflos : Mon billard est succinct ', mon billet ne Test guère. Je n'ajouterai donc à tout ce long discours Que ceci seulement, qui part d'un cœur sincère :
Je vous aime , aimez-moi toujours.
VIIL — A M<:> LE PRINCE DE CONti»,