EN LUI DONNANT UN QUINTILIBN DIS LA TRADUCTION D'ORAZIO TOSGANBLLA
Je vous fais un présent capable de me nuire. Chez vous Quintilien s'en va tous nous détruire : Car enfin qui le suit ? qui de nous aujourd'hui S'égale aux anciens tant estimés diez lui ?
• ou est tni; et hi Pootaine a exprimé euctement Id les mêmes Idées que Voiture dans VÉpilre au prHue de Omâé, élUUon de 167S, in-ia. t II. p. 124 à 135.
> Dans l'ude adressée à^VlrgUe x
MolU» illr bonis llsbili*
IVnlK StbUior ^mbi libi. ViiflKI
Ta fnwlra ^«i*, hea i wmi iu cr«ditaai
PotcU QaiactiliafD Dco».
Quii ? M Tbraicio bUadÎM Orpliw Aaikai ■HMl«rffff« athoribi fS*Wai, Hmm «•■■ rtilcal mbrm* i»«|Mii
Qaaa virga Mial borrida ,
Noa Irait prcciba* (aU rarladart , Nigro coa|iaUrit Mcrcariat |rcg|.
HoBAT., Cmrm.fVkV. l,aJ. »iv.
* Dfwmi, dem fais employé dans œ vers pour awml, oe «|ul n'était pas une faute du terni» de La PoolaiiM. Oo InMTe des exrmpliniMmblableii dans Boileau, dans Badne, el bIdic dans Voltaire. AclBeU«*roent detant ne s'emplute plut qne pour l'ordre des Hem } mais , tpiand on parte de l'ordre des Ibbiim . oo met toqfoura avant.
4 Pierre-Daniel Huet. nommé é^èque de Solssons en Itn. est pins oooBB comme évéïpie d'Avrancbes . paroeqa'U p«muta avec Diusliid de Sillery pour ce second déjte en I6M. avant d'aroAr reçu les bulles du premier. Huet naquit à Gaen, ta S ftS ▼rier laso. et moiinit le M JaBTler 1731, à qnatre-vingiooae ans. Il étoit ami intime île notre poète.
» \jk traduction ItaHeoDe de QnInlUim. d'OraiioTi fianil à Venise eo ISSIet ISSi, In4s.
Tel est mon sentiment y tel doit être le vôtre '. Mais, si votre suffrage en entraîne quelque autre , Il ne fiiit pas la foule ; et je vois des auteurs Qui , plus savants que moi , sont moins admirateurs. Si vous les en croyez, on ne peut, sans foiblesse. Rendre bommageaux espritsde Rome et de la Grèce. Craindre ces écrivains! on écrit tant chez nous! La France excelle aux arts , ils y fleurissent tous; Notre prince avec art nous conduit aux alannes; Et sans art nous louerions le succès de ses armes ! Dieu n'aimeroit-il plus à former des talents? Les Romains et les Grecs sont-ils seuls excellents ? Ces discours sont fort beaux, mais fort souvent frivo- Je ne vois point l'effet répondre à ces paroles ; [les : Et, faute d'admirer les Grecs et les Romains ^ On s'égare en ^twlant tenir d'antres chemins.
Quelques imitateurs » soi bétail , je l'avoue , Suivent eu vrais moutons le pasteur de Mantoue '. J'en use d'autre sorte ; et me laissant guider. Souvent à marcher seul j'ose me hasarder. On me verra toujours pratiquer cet usage. Mon imitation n'est point un esclavage : Je ne prends que l'idée, et les tours , et les lois Que nos maîtres snivoient eux-mêmes autrefo». Si d'ailleurs quelque endroit plein chez eux tfexcel- Peut entrer dans mes vers sans nulle violence, [lence Je l'y transporte , et veux qu'il n'ait rien d'alîbcté , Tâchant de rendre mien cet air d'antiquité. Je vois avec douleur ces routes méprisées ; Art et guides , tout est dans les Champs-Elysées. J'ai beau les évoquer, j'ai beau vanter leurs traits , On me laisse tout seul admirer leurs attraits. Térence est dans mes mains; je m'instruis dans Ilora- Ilomère et son rival sont mes dieux du Parnasse, [ce; Je le dis aux rochers ; on veut d'autres diseours : Ne pas louer son siècle est parler à des sourds. Je le loue , et je sais qu'il n'est pas sans mérite ; Mais, près de ces grands noms, notre gloire est pe- Tel de nous , dépourvu de leur solidité , [tite : N'a qu'un peu d'agrément, sans nul fonds de beauté. Je ne nomme personne : on peut tous nous connoltre. Je pris certain auteur ' autrefois pour mon maître ; n pensa me gâter ^. A la fin, grâce aux tlienx,
* Perraolt avoét la. dans la séance de l'Acadënite françoiae qui se tint le 27 Janvier 1617, son poème ioUtnlé le SiéeU de LomiM^C'Grand , dans leipiel U di^précioit les anciens pour eialter les modenies. La Fontaine fcritltauMltAt cette épttre pour répondre au poème de Perrault. Vofea VyiêUàre de Im vUeideêou9ragudêlMf^mUiime,tt%ÂtUmeééiikm, p.4V à 431.
* Vir^Ue. (.Vote de La Pomiakte.)
* Voiture, pour lequel La Poalaine ent dans m jeunww nne aisiiratlon presque eidniÉve.
4 QKlques auteurs de ce lempe-U alfcclotent les anUthèseï .
ŒUVRES DIVERSES
Horace , par bonheur, me dessilla les yeux. L'auteur avoit du bon, du meilleur; et la France Estimoit dans ses vers le tour et la cadence. Qui ne les eût prisés? J'en demeurai ravi : Mais ses traits ont perdu quiconque Fa suivi. Son trop d'esprit s'épand en trop de belles choses : Tous métaux y sont or, toutes fleurs y sont roses ', On me dit là-nlessus : De «[uoi vous plaignez-vous ? De quoi? Voilà mes gens aussitôt en courroux; Us se moquent de moi , qui, plein de ma lecture , Vais par-tout prêchant l'art de la simple nature *. Ennemi de ma gloire et de mon propre bien , Malheureux , je m'attache à ce goût ancien. Qo'a-t-il sur nous , dit-on , soit en vers , soit en prose? L'antiquité des noms ne fait rien à la chose , L'autorité non plus, ni tout Quintilien. Confus à ces propos , j'écoute, et ne dis rien. J'avouerai cependant qu'entre ceux qui les tiennent J'en vois dont les écrits sont beaux et se soutiennent : Je les prise , et prétends qu'ils me laissent aussi Révérer les héros du livre que voici.
Recevez leur tribut des mains de Toscanelle. Ne vous étonnez pas qu'il donne pour modèle A des ultramontains un auteur sans brillants. Tout peuple peut avoir du goût et du bon sens , Ils sont de tout pays , du fond de l'Amérique^; Qu'on y mène un rhéteur habile et bon critique, Il fera des savants. Hélas ! qui sait encor Si la science à l'homme est un si grand trésor?
Je chéris l'Arioste , et j'estime le Tasse ; Plein de Macliiavel , entôlé de Boccace, J'en parle si souvent qu'on en est étourdi. J*en lis qui sont du Nord , el qui sont du Midi. NoD qu'il ne faille un choix dans leurs plus beaux ouvrages. Quand notre siècle auroit ses savants et ses sages ,
et ces sortes de pensées qu'on apiielle cocktti. C^ela a suivi imni(kliatenicnt Malherbe, {yote de La FonUiine.,)
* Vers de Mallierl>e. {Sote de Ld Fontaine.) Ce vers n'est pas exacteuicnt ainsi ; il se trouve dans la pièce intitulée Récit d*wh. berger, au ballet de Madame, princesse d'Espagne, douzième stance :
L« terre en tous f ndroits proJuirt luutek chose» : Tou« métaux Hrront or, toulrit Heur» »erout io<iC9.
Œuvres Je Malherbe, 1. VI, p. it)^, édit. 1G89, io-ia.
> n a prêché d'exemple.
3 Yaii. Dans les Œuvres posthumes, dans les Œuvres diverses , et dans toutes les éditions , on lit :
IN »ont toiut d^un pty*' du fond de l'Amérique.
Cette version alisurde ne ]K>uTOit être corriiçée qu'en ayant recours à l'édition ori^nale , qu'aucun «kiiteur n'a connue avant nous. Le scrLs du vci's est (luc le guût et le bon sens Hontde tout pays, etpenv<Mit$c trouver même au fond de l'Aménipie, où II se formera des savants comme ailleurs, si on y mène un rhéteur habile et bon critique, un QuiuUlien; mais la phraae est incorrecte , trop concise . et obscure.
En trouverai-je un seul approchant de PlaU»*? La Grèce en fourmilloit dans son moindre coIm. La France a la satire et le double théâtre* , Des bergères d'Urfé ' chacun est idolâtre: On nous promet l'histoire , et c'est un haut prajcl^ J'attends beaucoup de Fart, beaucoup plus dniiqel: Il est riche, il est vaste , il est plein de noUaK; Il me feroit trembler pour Rome et pour la Grèee. Quant aux autres talents, l'ode, qui baisse on pn^ Veut de la patience; et nos gens ont du feu. Malherbe avec Racan, parmi les chœurs des aipt. Là-haut de l'Eternel célébrant les louanges, Ont emporté leur lyre ; et j'espère qu'un jour J'entendrai leur concert au céleste séjour. Digne et savant prélat, vos soins et vos lanûèits Me feront renoncer à mes erreurs premières : Comme vous je dirai l'auteur de l'univers. Cependant agréez mon rhéteur et mes vers.
XXU.-A M. DE VENDOME «.
Prmce ^ , qui faites les délices Et de l'armée et de la cour.
> La Fontaine avoit une grande adniiratioo pour Flilai;0 dans l'avertissement des Ouvrages de prose el de poMffrt a publiés en commun avec de Maueroix , il a très bim iffrtcfe le caractère particulier de ses Diaiojçiies. C'est prMtéamfmtenr (pie Perrault déprécie le plus dans son poème for k j d(!i Louis-le-Graiid , p. 2.
* Je crois tpic La Fontaine entend |iar-Ià le théâtre où l'on jouoit la comédie et la tragiklie . et le théâtre de 1^ I)éra, inconnu aux anciens.
3 Honoré d'ITrré, auteur de YAstrée, L.e Roût a binchV depuis. Ou ne lit plus guère aujourd'hui cet auteur, dutf ■ pères étoienl idolâtres.
4 liOuis XIV avoit, en 1677, chargé Racine et BoUeao d'àdi l'histoire de son règne, et leur avoit donné à tous deux iiKp» sion à cet effet. I^cllisson avoit déjà commencé cette hîstdn' le roi avoit été si satisfait de ce conuneiicemeut , qu'il lui wà donné l'ordre de continuer, el lui avoit acconlé k. cette ocoAi SCS entrées et une pension de six mille Uvr.^s. Mais madiatè Montcspan eut une afiaire au conseil d'état pour un droit vto boucheries que le roi lui avoit concédé. Peilisson fut chiffi^ rapport, et lui fit perdre son procès. Madame de pour s'en venger, fit donner à Racine et à Despréanx ges d'historiographes. Peiiisson fut par-là dégoûté de la tâche qu'il avoit entreprise. Racine et Despréaux ne i^i nèrent jamais sérieusement; et Louis XIV, «yec riographes , n'eut pas un hbtorien.
sonn'avoit encore, dans l'ode, suriMttsé, ni mCne^ Malherbe. Mais Jean-Baptiste-Rousseau aliuit bientôt pvottii il avoit seize ans lorsiiue Lia Fontaine écrivoit cette épilic-
6 Pour les éclaircissements relaUEs à cette épttre , VHistoire de la vie et des ouvrages de J. de La Ux>isième édition , I82i , p. 550.
7 Louis-Joseph , duc de Vendôme • arrière-pelit-fib de B» li IV, né le 1er juillet 1654 , mort à Tignaros . en Gilali*
ÉPITRES
SK5
Du vieax soldai et des milices, de toote la gent qu'assemble le tambour ',
Le bruit de votre maladie
A fait trembler pour votre vie.
n'est pèlerinage où nous n'ayons songé :
Que si personne n'a bougé,
C'est que le monarque lui-même
Rassura d'abord les esprits;
Et ce qu'il dit vint à Paris
Avec une vitesse extrême*.
Sans cela tout étoit perdu :
Le poète avoit l'air d'un rendu '.
Gomment! d'un rendu ? D'un ermite ,
D'un Santoron, d'un Santena *,
D'un déterré, bref, d'un qui n'a
Vu de long-temps plat ni marmite, •embloit , k me voir, que je fusse aux abois.
Fieubet ', auprès de Gros-Bois ,
Tient contenance moins contrite :
Non qu'il se soit du tout privé
Des commodités de la vie ;
Même on dît qu'il s'est réservé
Sa cuisine et son écurie , es gens pour le servir; le nécessaire enfin;
Un peu d'agréable ; et lui fin.
Cet exemple est fort bon à suivre :
J'en sais un meilleur ; c'est de vivre.
Car est-ce vivre , à votre avis ,
Que de fuir toutes compagnies,
Plaisants repas, menus devis ,
Bon vin , clïansonnettes jolies, . En un mot, n'avoir goiU à rien ?
Dites que non , vous direz bien.
Je veux de plus qu'on se comporte
Sans fiùre mal à son prochain ;
Qu'on quitte aussi tout mauvais train : ;^ Je ne l'entends que de la sorte.
I Tant que votre altesse , seigneur, Et celle encor du grand-prieur, Aurez une santé parfaite ,
^IJoinlTIXUéloitfilsde Loub, duc de Vendteie, et de !■« Jiaociiii, nièce du cardinal Maurin. ' Venktaue étoit extréinemciit aimé du aoldaL
• Ge ftit le roi qui annonça à. Paris la nouTellc de la guëffiioii Mm du Vendôme.
é IKitD houinie qui est rendu • Catigué. é Deux oflîcien qid s'étoieut relirvs à la Trappe. Santena y tn en I(i9l . Cétoit un Piénioutois qui avoit un régiuient d'iii- Merie en France.
• Gaspard de Fieubet. conseiller au pariemcnl, chancelier de reine, et coiisfilier d'état ordinaire du roi , né en 1626, mort 10 septembre I6!U. Il kc n'tira aux Camaldules de Gros-Bois JoUIct 1G9I , après la iiKirt de sa femme. Pour les détails qai ooiicrmt'nt . \o> c£ VHutoifn de la vie et des ourragei de La •h/oint, troisième éditloa. IK14, in-S*. p. 531.
Je renonce à toute retraite.
Mais, dès qu'il vous arrivera Ije moindre mal, on me verra Vite à Saint-Germain de la Truite ' Frère servant d'un autre ermite , Qui sera l'abbé de Chaulieu *.
Sur ce , je vous commande à Dieu.
XXin. — A M. DE VENDOME^
Quand on croyoit la campagne achevée , El toute chose au printemps réservée , Arrive un fait, sous les ordres d'un roi Né pour donner au monde entier la loi , Sage et puissant , grand sur mer et sur terre , Voulant la paix , quoiqu'il fasse la guerre Avec succès , depuis plus de trente ans ; Très bien servi par tous ses combattants , Craint au dehors, au dedans chactm l'aime , Tout se soumet à son pouvoir suprême.
Or je croyois devoir m'étendre sur ced ; Car vous l'aimez , comme il vous aime aussi. Il vous l'écrit (c'est beaucoup que d'écrire , - Pour un roi tel qu'est le roi notre sire! ) Avec des mots d'estime et d'amitié; Et je n'en dis encor que la moitié.
Venons au fait. En Piémont notre armée,
Sous Catinat k vaincre accoutumée ,
Complètement a battu l'ennemi ,
£t la victoire a pris notre parti 4.
De Catinat je dirai quelque chose.
Sur lui le prince à bon droit se repose :
Ce général n'a guère son pareil;
Bon pour la main , et bon pour le conseil.
De vous y seigneur , on en peut autant dire ;
Et quelque jour je veux encor l'écrire :
Cest mon dessein. Sur ce , je finirai ,
Vous assurant que je suis et serai
De votre altesse humble et servant poète ,
■ Prieuré de Tabbé de Chaulieu.
«Goiliaumo Aufrie de Chaulieu. connu par ses poériei. naquit au château de Fontcnay. dans le Vexin françois. en 1630, et mourut le 27 Juin 1720 , à Paris , à l'âge de quatre-vin^t-nn ans. 11 étoit char^ de payer à La Fontaine la pemion que lui laisoit le duc de VendAme. Voyez VilUtoire de ta vie et des owvrages de r.a Fontaine , troi&iéiiic édition . 1S24 . p. 500.
1 Voyei les éclaircissements relatifi à ceUe épitre . dans l'I/ût(^e de la rie et des ourrages de Jean de La Fontaine , troiénnc édiUon, IS24. in-So. p. 554.
4 Victoire de SUlIutle. le IS auAt 1600, dam laqueUe Calinat défit l'année du duc île Savoie. VUlefranche (ut prise le SI mars leoi, et Kicc le SI du même mois.
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ŒUVRES DIVERSES
Qui tous hoimears et tous biem yous souhaite.
Ge mot de biens , ce n'est pas un trésor :
Car chacun sait que tous méprisez Tor.
J'en fais grand cas-: aussi (ait sire Piene ,
Et sire Paul , enfin toute la terre;
Toute la terre a pent-étre raison.
Si je savois quelque bonne oraison ^
Pour en avoir, tant que la paix se fasse ,
Je la dirois de la meilleure grâce
Que j'en dis onc ' : grande stérilité
Sur le Parnasse en a toujours été.
Qu'y feroit-on , seigneur ? Je me console y
Si vers Noél l'abbé * me Uent parole.
Je serai roi : le sage l'est-il pas ?
Souhaiter l'or, estrce l'être ? Ge cas
Mérite bien qu'à vous je m'en rapporte :
Je tiens la chose à résoudre un peu forte.