‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 550 sur 670 · L'HYMÉNÉE ET L'AMOUR · texte numérisé non relu

L'HYMÉNÉE ET L'AMOUR

A LL. A A. SS. SADEMOISELLE DE BOORBON, BT NONSEIGNEDR LE PRINCE DE COKTI*.

JDM 1688.

Hyménée et rAmoqr'^oni conclore un traité Qni les doit rendre amis pendant longues années.

Bourbon, jeane divinité, Gonti , jeune héros, joignent leurs destinées. Condé l'avoit , dit-on , en mourant soohaité. Ce guerrier, qui transmet à son fils en partage Son esprit , son grand cœur, avec un héritage Dont la grandeur non plus n'est pas à mépriser, Contemple avec plaisir de la voûte éthérée Que ce nœud s'accomplit, que le prince l'agrée , Que Louis aux Condés ne peut rien refuser.

Hyménée est vêtu de ses plus beaux atours : Tout rit autour de lui , tout éclate de joie : 11 descend de l'Olympe environné d'Amours

Dont Conti doit être la proie :

Vénus à Bourbon les envoie.

Us avoient l'air moins attrayant

Le jour qu'elle sortit de l'onde ,

Et rendit surpris nôtre monde

De voir un peuple si brillant.

Le choBur des Muses se prépare :

On attend de leurs nourrissons Ce qu^un talent exquis et rare Fait estimer dans nos chansons.

Apollon y joindra ses sons; Lui-même il apporte sa lyre.

Déjà l'amante de Zéphyre> Et la déesse du matin,

' Cet épithalame a été inséré à tort dans r édition des Fables faite à Londres en I70S, fiable ccxxvi, et depuis dans toutes les autres éditions antérieures à celle que nous avons donnée en IS2S. C'est dans l'édition de Paris, 1715, qu'on a mis, pour la première fois, dans le titre, l* Hyménée et l'Amour,

* Marie-Thérèse de Bouriwn , dite mademoiselle de Bourbon, fille aînée de Henri- Jules, prince de Gondé, et d'Anne de Bavière fut mariée, par dispense du pape, à Versailles, le 29 juin f 68S, à François-Louis de Bourbon , prince de Conti. C'est au si^et de ce mariage que La Fontaine fil cet épithalame. Voltaire, dans le Siècle de Louis XI V, donne pour femme à François-Louis de Bourbon-Gonti , Adélaïde de Bourbon. H se trompe : elle se noioinoit Thérèse de Bourbon. C'est sa seconde fille qui fut nommée Louise* Adélaïde. (Voyez Ansebne. Hi»' taire généalogique et chronologique de la maison de hYance , troisième édition in-folio, 1726, LI, p. 54S-^50.) François- Louis de Bourbon étoit né le 30 avril 1664, et Marie-Thérèse de Bourbon le 1«r février 1666.

Des dons que le printemps étale.

Commencent à parer la salle Où se doit foire le festin.

O vous pour qui les dieux ont des soins si presi Bourbon, aux charmes toui-pniaants, Ainsi qu'à l'ame toute belle, Conti , par qui sont effacés Les héros des siècles passés.

Conservez l'un pour l'autre qne ardemr motii Vous possédez tous deux ce qui plait plos d'un Les grâces et l'esprit, seuls soutiens de l'anx Dans la carrière aux époux assignée' , Prince et princesse, on trouve deux dieini L'un de tiédeur, commun chez les hnmaiD La passion à l'autre fut donnée.

N'en sortez point; c'est un état bien doux ,

Mais peu durable en notre ame inquiète.

L'amour s'éteint par le bien qu'il souhaite;

L'amant alors se comporte en époux.

Ne sauroit-on établir le contraire ,

Et renverser cette maudite loi?

Prince et princesse, entreprenez TaflEure;

Nul n'osera prendre exemple sur moi.

De ce conseil faites expérience;

Soyez amants fidèles et constants *•

S'il faut changer, donnez-vous patience.

Et ne soyez époux qu'à soixante ans.

Vous ne changerez point : écoutez Galliope; Elle a pour votre hymen dressé cet horoscope

Pratiquer tous les agréments Qui des époux fout des amants. Employer sa grâce ordinaire, C'est ce que Conti saura faire.

Rendre Conti le plus heureux Qui soit dans l'empire amoureux.

Trouver cent moyens de lui plaire , C'est ce que Bourbon saura foire.

Apollon m'apprit l'autre jour Qu'il naitroit d'eux un jeune Amour Plus beau qne l'enfant de Cytlière, En un mot semblable à son père '.

.Former cet enfant sur les traits Des modèles les plus parfaits ,

■ Si La Fontaine avoit fait impriraer lai-même cette | auroil mb assinée pour la rime , comme il a ty t ailleiin reâlcas.

* Il n'en fut malheureusement pas ainai • et Toii peut ter à ce sujet l'Histoire de la vie H des iiiwiiH|ptn de à laine, troisième édition. fS24, p. 48S.

s Marie-Tliérésede Bourbon eut sept enfants de son i avec le prince de GontL Quatre seulement vécurent, <k roos et deux filles.

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