POUR LE PONT DE CHATEAU-THIERRY
Dans cet écrit, notre pauvre cité
Par moi , seigneur, humblement vous supplie,
Disant qu'après le pénultième été
L'hiver survint avec grande furie ,
Monceaux de neige, et gros randons^ de pluie,
Dont maint ruisseau croissant subitement
Traita nos ponts bien peu courtoisement.
Si vous voulez qu'on les puisse refaire ,
De bons moyens j'en sais certainement :
L'argent suc^ut est chose nécessaire.
' Louis xiv.
> Les éditeurs modernes ont à tort donné à cette pièce le titre <(e madrigal. C'est une suite de la ballade précédeote.
> Cette date n'est mise (lue d'après l'aasertiOD de Matthieu Marais , p. 23.
4 Bourrasque . chute violente de pluie.
Or d'en avoir c'est la difficulté; La ville en est de long-temps dégarnie. Qu'y feroit-on? vice n'est pauvreté; Mais cependant, si l'on n'y remédie.
Chaussée et pont s'en vont à la voirie. Depuis dix ans nous ne savons comment La Marne foit des siennes tellement Que c'est pitié de la voir en colère.
Pour s'opposer à son débordement ' , L'argent sur-tout est chose nécessaire.
Si demandez * combien en vérité L'œuvre en requiert, tant que soit accomplie. Dix mille écus en argent bien compté, C'est justement ce de quoi l'on vous prie. Mais que le prince en donne une partie. Le tout, s'il veut, j'ai bon consentement De l^q;réer, sans craindre auctmement.
S'il ne le veut, aGn d'y satisfaire.
Aux échevins on dira franchement :
L'argent sur-tout est chose nécessaire.
ENVOI
Pour ce vous plaise ordonner promptement Nous être fait du fonds suffisamment; Car vous savez, seigneur, qu'en toute affaire , Procès, négoce, hymen, ou bâtiment.
L'argent sur-tout est chose nécessaire.