‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 606 sur 670 · OPUSCULES · texte numérisé non relu

OPUSCULES

jOement que je fois en {j[ros des trois personna- Ijes que j'introduis sur ia scène. Jules César est un homme qui a eu moins de défouts et plus de abonnes qualités qu'Alexandre. Par ses défauts 'inémcs il s est élevé au-dessus de Thomme : que 'l'on ju{je de quel mérite ses bonnes qualités ^pouvoient être! Monsieur le prince paiticipe ^'de tous les deux. N*esl-il pas au-dessus de ' rhomme à Chantilly, et plus {p*and cent fois que ' 868 deux rivaux nétoient sur le trône? Il y a mis à ses pieds des [tassions dont les autres ont été esclaves jiisc|u*au dernier moment de leur vie. Charles-Quint a toujours tourné les yeux du côté du monde, et no Ta quitté qu'en apparence; Diodétien , par un pur dégoût; et Siripion , par contrainte. Monsieur le prince, sans y renoncer entièrement , tmuve le secret de jouir de soi. D embrasse tout à-la-fois et la cour et la campagne, la conversation et les livres, les plaisirs des janlins et des bâtiments. Il foit sacour avec dignité : aussi la fait-il à un prince qui mérite qu'on la lui fasse, et qui en est plus digne qu'aucun monar(|ue qui ait su régner. C'est ce que Louis XIV sait bien faire; il n'est pas jusqu'à la fortune qui n'en convienne. Monsieur le prince n'a pas de peine à rendre ce qui est dû a une puissance et à un mérite si élevé. Il y a de la grandeur aussi bien que de la sagesse à s'acquitter de Inmne grâce d'un pareil devoir, et plus de grandeur (|u'ù y i*ésister. Si on lisoit dans le av^ur du maître, je crois que l'on y verroit qu'il estime plus les hommages de monsieur le prince que ceux que lui pourroit rendre tout le reste de Tunivers.

Je m'ingère de raisonner sur des choses qui sont au-dessus de moi. L'imagination des poètes n'a point de bornes ; la mienne pourroit in'emporter trop loin. H faut donc que je finisse ce parallèle, après avoir donné à monsieur le prince ra\*anta<;e du dernier temps. Alexandre s'y comporta œmine un liomme que la bonne* fbrtime et la gloire avoient achevé de gâter. Jules César a di^ ti-aits d'humanité et de clémence. Mais j'ai |)eine à lui paixlonner deux foutes : Tune, de m^ s'être point enœre assez défié do Rrulus; l'autre, de s'être laissé pvvsenter le diadème et d'avoir fait une tentative si |)érilleuse : car, quant à l'amour de Cléopùtn' , je trouvi^rois les gimids personnages bien

Page 1