CONSIDÉRATIONS SUR LES DLVLOGUES DE PLATON
fOËMkfn
L'AVERTISSEMENT DU RECLEIL i^Vl A POUR TITRE :
ourra'jes df prosr et de poésie des êieur* de Maucroix
et de La AVn/ainf ,
isninKS k PAiu B!f \msi.
L'assemblage de ce recueil a (juclque chose de peu ordinaii'e. I..es critiques nous demande-
■ I«a Fmit'ilnp fait ici allii^tiiMi aiii aintiun do Louin XIV.
• Ciit'* phran* r»! trllrniciit broiiilUV flaii« la oipic île l'auteur. iiiii* l'tMi n'a pu la Util «krhiffrrr. i.yate de l* éditeur df 1729.^
t Ci> titrr a «Ur ajiMiU' |)ar noiiii. O nM>rcrau , (lann le rcriirU . nr porli* pa^ d'auUr Utrc iiurcflul à'anrtitsement. Bayle r«tÎHifiit bcauco«i|i Cfn réflc&i«MU, et a dit (|iiclt|iR' part que notre poêle avoit mifui conçu l'e^t dam Ifiiuel PlaUm a écrit i\wt beaucoup d'éniditf.
i Pirnv Mortier. Kfaraire à AnMlerdam . fit imprimer m f6W
ŒUVRES DIVERSES
ront pourquoi nous n'avons pas fait imprimer à part des ouvrages si diffëi*ents : c'est une ancienne amitié qui en est la cause '. Je ne justifierai donc point par d'autres raisons le dessein que nous avons eu; et sans m'an'éter non plus à mes poésies , qui ne sont pas assez importantes pour faire dessus des réflexions, je passe d'abord au second volume de ce recueil '. Le traducteur y fait dans une préface le parallèle de Démosthènes et de Gicéron , et n*a rien omis de ce qu'il étoit à proi)os de dire sur ce sujet. Comme il n*a point parlé de Platon, c'est à moi de toucher légèrement ce qui concerne ce philosophe , non pas tant pour le louer (il faudroit que j'eusse ses grâces ) que pour aller au-devant des objections que les gens d'aujourd'hui lui pourront faire.
Ceux qui simplement ont oui parler de lui , sans avoir aucune connoissance ni de ses œuvres ni de son siècle, s'étonneront qu'un homme que l'on traite de divin ait pris tant de peine a composer des dialogues pleins de sophismes, et où il n'y a rien de décidé la plupart du temps. Ils ne 8*en étonneroicnt |)as s'ils prenoicnt l'esprit des Athéniens , aussi bien que celui de l'académie et du lycée. Bien que la logique ne fût pas encore réduite en art, et qu'Aristote en soit proprement rinvcnteur, on ne laissoit pas dès-lors d'examiner les matières avec quelque sorte de méthtxle, tant la passion pour la recherche de la vérité a été grande dans tous les temps ; celui où vivoil Platon Ta emporté en cela par-dessus les autres. Socrate est le premier qui a fait connoitrc les choses par leur genre et leur différence. De lu sont venus nos
un recueil qui porte le même titre que celui-ci , mais qui est différemment composé. En cflut le premier volume renferme les traductions des discours de Démosthènes et de Cicéron , et des dialogues de Platon , (|ui forment le touie II du recueil de Paris de 1685. La préface de François de Maucn)ix se trouve en tète de ce volume . et l'aTeiilHement de La Fontaine est aprùs cette préface. Le second vuluuu; contient d'abord tou t ce qui se trouve dans le pn-mier dans ivmition de i6K5 , et ensuite tout ce <iui est dans le volume publié en 1G82 {»ar La Fontaine en son nom seul , et intitiUé Poème du (juinquina , et autres ouvrages en vers.
I Sur ce qui oHiccmo de Maucroix , voyez sa Vie , que nous avons donnée dans l'édition de ses i)oési<.*s , et l'Histoire de la vie et des ouvrufjes de La I-ontaine, ln>isiémc édition. 1824. p. 25.
» Le premier volumr ne i-cnrermr «pip d«*s po«''?»ies île La Fontaine , et il n'y a rien de Fr. di> Maucroix ; dan« le nccoikI il n'y a de La Fontaine que cet averti»*4;inenl.
universaux et ce que nous appelons idéeide Platon ■ ; de là est venue aussi la otmaàssmat de chaque espèce ; mais, oomme le nombre a est iniini , il est impossible à ceux qui eiaoïM les matières à fond d'en venir jusqu'à h dv* nière précision et de ne laisser aucun doute. 0 n'étoit donc pas une chose indigne ni de Swm ni de Platon de chercher toujours, quoiqu'i eussent peu d'espérance de l'ien trouver qiiis satisfit entièrement. Leur modestie les aeopj^ chés de décider dans cet abyme de dilBohâ presque inépuisable. On ne doit pas pour edh leur reprocher l'inutilité de ces dialognes : i faisoient avouer au moins qu'on ne peut ennoître parfaitement la moindre chose qa si au monde; telle est l'intention de sonauiai. qui l'a présentée à notre raison amune m matière de s'exercer, et qui l'a livrée aufr putes des philosophes.
Je passe maintenant au sophisme. Si od !!»• tend que les entretiens du lycée se devoientp» ser comme nos conversations oitlinaires,oii trompe fort : nous ne cherchons qu'à m amuser ; les Athéniens cherclioient aussi à r» struire. £n cela il faut procéder avec qiNli|K ordre. Qu'on en cherche de si nouveaux de si aisés qu'on voudra , ceux qui préteodni les avoir trouvés n'auront fait autre chose (p déguiser ces mêmes manières qu'ils blaom tant. Il n'y en a proprement qu'une, etcdllà est bien plus étrange dans nos écoles quel n cloit alors au lya« et parmi l'académie. Scrate en faisoit un bon usage, les sophistes a abusoient ; ils ailiroient la jeunesse par tie vaines subtilités qu'ils lui savoient fort l*s vendre. Platon y voulut remédier en se V' quant d'eux, ainsi que nous nous moquons ik nos précieuses, de nos marquis , de nos édités, de nos ridicules de chaque espèce. Tn»portons-nous en ce siècle-là , ce sc'ia d 'ext4
> Selon Platon , il n'y a qu'une seule et unique idéeivaî!» que Rfure ; elle en eonstitue rcssN.*ncc ; elle rejirt^senlr K^ eN espèces et tous Itrs individus. Les sciis ne ncms |irv<tt« que ce iiu'il y a de i)arUculier et d'iiidivkJucI; l'enleDiltc-^ ce qu'il y a de commun et de ffénOral. L'idi^* est Li tuni>f 'i? prolotyiK* des cIiosom; elle est simple, ininiatéricUe. affrwl» lie toutes l(*s conditions de rêli*ndiie. de l'es|uce. l^'iàff*-'- Ivs imatjrs scnsihies n*oiit |Miiut la iiiênie ori^nni-: lo -^ sont ind('iM>ndautes de l'exiM-rience . cl [wr C(inaé«jiiciil ««• e'e>t-à-din' i»la(M^'h (Uns resiiritimnKSUateinent fiar nk-u mtrr |H)nr MTvir de tirinciiN'.s à nos coniioLMance».
ËPITKES DÉDICATOIRES.
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lentes comédies que ce philosophe nous aura 'données tantôt aux dépens d'un faux dévot, d*un ignorant plein de vanité, d'un pédant : voilà proprement les caractères d'Eutyphron , d*Hippjas, et des deux sophistes. Il ne faut point croire que Platon ait oulix^ ces deux derniers ; ils portoient le sophisme eux-mêmes au-delà de toute croyance, non qu'ils prétendissent faire autre chose que d'embarrasser les auditeurs par de pareilles subtilités : c'cloient des impertioents, et non pas des fous; ils vouloient seulement faire montre de leur art et se procurer par -là des disciples. Tous nos collèges retentissent des mômes choses, il ne faut donc pas qu'elles nous blessent , il fiaut au contraire s'en divertir, et considérer Euthydemus et Dionysodore comme le docteur de la comédie , qui de h deinière parole que l'on profère pi*end occasion de dire une nouvelle sottise. Phton les combat eux et leur pareils de leurs propres armes, sous prétexte d apprendre d'eux : c'est le père de l'ironie. On a de la volupté à les voir ainsi confondus. Il les embarrasse euxmêmes de telle sorte qu'ils ne savent plus où ils en sont , et qu'ils sentent leur ignorance. Parmi tout cela leur persécuteur sait mèhr des grâces infinies. Les circonstances du dialogue, les caractères des personnages , les interlocutions et les bienséances, le style élégant et noble, et qui tient en quelque façon de la poésie : toutes ces choses s'y rencontrent en un tel degré d'excellence, que la manière de raisonner n'a plus rien qui cho(|ue : on se laisse amuser insensiblement comme i)ar une espèce de charme*. Voilà ce qu'il faut considérer là-dessus : laissons-nous entraîner à notre plaisir, et ne cherchons pas matière de critiquer : c'est une chose trop aisée à faire. H y a bien plus de Dfloire à Platon d'avoir trouvé le secret de plaire
• Malip^ cette appnkïlalioo ri Juite et si bien eipriniée da mérite de Piatrui , l*eiTault ou . daiii Mja |NMhiie intitulé /c Siêeie de Louu le Grand , pronnnorr, dans une àet séancei de l'Académie francoise, le 17 janvier 1687. Iir Jugcnieot «liTant mr le pliilwio|>he i^^ec :
PUtoD, qui fuldi«ia ilu tcoip* de ooa aiess , Commence * tlrvriiir qurlquclouennuyens : i^D T«in M>n irailuctear *, partÎMo <1« l'anliquc , Ld coo*rrve \* gracr et tuul Ir tri atliqoc i f>u lecteur le plu% Ipre et le |ila« rènolu Un <lial->)^uc ealier ne M«coit (*trr Iq.
- >! rabbcde Uaurrois {Noie dt FerrmiUi)
dans les endroits mêmes qu'on reprendra ; mais
on ne les reprendra point si on se transporte en son siècle.
J'ai encore à avertir d'une chose qui regarde l'oraison contre Verres. Mon ami , vojunt qu'il n'y a de péroraison ni d'exorde qu'au commencement et à la fin des Verrines , qui toutes ensemble ne fbnt qu'un corps, et que celle-ci ne devoit pas être considérée comme une œuvre à part, et qui auroit eu toutes ses parties, il n'en a pas voulu traduire la fin , qui ne contient que des formalités de jusUce , et n'est pas si a{;réable que ce qui précède. C'est ce que j'avois à dire pour prévenir ces objections que peut-être on ne fera point. Nous laissons le reste au juge- ' ment du lecteur.