‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 617 sur 670 · SUITE DU MÊME TOYAGE · texte numérisé non relu

SUITE DU MÊME TOYAGE

A Limoges, ce 12 septembre 1663.

Je VOUS promis par le dernier ordinaire la description du château de Richelieu ; assez légèrement 9 pour ne vous en point mentir» et sans considérer mon peu de mémoire, ni la peine que cette entreprise me devoit donner. Pour la peine, je n'en parle point, et, tout mari que je suis , je la veux bien prendre : ce qui me retient, c*est le défaut de mémoire; pouvant dire la plupart du temps que je n'ai rien vu de ce que j'ai vu, tant je sais bien oublier les choses. Avec cela, je crois qu'il est bon de ne point passer par-dessus cet endroit démon voyage sans vous en iaire la relation. Quelque mal que je m'en acquitte, il y aura toujours à profiter ; et vous n'en vaudrez que mieux de savoir, sinon toute l'histoire de Richelieu , au moins quelques singularités qui ne me sont point échappées , parceque je m'y suis particulièrement arrêté. Ce ne sont peut-être pas les plus remarquables; mais que vous importe ? De Thumeur dont je vous connois, une galanterie sur ces matières vous plaira plus que tant d'observations savantes et curieuses. Ceux qui chercheront de ces observations savantes dans les letti*es que je vous écris se tromperont fort. Vous savez mon ignorance en matière d'architecture , et que je n'ai rien dit de Vaux que sur des mémoires'. Le même avantage me manque pour Richelieu : véritablement, au lieu de cela, j'ai eu les avis de la concierge et ceux de M. de Châteauneuf ; avec l'aide de Dieu et de ces personnes , j'en sortirai. Ne laissez pas de mettre la chose au pis ; car il vaut mieux , ce me semble , être

> La Fontaine n'a point achevé cet ouvrage. Ce qu'il dit ici prouve qu'il ne l'avoit composé (|uo sur la demande de Fouquet Celui-ci avoit commencé . des l'aiméc 1640, à embellir sa terre de Vaux-le- Vicomte ; mais c'est en 1653 seulement qu'il mit à exécution les plans ({ui en firent le lieu le plus magnifique de la France. (Voyez rinterropatoire de Foui^uet dans les conclusions de ses dcfrnscs, 1668, in-18, p. 90). La Fontaine , dans ravcrlLsscment du recueil iutitulé Fables nouvelles et autres poésies , qui fut achevé d'imprimer en mai 1671. dit qu'il avoit entrepris la description de Vaux , il y a environ douze ans ; ce qui nous reporte vers la fin de l'année 16.'S8 i)Our l'époque à laipielle notre poêle commence cet ouvrage. Il dit luimême qu'il y travailla trois ans : ce fut donc la disgi-ace de Fowiuet qui remi>Ccha de i'achov^T.

trompée de cette façon que de l'antre. Eatm cas , vous aurez recours à ce que M. Desmanai a dit de cette maison : c'est un grand niaitre« fait de descriptions. Je me garderois biee de particulariser aucun des endroits où 3 i pm plaisir à s'étendre , si ce n'étoit que h maiÂe dont je vous écris ces choses n'a rien de oomoni avec celle de ses ffromenades *.

Nous arrivâmes donc à Richdien par me avenue qui borde un côté du parc. Selon h vérité cette avenue peut avoir une denû-fieoe, mais, à compter* selon l'impatience où félott, nous trouvâmes qu'elle avoit une bonne fia» tout au moins. Jamais préambule ne s'est rencontré si mal à propos , et ne m'a semblé si long. Enfin on se trouve en une place fort spadeose: je ne me souviens pas bien de quelle figure elle est : demi-ronde ou demi-ovale, cela ne bk rien à l'histoire ; et pourvu que vous soyez avertie que c'est la principale entrée de cette maison, il suffit. Je ne me souviens pas non pins en quoi consistent la basse-cour, l'avant-coor, les arrière-cours, ni du nombre des pavillons et corps-de-logis du château , moins encore de leur structure. Ce détail m'est échappé; de quoi vous êtes femme encore une fois à ne pas vous soucier bien fort : c'est assez que le tout est d'une beauté, d*une magnificence, d'une grandeur, dignes de celui qui l'a fait bâtir. Là fossés sont larges et d'une eau très pure. Quand on a passé le pont levis, on trouve la porte gardée par deux dieux. Mars et Hercule. Je louai fort l'architecte de les avoir placés à ce poste-là; car, puisque Apollon servoit quelquefois de simple commis à son éminence , Mars et

' La Fontaine désigne ici l'ouvrage intitulé les Promenades de Richelieu, ou les Vertus chrétiennes, par J. Desuiarests ; Paris, Henri Le Graz , 1653, petit in-S» de 63 pages. L'auteur de ce poème est Jean Desmarests de Saint-Sorlin , devenu célâire par son fanatisme religieux, ses paradoxes contre Ips anciens. sa comédie des Visionnaires , (|ui eut un grand 8ucc6s , et son poëmc de Clovis, que Boileau a tourné en ridicule. Desniarests na(iuit en 1395 , et mourut à l'âge de quatre-vingts ans , le 2S octobre 1676. Il a composé quarante-trois ouvrages. Ses Promenades de Richelieu sont Imit sermons en vers sur la foi . l'espérance . et la charité , etc. Le dernier chaut seul est relatif à la description du château de Richelieu. 11 existe uue minutieuse description du château de Richelieu en prose et en vers . intitulée le Château de Richelieu, ou r Histoire des cfirtur et des liéros de V antiquité , par M. Vignier; Saumur, chez Deshordes , 1676 , iu-8o. AiaLs La Fontaine ne pouvoit la connoltre , puisqu'elle n'étoit pas imprimée lorsqu'il écrivoit cette lettre.

» Vab, La Fontaine a écrit conter.

LETTRES A MADAME DE LA FONTAINE

rcule pouvoicnt bien lui servir de suisses. Us Sritaroient que je m'an'étasse à eux un peu raatagG , si celle porte n'avoit des choses en- JBre plus singulières. Vous vous souviendrez ' tur-tout qu'elle est couverte d'un dàtnc, et qu'il y n une Henonimëc au summet : c est une déesse qui ne se plaji pas d'être enfermée, et qui s'aime mieuiL en cet endroit que si on lui ■ avoit donné pour reiiaiie le plus bel apparte- ~ ment du logis.

M^me eJlc al en une pocture Tuule prt(e S prendre l'esior ; Un piod ilana l'oir, A ch4c|ue mnin un a Ltgère et di^plursiit les illei , Connue ni la ni porter la noa telle»

Det aclioiu de Richelieu , Cardinal, duc, et demâ-dien :

Telle enDa qu'elle derolt «U« Pour Uea lerrir un li bon mallre; Car Uni moins elle s de lolilr, TmI pliu UQ lui fHit de plaUr.

Cette f){;ure est de bronze et fort estimée'. ^a% deux cAics du froulispice que je décris, ona ^evë, en manièi-e de statues, de pyramides , si , voulez , deux colonnes du corps desquelles lent des bouts de navires. (Bouts de navii-es e vous plaira Quère, et pcui-i?[re aimeriezis mieu\ le terme de pointes ou celui de becs ; 7. le moins mauvais de ces trois motsf! je doute for't que pas un soit propre ; mais me autant m'en servir que d'appeler cela Mines l'ostrales.) Ce sont de^ restes d'amibitbéâlre qu'on a rencontrés fort heureuse- , n'y apnt rien qui convienne mieux à miraulé, laquelle celui qui a faïl bâtir ce ^u joif;nuit à tant d'autres titres*. De des la cour, et sur le fronton do la même en- !e, on voit titiis petits llercules, autant pous et autant mignons que le peuvent être de Btits Hercules; chacun d'eux {fanii de sa peau e liou et de sa massue* (eela ne vous fait -il point

ic BralhPkil , alul qu'une tUlur «i Diarbre blanc . rt te IruRtoll en tan; d« t» |iMil •Mme. ipl d'onlrr dorique. (Vlcnier. p. 10. yojet umt Deiuural», ^irranuniuln diflrtuH-i. ah. iv.p. U. r. ai-U). ^ Le cinUnal de BloheUni eiDlI retétu de U ohwtc de gnnil- ~ «1. C'ivl p*f Mlle nUiuD qu'un TuUdauuan deiaUtxJu tt-niijral . qu'uccvpe •cUieUemcnl miinartgneur te duc Mm . tl« iiruini d« v4inNux acolptMi, puveque celte le b<itali pvtK dp l'juieten fataU-car^tMi. > • Du cflie lie ce pMll dAne i|nl nganle ta raat D t a d«ui L cMbiun de maître, et d

souvenir de ce saint Michel garni de son diable?) Le statuaire, en leur donnant la cont&- J nance du père, et en les proportionnant à sa J taille, leur a aussi donné l'air d'enfants, ce qut i rend la chose si agréable qu'en un besoin îls passeroicnl pour Jeux ou jiour Ris, un peu membrus à la vérité. Tout ce fi'onlispice est de l'ordonaance de JacquesLemerciet ".etdepart et d'autre un mur en terrasse qui découvre cn- Uèremenl la maison , et par oii il y a apparence que se communiquent deux pavill<Mis ()ui sunl aux deux bouts.

Si le reste du logis m'arrête à propurlion de l'entrée, ce ne sera [las ici une lettre, mais ua volume: qu'y feroit-on? il faut bien que j'emploie !i quelque chose le loisir que le roi nous donne. Autour du château sont force bustes et force statues, la plupart antiques : comme vu pourriez dire des Jupilers et des ApuIIoE des Bacchus, des Mercures, et autres gens de ' pareille étoffe*,- car, pourlesdieiix, je ïeseonnois bien , mais pour les héros et grands persunnafjes , je n'y suis |>as fort expert : mêine il me i souvient qu'en regardant ces chefs-d'œuvre je pris Faustine pour Vénus (ii laquelle des deux faul-il que je fasse réparation d'honneur?); et puisque nous sommes sur le chapitre de Vén il y en a quatre de bon compte* dans Kicbe- ! lieu, une entre autrt^ divinement belle, etd U. de Haucroix dit que Le Poussin* lui a fbrt parle, jusqu'à la mettre au-dessus de celle de Médicis*. Parmi les autres statues qui ont là

< peUU Hercule» de inirbrn . ai

» ri trt* lieux. > (Vi-

Jicqun Lcmereler hil un de OM |ili» grusli arrhlteclo , cE M> rrndll iiixil nlimalrie par ton diihiWtmemeat que par «lalnita. Il lui pronicr arcUMUr du Mit el. apHi atoir amUfài U suriJuune . le P>Ui»CanlUul . le PaUli.Rojal . l'e- \ «IIk de rorstolns Vitrine salul-Bucli k rartt. celle de rkaiNaclMleaTonr<.r«||liiepiruiBUIeelIecUleaudeUoheaen, ' et d*autrei ikUltca encore. Il iimiinil m ISOD, dm un (W \ iviuiu de U pauvreté.

■Oupeuleutoir |p*d«lBlltdaiu Visiter, p. tVU.Udnun* ] ta Ibucde plun itecmt tUlueiou bUiluauUqiK*. « a tdi Clucun de* teri qui uni aii-d<naiu du iiiMiuure.

■ Via. La KouUUiF a encore terU Id omit.

4McoU>i.eP>iua)in.n^auiAi)del)ii.ni.\i>rinaiHUe.«utgtu, ■ mortt KiNuelt IBDutembrelSSa.iriEBdeauUaDle-gaMaM ' d rJoq OMib , «rliKi Pcrraull . >'<< lUt tfDmmrj illiulrrt . tabUu, ^atJ, p. m. Ve grand pelnlrc a pu l'oDUT-leulr atec de ibucroU . non wulenKul c» Kriiicc . nuila t Huiiie . vu rc ilef nlH hit envoie par Fonquet.

> Vlgnler Ut nientica de tji lialui» dr Vénui da» le i>alai de Alchclleu : l'une . luldiil lui , etu» adminblnninn brlie ; «■

OEUVRES DIVERSES

leur appartement et leurs niches , l'Apollon et le Raochus' emportent le prix, au goût des savants : ce fut toutefois Mercure que je considérai davantage, à cause de ces hirondelles qui sont si simples que de lui confier leurs petits, tout larron qu'il est : lisez cet endroit des pro^ menades de Richelieu^; il m*a semblé beau; aussi-bien que la description de ces deux captifs ^ dont H. Desmarests dit que Tun porte ses chaînes patiemment , Tautre avec force et contrainte. On les a placés en lieu remarquable, c'esl-à-dire à Tendroit du grand degré, Tun d'un côté du vestibule, l'autre de l'autre; ce qui est une espèce de consolation pour ces marbres dont Michel-Ange pouvoit faire deux empereurs.

L'uo toatefob de son destin soupire, L'autre parolt un peu moins mutiné.

Heureux captifs! si cela se peut dire D'un marbre dur et d*un homme enchaîné.

Je ne Toudrois être ni l'un ni Tautre Pour embellir un séjour si charmant : En d'autres cas , yotre sexe et le nôtre De l'un des deux se pique également.

Nous nous piquons d'être escla?es des dames; Tous TOUS piquez d'être marbres pour nous ; Biais c'est en yen , où les fers et les flammes Sont fort communs , et n'ont rien que de doux.

Pardonnez -moi cette petite digression; il m'est impossible de tomber sur ce mot d'esclave sans m'arréter : que voulez-vous? chacun aime à parler de son métier, ceci soit dit toutefois sans vous faire tort. Pour revenir à nos deux captifs , je pense bien qu'il y a eu autrefois des esclaves de votre façon qu'on a estimés ; mais ils auroient de la peine à valoir autant que ceux-ci. On dit qu'il ne se peut rien voir de plus excellent, et qu'en ces statues ftlichel-

la croyoit l'ouvrage de Praxitèle (voyez p. 22). C'est probablement celle dont La Fontaine parle ici. Vignier (p. 25 et 49) nomme aussi dans sa liste deux statues de Faustine.

' Vignier fait mention de trois statues d'Ai)ollon , p. 12, 25 et 42 , et de trois statues de Bacchus .p. 27, 43 , 46. Mais le Bacchus dont La Fontaine parle en cet endroit fut transporté depuis par le maréchal de Richeli(^u dans son hôtel à Paris. 11 a pas8é deiuiLs dans la collection du Musée royal , et a été gravé dans la grande collection de Laurent sous la dénomination de Bacrhu^'Richelicu.

» Ce passage forme le commencement de la quatrième promenade , p. 22.

3 Première promenade , p S.

Ange a surpassé non seulement les scoipiMD modernes, mais aussi beaucoup de choieièi anciens. R y a un endroit qui n^est quaa ^i> bauché, soit que la mort, ne pouvant aoiir l'accomplissement d*un ouvra^ qui devoitte immortel, ait arrêté Michel-Ange en €eta* droit-là, soit que ce grand personnage l'akiÉ à dessein , et afin que la postérité reooanitfe personne n'est capable de toucher à une fgÎR après lui. De quelque façon que cela 8oic,JB n'en estime que davantage ces deux capli6,«i je tiens que l'ouvrier tire autant de gloire des qui leur manque que de ce qu'il leur a imi de plus accompli.

Qu'on ne se plaigne pas que la chose ait été

Imparfaite Utinvée, Le prix en est plus grand , l'antenr ploa regnlté

Que s'il l'eût aclie?ée >.

Au lieu de monter aux chambres parlerai degré, comme nous devions en étant ijtt ches, nous nous laissâmes conduire parhe» cierge; ce qui nous fit perdre l'occasioiàk voir, et il n'en fut foit nulle mention. IL è Ghâteauneuf lui-même, qui Fa voit vu, net souvint pas d'en parler.

De quoi je ne lui sais aucnoement bon gré : Car d'autres gens m'ont dit qu'ils aToient admiré Ce degré, Et qu'il est de marbre jaspé *.

Pour moi, ce n'est ni le marbre ni le jvp que je regrette, mais les antiques qui soat a haut ; particulièrement ce favori de l'empeM Adrien, Antinoiis, qui dans sa statue cootesUft de beauté et de bonne mine contre Apoki, avec cette dilltérence pourtant que celui-ci iBnk l'air d'un dieu et l'autre d*un homme^

Je ne m'amuserai point à vous décrire ks Avers enrichissements ni les meubles deoefa* lais. Ce qui s'en peut dire de beau, M. Desôi' rests Ta dit : puis nous n'eûmes quasi pas k loisir de considérer ces choses, l'heure et b

I Ces deux statues , données par Robert Stroui à Pnom)* et par cdiii-ci au connétable de MonlmoRDcy, qai ks !**<' mises à Écouen, et ensuite acquises par le canSsri, iff*' tiennent actuellement au Musée royal de Paris. Uaàmt^ Montpensier en lait aussi menlioii dans ses Mémoirtt. Ifft. XI , p. 586 de Téditionde PetiCot.

* Desmarests en parie, p. 55.

1 3 Vignier en taii mention , p. 90.

LETTRES A MADAME DE LA FONTAINE

Iprge DOiis faisant passer de chambre en ilirp', sans nous ar-n>ier qu'aux originaux AIljeri-Dure , des Tilians', des Poussins, Pà-UQîns, (IcsMantèjpies.ct autres hecos dotit l'espèce est aua» commune en Italie que les . gëndraiix d'armée en Suède.

Il y eut pouruiDt un endroîi où je demeurât . loDg-iemps. Je ne me suis pas avisé de remarquer si c'est un caliinciou une antichambre': ti que ce soit, le lieu est tapi&scde portraits, Pimr la plupart entirou gnuidi Comme iln miroin de loilclle :

Si noiH eiiulum eu plu> de lemiM , Hcritiidp hAtc. uar aulrc fnlerprtk, J» mua diroisde quelle* Reoi.

ous pouvez juger que ce ne sont pas {fens de petite éluffe. Je m'attachai particulièrement au cai-dinal de Richelieu, cardinal qui tiendra ' plus de place dans l'histoire que trente [lapcs ; au duc^ quia hérité de son nom, de ses belles inclinations, et de son château; au feu amiral de Brézé^; c'est dommage qu'il soit mort si ^aase • car chacun en parle comme d'un seibeur qui étoîl merveilleusement accompli, luen auprès de Mars, d'Armand , et de bpluoc. Monsieur le prince ot lui auroienl itrepris de remplir le monde du leurs mcr- •lles: monsieur le prince la terre , et le duc « Brezé la mer. Le pifmier est venu ii bout son entreprise, l'autre l'auroitfbrt avans'il cùl vécu; mais un coup dn cunon la , et l'alla choisir au milieu d'une armée tvale. Je ne sais si on me montra le marquis" ' Madnnr d« Moatpeviim Bon* agipmiil qw la appnrtrrmniti

f. tUftt HnnliMtuIrr. KAiioi»u . an-

1107. 1. XL.p. »T de licotlKilon de rMlliiL

VI/tnlerA^lmnl toiQounrffiin.connne Li trunulnc.

Dli , par b daoifilkn dt Viioan'. qw <** iwrtnttt

lam la chambre m^nif iln cirdiiul , ilnil qur djni l'an-

re el 11* cabinet qui m d^pmdaienl. ( tr eMum nl-

IDd-Jcan dr Tlmrrnt. niMilni'pM'

ul le 10 nd ITIil. n nnil tfiHaé Aniip-Mai^ttKirlIc d'Aclqiil mourut le (Raoul (m.

muml dr MallU-MM, due de Pnwac. Akd-fîrtNlu dir >.mirqnlid«Bc«ié, et dr> Mtoola du Piai*>-lllchf4ka . du raidliul. Il ta tut MT nwr. d-on egup ifci canoo. luInlAte. 1 rigcdt TtogMft Mbit tUàl beiu-trtreda

an-BapItiU! Unadnr, maïqnla lia MiteUm . maiM le S M»-

et l'abbé 'de Richelieu. Il y a toute apparcnca que leurs portraits sont aussi dans ce cabinet , j quoiqu'ils ne fussent qu'enfants lors<|u'on le mil , en l'état qu'il csl. Tous deux sont bien dignes . d'y avoir place. Tant que le nianjuis a vécu, il a été aimé du roi et des belk% ; l'abbé l'est de tout le monde par une fatalité dont il ne faut point chercher la cause parmi les astres*.

Outre la famille de Richelieu', je parcours celle de Louis XIIH. Le reste est plein de nos rois et reines, des grands seigneurs, desgrands personnafjes de France (je tais deux classes des grands personnages et des grands seigneurs, sachant bien qu*en toute ciiose il est bon d'éviter la confusion) : enfin c'cstl'histoiredc notre ' nation que ce cabinet. On n'a eu garde d'y oublier les personnes qui ont triomphé de nos rois. Ne vous allei^ pa^ imaginer iim- j'ent«nde ]>ar>là des Angluis ou des Es|>agiiij[s,' c'est uo peuple bien plus redoutable et bien plus puissant dont je veux parler : en un mot ce sont les Jocondes^, les l)elles Agnès, et ces conquôranlfs

de madame de BeloTak. premlAv remme-dc-chamiire d'Amw d'AulrlchF. Il mourut le II iiril letU.

' ICinmanuel-J(we|>h vli^nerot . comte de tUclidlm , ablid de MamiiiuUvr et do Salol-Ouen île Bniutn. Il ruuunit 1 Venlao li'OiauiIrrlOfiS'

•Vt>. La Fonlaine irait érrll d'almnl : Par mr (otnUU dont (DM mu'guf eMnMHnllll>nn^rVtI■l*lronlpoiMeJI«'■ ^br la rtttut éam In ailrti. Il a LiDIt aa mul* . el hn a ranpUoib en uiierUgne par eciu qu'on Ul dont le laie.

• VI((nliT (|i. 9S) iKHia a|ipreiMl i|iif . lUm l'antichambre de la pUoe ou étoll le panmi du amUnal. Il j avo» Inili granita poriralla en plnl i celui de Louii Dupigdi , vMiinnir île Uluhe- Ucu . de l.a Vertolln', du Ctiillmi . etc. . gnDd-|itrc de aoD émtnenee; eelol de Prufdi Pupteoit, n-and.pmA( de riUHel . cajiilBtniiilM g)nle^u-Don">pteedeiiMi Aniiieucei et oriri ■ de niadaroc SuuniK Ht La finit . ta uiAre. Sur i|ugl VIgnIer (ail cea ten , qui donnenail une TiWe du bim gaAt de cet inleiiM

^ t Dam une p^éee dépmlaiiln de b chauritrc de la tcUk . on ntyaU In |><^^rBib de lletnl IV. dr HATle de MMIrli. de lAutoXia, d'Anued'Aatrtrtte.eldu duc d*Orlf an» i et itana d« latm TijMnn. celui île tiiHUie-.tduIplM , en (iltiil . el eeliri d*la reine d'AnglvUrrre . [H'inl par VindliJi. • {VlguHT. p. TI, Kl. MO

■ 1.5 PnntJlnr Antmr in Irpurtr»» A- Mnnna IJh. dUeU fnr-.-'- - çi.. ,.,...> ,.rf. f, .......... M mncoudo.

illustres sans qui Henri quatrième auroit été un prince invincible. Je lés regardai d'aussi bon cœur que je voudrois voir votre oncle à cent lieues d'ici.

Enfin nous sortîmes de cet endroit » et traversâmes je ne sais combien de chambres riches, magnifiques, des mieux ornées, et dont je ne dirai rien; car de m'amuser a des lambris et à des dorures, moi que Richelieu a rempli d'originaux et d'antiques, vous ne me le conseil*leriez pas ; toutefois je vous avouerai que l'appartement du roi m'a semblé merveilleusement superbe : celui de la reine ne l'est pas moins; il y a tant d'or qu'a la fin je m'en ennuyois\ Jugez ce que peuvent faire les grands seigneurs, et quelle misère c'est d'ôtre riche : il a fallu qu'on ait inventé les chambres de stuc où la magnificence se cache sous une apparence de simplicité, n est encore bon que vous sachiez que l'appartement du roi consiste en diverses jnèces, dont l'une, appelée le grand cabinet', est remplie de peintures exquises : il y a entre autres des Bacchanales du Poussin^ et un combat burlesque et énigmatique de Pallas et de Vénus d'un peintre que la concierge ne nous put nommer^. Vénus a le casque en tête et une longue estocade. Je voudrois pour beaucoup me souvenir des autres circonstances de ce combat et des différents personnages dont est composé le tableau , car chacune de ces déesses a son parti qui la favorise. Vous trouveriez fort plaisantes les visions que le peintre a eues. 11 fait demeurer l'avantage à la fille de Jupiter : mais à propos elles sont toutes deux ses filles; je voulois dire à celle qui est née dans son cerveau. La pauvre Vénus est blessée par son en-

* Voyez Deflinarcsts , p. 54.

■ Voyez Desmaresto. promenade viii, p. !FÏ.

3 L'un de ces tableaux rcprésentoit le banquet de Silène t rauU% le triomphe de Bacchus . dont le char, tiré par des centaures , étoit suivi par des uiénades Jouant de divers instruments. Voyez Viffiiier, p. 62 et 63.

4 Ce tableau étoit du Pérugin , le inattre de Raphaël. Voici comme Vignier (i)age 85} le décrit : « lie tableau représente un combat de l'Amour et de la Chasteté. L'on y voit quantité de petits Amours : les uas tirent des femmes par les cheveux , et les autres avec des cordons de soie . étant tous armés de flèches d*or et de toutes M)rtcs d'instruments propres à l'Amour. La Chasteté brise leurs traits et leurs arcs , en bat d'autres avec leurs flaml)eaux . et en tire pareillement par les cheveux. On \oit dans b; lointain toutes les métamorphoses que l'Amour a causées. » Dcsmarests a décrit aussi ce tableau en vers dans sa huUième promenade , p. 58.

nemie. En quoi Touvrier a represeoté kscbi sçs non comme elles sont , car d'ordinaire c ci la beauté qui est victorieuse de h vertn, wà plutôt comme elles doivent être : assurémoiB maîtresse lui avoit joué quelque mauvais tMr.

Ce grand cabinet dont je parle est acooapgné d'un autre petits où quatre tableauiplài de figures représentent les quatre âénak. Ces quatre tableaux sont du {RetnimuuU');h concierge nous le dit, si je ne me trompe; « quand je me tromperois, ce n*en seroîaitpK moins les quatre éléments. On y voit des fan d'artifice, des courses de bague , des carrooRk, des divertissements de traîneaux, et vam gentillesses semblables. Si vous me demab ce que tout cela signifie, je vous répondrai fie je n'en sais rien ^.

Au reste le cardinal de Richelieu, amm cardinal qu'il étoit , a eu soin que son ddÉa fût suffisamment fourni de chapelles :iiv ai trois , dont nous >1mes les deux d'en haot'; pv celle d'en bas, nous n'eûmes pas le tofi de la voir 4, et j'en ai regret» à cause d'oe ni Sébastien que l'on prise fort. Dans roneè celles qui sont en haut je trouvai l'originil è

' C'étoit le cabinet de la reine. Voyez Ti^^ier. p. 71.

* Vâb. La Fontaine a edacé dans le mannscrit b nos * Rembrandt, et n'en a pas subsUtué d'aatre. ( Vofezp.nià manuscrit, t. II.) On Terra ci-aprèfl qu'on l'avoit trompé.» (pi'il s'en doutoit.

avisnier nous apprend ce que tout cela tv^nifuU. décrit, p. 76 de son livre, ces quatre tableaux de la nuatraK vante : c Au-dessus du lambris on voit jusqu'au hautdo {riM quatre tableaux dans leurs c-adres , représentant les qa^néments. Le premier représente la terre . ou le trioiifhe è Louis Xm . pour la naissance de sa majesté i \vé>ad npam, et de Monsieur. Le second représente l'air; c'est bk àv d'oLseaux, où madame la dudieaw de Lorraine pvtA mt toutes les dames de la cour, moolées nir de supert>e cbnv. Le troisième représente le feu pv des feux d'artito tM dr nuit au milieu d'une place environnée de bÂtimeots.ÈtlefBtrième, qui représente l'eau, fait voir les divertiiMiirdfe^ dames et des galants de Hollande durant U glace. Les i^ sont de Drcvet, et les paysages de Claude Lorrain. • Dwiresls, dans sa huUième promenade, p. 36» a aussi decrta vers ces quatre tableaux: et , si La Fontaine laToil la iwe* tciilion . U auroit su par lui ce que ces tableaux ivpréObM.

4 C'est précisément celle d'en bas qui parott avoir été ta{» cipale chapelle. Desmarests la décrit en ces termes:

Mais il faat avant tout rendre l'bonneor • Dicn : Sou* cr pavillon gauche allons voir le «aint licK. Ceat Taui^ustc chapelle , on vingt blaocbe* coloanci Ont leur* chapiteaux d'or, comna» autant dcconreano; En la baM , en la frite , et dana U voûte eocor. Du blanc la douceur règne avec celle de l*or. Que d'illostret ubleaux ornent ces feinte pnrtiqaw ! i^w de nobles cnrant» dct grandti pttatrr» antîqM* :

LETTRES A MADAME DE LA FONTAINE

(!ttc domlon i^ue notre cou»n a feit mettre sut' |k cheminée de la salle. C'est une Madelainedu !UiaD , grosse et fiasse , ei fort agréable ' ; de taux tétons conimc aui pi-eraiers jours de sa (éiùtencc, auparavant que le jeûne eût conimec d'empiéter sur elle. Ces nouvelles pénimies sont dangereuses, et tout homme de e~sain entendement les fuira.

II uie semble que je n'ai pas parlé trop dévo- ., tenienl de la Madelaine ; aussi u'csi-ce pas mon ^^frit que de raisonner sur des matières spiri- ^Hpelles, j'y ai ou mauvaise grâce toute ma vie : ^Vesl pourquoi je passerai suus silen<;e les rarc- ^pës de ces deu\ chapelles, et m'arrôteni seulement à un ^ai^t Jérôme tout de piéties l'apporlécs, la plupart gi-andes comme des têtes d épingles, quelques-unes œnime desciron»-. Il n'y en a pas une qui n'ait été employée avec sa couleur; cependant leur assemblage est un saint Jérûme si adicvé que le pinceau n*auroit pn mieux faire : aussi seniblw-il que ce soit peinture, même à ceux qui regaitlent de prt-s cet ouvrage. J'admirai non seulement l'ailifiee , ais la patience de l'ouvrier. De quelque façon le l'on considère son entrcpiisc , elle ne peut re que singulière.

Et dar» l'arl de Diieler ■, L'aulciir Je ce taiiit itfùm»

DfToil uiu doute eiceller Sur tuui les gens du myaimie.

Ce n'est fias que je sache son pays, pour en irler franchement , ni même son nom ; maïs est bon de dire que c'est un François, afin ^le faire paroitre celte merveille d'autant plus rande. Je voudrob* pour comble de nivclerk^, [u'un autre eulreprlt de compter les pièces qui I cuiiipOM'nl.

Mais ne passerois-je pas moî-inéme pour uu

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