XV L A M["« LA DUCHESSE DE BOUILLON
Château-Thierry, juin 167 t.
Je ne saisr, madame, qu'écrire à votre altesse qui soit digne d'elle , et qui puisse la réjouir. II m*a semblé que la poésie s'acquitteroit mieux de ce devoir que la simple prose. Il m'a encore paru qu'il vous falloit donner un nom du Parnasse. Je crois vous avoir déjà donné celui d'Olympe en des occasions de pareille nature. Ne pourroit-on point mettre en chant ces paroles?
Qn'Olympe a de beauté , de grâces , et de charmes ! Elle sait enchanter les esprits et les yeux. Mortels, aimez-la tous; mais ce n'est qu'à des dieux Qu'est réservé l'honneur de lui rendre les armes.
Ce que je vais ajouter n'est pas moins vrai , et m'a été confirmé par des correspondants que j'ai toujours eus à Paphos, à Cythère, et à Amathonte. Je me doutois bien que cela seroit, et m'en étois déjà aperçu la dernière fois que j'eus l'honneur de vous voir.
La mère des Amours et la reine des Grâces C'est Bouillon; et Vénus lui cède ses emplois. Tout ce peuple à l'envi s'empresse sur vos traces , Plus nombreux qu'il n'étoit , et tout fier de vos lois.
Vous fîtes dire l'année passée à M. de La Haye» qu'il eût soin que je ne m'ennuyasse point
< Sur ce qui concerne la duchesse de Bomiion, voyez p. 536, 2« colonne, note 4. Voyez aussi Loret (Gazette historique, liv. Xm . p. 58 . lett. XV, en date du 22 avril 1662). Loret nous apprend que ce fut l'évêque de Mirepoix qui maria la duch^se de Bouillon ; que les noces se firent chez la princesse de Soissons, et que le roi et la reine s'y trouvèrent.
> M. de La Haye «^toit prévit an duc de Bouillon à Chiteau-
Peat-on s'ennuyer en des lieux Honorés par les pas , éclairés par les yeoz
D'une aimable et vive princesse , A pied blanc et mignon , à brune et loogue ireiR? Nés troussé c'est on cbarme enoor sdon raoo koi.
C'en est même on des plos pnissanls.
Pour moi , le temps d'aimer est passé , je l'afooe;
Et je mérite qu'on me loue
De ce libre et sincère aven , Dont pourtant le poUic se souciera très pea. Qoe j'aime oo n'aime pas, c'est pour lui mémeckie;
Mais, s'il arrive qoe mon oœur Ketoume à l'avenir dans sa première erreur. Nés aquilins et longs n'en seront pas la cause.
xvu.