A MADEMOISELLE DE CHAMPMESLÉ
Château-Tbierry, ce jeudi 12 ICIi
Je suis à Cbaûry % mademoiselle; jogeiâf dois penser à vous , moi qui ne yousoublienii point au milieu de la plos brillante cour. ILb* cine avoit promis de m*écrire : pourquoi v Ta-t-il pas fait ? Il auroit sans doute parlé è vous , n'aimant rien tant que votre charmaiP personne : c'auroit été le plus grand soulagement à la peine que j'éprouve à ne plusTos voir. S*il savoit quej'ai suivi en partie lesc(»seils qu'il m'a donnés, sans cesser pourtat d*étre fidèle à la paresse et au sommeil , il » roit peut-être par reconnoissance mandé de ^ nouvelles et des siennes : mais véritablemestf Texcuse ; aussi bien les agréments de vouf société remplissent tellement les cœurs, (p toutes les autres impressions s'afToiblisseiiL
Que vous aviez raison, mademoiselle, de ire qu'ennui galoperoit avec moi devant qoe ]é perdu de vue les clochers du grand village^! c'est chose si vraie que je suis présentemot
Thierry. Ce fut lui qui joua le savetier dans les Rieurs dt Bf» Richard. Voyez p. 2«8 et 652.
> Sur mademoiselle de Champmeslé . voyei Vaisloire à ^ vie et des ouvrages de Jean de La /entamé, irokiÊDe^ Uon . 1824 . in-8o. p. 255 à 281 ; et VHUtoit'e ^u Théélrt K çois , par les frères Parfaict , t XI V.
» Abréviation du nom de Châleau-Thierry. encore « oar aujounl'hui dans celte ville.
3 lies clochers de Paris.
LETTRES A DIVERS
runc uiélancoiie qui ne poun-a , je le sens, se dissiper qu'à n>on retour à Parts.
A putrir lia alraliiUiro, . Oui, CbarnpniFsIé laura niieui Taire t Que de FagOD' toul te Ulenl,- I Pour miM , j'oie alDnner d'aiaoce f Qu'gd huI insUnt île h présenre
Peul iiic guérir iDcaDlineuI.
Bois, champs, ruisseaux, et nymphes des prés, me' louclienl plus guère, depuis qu'avez eiicbainé le bonheur près de vous ; aussi compie- |e partir bientôt. Toutefois je m'occupe si peu de mes affaires que je ne sais quand elles finiront. Ces! chose de dégoûl que compte', vcnle, arréiagfs ; parler votre Iangaf;e est mieux mon foit '. mais n'allez pas imaginer que je prétende parler si bien que vous, c'est chose impossible et que ne tenterai lie ma vie.
Voudrez-vous engager M. Racine à m'ècrire; vous ferez leuvre pie. j'en réponds. J'espère qu'il me parlera de vos triomphes; en quuî je suis d'autant persuadé que la uiaiicre i>e lui
manquera pas. Je mcflatle qu'il m'écrira au»si que vous jfensez à moi, assurant que ce me sera b nouvelle la plus agréable 6 apprendre, r«t que Jamais ne trouverez de serviteur plus
id^c ni plus dévoué que
DE LA PCmXAINE.
XVlll. — A LA MEME.
LETTRE ÉCRITE DE LA CAHPAbNE, LN 1(178.
r Comme vous êtes la meilleure amie du monde , aussi bien que la plus agréable, et que vous prenez beaucoup de part à ce qui regarde vps amis , il est ù pi'opos de vous mander ce que font ceux qui ne vous ont pas suivie. Ils boiveiK , depuis le malin jusqu'au soir, de l'eau . du vin , de la lîmonatle , et cœiern; rafraîchisseisents légers fi qui est privé de vous voir. La
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chaleur et votre absence nous jetleni tous eu d'insupportable» langueurs. Quant à vous , mademoiselle , je n'ai pas besoin que l'on me mande ce que vous faites : je le vois d'ici. Vous plaisez depuis le matin jusiju'au soir, et accumulez cœurs sur cœurs. Tout sera bienlôt au roi de France et à mademoiselle de Champ- Rieslé '. Hais que font voscounisans?car, pour ceux du loi , je ne m'en mets pas autrement en peine. Charmez-vous l'ennui , le malheur aii jeu , toutes les autres disgrâces de M. de La Fare'? et M. de Tonnerre' rapporte-t-il toujours au logis quelque petit gain ? Il ne sauroil plus en faire de gi-ands après l'acquisition de vos bonnes grâces. Tout le reste n'est qu'un surcroit de peu d'importance , cl quiconque vous a gagnée ne se doit que médiocremeni réjouir de toutes les autres fortunes. Mandezmoi s'il n'a point entièrement oublié le plus fidèle de ses serviteurs , et si vous croyez qu'à son retour ii continuera de m'Iiouorer de ses niches et de ses brocards.