XX. — A M. RACINE
Du B juin I68«. CUtetu-Thirary.
Poignan*, à son retour de Paris, m'a dît que
m silence en fort mauvaise part :
Wtltr •gii'lt lïwlmll t)m' de cette lnter|irtutlnn. nowirl diiiiiiji t» dtiiilitfAn <k t'frMMilFCandan enion. et fat hlt«T«i|Ui' 4eUrinxfB HHI. LVr^qiwile (kudmn . t l'i'p<>i|>ir t iai|d*IJr Ln FiBlahie feriirolt cHle lettre, ttolt Jiculi r.njunite Hitlgaaa . de la mdioi de* conilH de TherljUi]'- U niM^ila l Vun- ■uet . et tut tacrf t Tarfa en t8T3| il twu ^hpie de Cooduni )i»|u*au mntideteptenibre IBaS. qu'il» dAnlIdcHO eiMM pour lerqiin- inie thbtrr.p/ttyrt le r.<rflln rhililUma . ir», lii-Iiili».l.u:p.V74.IAiir»le,c« inltlilei pourraient Uni l'értifut dt oininilnj'*, <"i ilt
ni intimrdr I-i Fnntilnr et dt KidM. Vnm . fw rc ^rt
d'autant plus qu'on vous avoii assuré que je iravailloîs sans cesse depuis <iuc je suis à Ctiâieau- Thierry, et qu'au lieu de m appliquer à mes aflaires je n'avois que des vers en léte. 11 n'y a de tout cela que la moitié de vrai : mes adirés m'oocii|icnI autant qu'elles en sont dignes, c'està-dire nullement ; mais le loisir qu'elles me laissent , ce n'est pas la poésie , c'est la pai'cssc qui l'euiponc. Je trouvai ici, le lendeiiiain de mon arrivée, une lettre et un couplet d'une fille âgée seulement de huit ans,- j'y ai répondu ; c'a été ma plus forte occupation depuis mon ai'rivée. Voici donc le couplet, avec le btllet qui l'act^mpagne :
• Quand je veui fïire une cbaowin ( An parlait la Funlninc,
• Je ne puii tirer rien de Imd ( De nin Ilniidc leine.
• Elle eatbvmblaale Ace tnumeat, • Je n'en «ail pas nirprke;
■ DeianllDinKinroibletaleal cr Ni< peul élre de mise.
t Je eroii en lérilë que ]e ne aérait faïuali parrenue t
• fkiretmeehamuapoiirvoui, nioiuiear,ri je n'aToiten t (uedem'cnalUrer u<)edei*6lre*i nwa meraieiproi iniic . et toia aiei altaire A une pertonne {fià est lits ■ >ur«csiulér^li:sonfrailue)evuuiauauin()raijusqu'Ace ( i|iie Tinu ni'aiextenu lolrcparule. De grâce, moiuieur,
• ne ntfgliga point ime (lelUe mucc qui puiirruit pane-
• nir >i lotu lui jelin un reiiard bioraUe. > ,
Ce couplet et cette lettre, si ce qu'on me mande de Paris est bien vrai, n'ont pas coAté une demi-heure à b demoiselle, qui quelquo fois met de l'amour dans ses cltansons , sans savoir oe que c'cxl qu'amour. Comme j'ai vu qu'elle ne me laisseroil point en repos i]ue je n'eusse éciit quelque chose pour elle, je lui ai envoyé les trois couplets suivants : ils sont sur le même air.
I^tile , ton* Mie* joHinnil l.cltra et ehiraonnettea
Queli|Do grtins d'atnnur Kllfs •eniieijl parlailea.
Quant ««s n>ini> au nrnir hhiI Une muH ail plaire.
iKOWceme , l'UUIalit de I
, edltttindriug.li
. rU (1 <Ut BHoragit de J.it La
. mu. iD-f , p. iii «t la Hé-
larMf , din> lei OF.Mt: et dt Ko-
OEUVRES DIVERSES
Jeuoe Paule» trois aus de plus Font beaucoup à l'aCEaire.
Vous parlez quelquefois d'amour,
Paule , sans le connoftre ; Mais j'espère tous yoir uo jour
Ce petit dieu pour maître.
Le doux langage des soupirs
Est pour vous lettre close :
Paule , trois retours de zéphyrs
Font beaucoup à la chose.
Si cet eufant dans vos cbansoos
A des grâces naïves, Que sera-ce quand ses leçons
Seront un peu plus vives/ Pour aider l'esprit en ses vers
Le cœur est nécessaire :
Trois printemps sur autant d'hi\ers
Font beaucoup à l'afraire.
Voyez , monsieur, s*il y avoit là de quoi vous fâcher de ce que je ne vous envoie pas les belles choses que je produis. Il est vrai que j*ai promis une lettre au prince de Conti ; elle est à présent sur le métier : les vers suivants y trouveront leur place.
Un sot plein de savoir est plus sot qu'un autre homme ';
Je le fuirois jusques à Rome;
Et j'aimerois mille fois mieux
Un glaive aux mams d'un furieux ,
Que l'étude en certains génies.
Ronsard est dur, sans goût , sans choix , Arrangeant mal ses mots , galant par son (rançois Des Grecs et des Latins les grâces inGnies. Nos aïeux , bonnes gens , lui laissoient tout passer, Et d'érudition ne se pouvoient lasser.
C'est un vice aujourd'hui : l'on oseroit à peine En user seulement une fois la semaine.
Quand il plait au hasard de vous en envoyer. Il ûiut les bien choisir, puis les bien employer. Très sûrs qu'avec ce soin on n'est pas sûr de plaire. Cet auteur a , dit-on , besoin d'un commentaire , On voit bien qu'il a lu; mais ce n'est pas l'affaire : Qn'il cache «on savoir, et montre son esprit. Hacan ne savoit rien; comment a-t-il écrit? Et mille autres raisons , non sans quelque apparence. Malherbe de ces traits usoit plus fréquemment ; Sous lui la cour n'osoit encore ouvertement
Sacrifier à l'ignorance.
Puisque je vous envoie ces petits échantillons, vous en conclurez , s il vous plait, qu'il est faux que je fasse le mystérieux avec vous. Mais , je
' iMolière a dit :
Un iot ^av4o( est 50tplua qu'un »ot ignorant.
TOUS en prie, ne montrez ces derniers fen à personne ; car madame de La Sablière m b>
pas encore vus.