‹ Œuvres completes. avec introduction et commentaire (volume 2)Chapitre 13 sur 203 · A JANOT PARISIEN · texte numérisé non relu

A JANOT PARISIEN

À qui donnai-je2 ces sornettes, Et ces mignardes chansonnettes ?

Epirions. — Livret de folastries, 1553. — Continuation des Amours, 1555 (Paris ; 1557, rééd. de Rouen); 1557 (Paris). — Œuvres, (section des Poëmes) 1560, 1567, 1571, 1573, 1578; (section des Gayetez) 1584, 1587 etéd. suiv. — Livret de folastries, 1584 (contrefaçon de 1553).

Titre. 5-78 Gayeté (sans dédicace) | 84:87 Gayeté I (sans dédicace)

1. 71-78 À qui don’ray-je | 84-87 texte primitif | 97, 1604-1617 donray-je | 1623 don’ ray-je | 1630 donrray-je

1. 57-67 par erreur ces sonnettes (éd. suiv. corr.) | Les leçons de 67 donnai-je e/ sonuettes sont certaines, malgré les gratlages constatés sur deux exemplaires, celui de l’Arsenal et celui de l'éditeur A. P. Garnier.

1. D’après le titre et la dédicace que Blanchemain a adoptés pour ce recueil de pièces (Œuvres de Ronsard, t. VI, p. 341), on pourrait croire qu’une des anciennes éditions qu’il prétend reproduire, notamment celle de 1560, a révélé Jean-Antoine de Baïf comme le personnage désigné ici sous le surnom de Janot. Il n’en est rien. Néanmoins je pense qu'il s’agit bien de ce compagnon d’études de Ronsard, auquel seul peuvent s'appliquer les allusions de cette dédicace. A vrai dire Baïf estnéà Venise, mais il a été élevé et instruit à Paris, et Ronsard pouvait très bien le qualifier de Parisien. En avril 1553 ces deux plus anciens élèves de Dorat étaient encore intimement liés (leur première rupture date de 1554), et Baïf avait glorifié Ronsard non seulement dans les liminaires des Odes et des Amours, mais dans une pièce lyrique de ses propres Amours (décembre 1552). Il est d’ailleurs vraisemblable que les Amours de Baïf, si pleines de « mignardises » catulliennes et néo-latines, aient décidé Ronsard à publier son recueil de Folasiries, comme le pense Marcel Raymond (Influence de Ronsard sur la poésie française, thèse de Paris, Champion, 1927, tome I, p. 139 et suiv.) — On a conjecturé que ce Janot était Jean-Pierre de Mesme (Avant-propos de la réimpression des Folastries par Jules Gay, 1862). Mais l'argument invoqué, à savoir que ce personnage, étant bâtard, ne devait pas porter le nom patrony= mique, n’a aucune valeur. La Croix du Maine, dans sa Biblio. française, dit seulement que J. P. de Mesme était « fils naturel, comme l’assurent aucuns », et non pas qu'on le nommait par suite Jean tout court, encore moins Janot. On sait d’ailleurs qu'il a signé certaines de ses œuvres I. P. D. M. — Voir ci-après les Isles fortunées, vers 69 et la note.

2. Ce n’est pas, comme on l’a cru, une forme du passé, mais une graphie courante du présent, pour donné-je, qui est la graphie actuelle du présent interrogatif. On trouve de même au xvi° siècle: puissai-je pour puissé-je; eussai-je pour eussé-je; fussai-je pour fussé-je (v. ci-après les

À toy mon Janot, car tousjours Tu as faict cas de mes amours, Et as estimé quelque chose Les vers raillars * que je compose :

Aussi je n’ay point de mignon, Ny de plus aymé compagnon, Que toy, mon petit œil, que j’ayme Autant ou plus que mon cœur mesme, Attendu que tu m'aymes mieux, Ny que ton cœur, ny que tes yeux 2.

Pource, mon Janot, je te livre Ce qui est de gay dans ce livre, Ce qui est de mignardelet Dedans ce livre nouvelet.

Livre que les sœurs Thespiennes5, Dessus les rives Pympléennes, Ravi, me firent concevoir,

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