‹ Œuvres completes. avec introduction et commentaire (volume 2)Chapitre 153 sur 203 · Des hommes hostes inhumains · texte numérisé non relu

Des hommes hostes inhumains

Éprrions : Les Amours (appendice) 1553, 1557 (Rouen). — Les Quatre premiers livres des Odes (3° édition), 1® livre, 1555. — Œuvres, Odes, 1560 et éd. suiv.

1. Cette strophe vient d’Hésiode, Travaux el Jours, vers 90-93, 102- 105, ou bien d'Horace qui s’en est inspiré, Carm., [, ur, 25-40. Quant aux. deux derniers vers, ils font allusion à un mythe que raconte Homère, Il. XXIV, 527-533, et que Ronsard a repris plusieurs fois, par ex. dans, lépitre à Odet de Coligny : L'homme ne peut scavoir (xs59)- ee

Sur la crise de mécontentement et de mélancolie qui a fait écrire à Ronsard cette pièce et la précédente, v. mon Ronsard poète lyrique, p.12.

Donc, si vous me croïés, mignonne :

Tandis que vôtre âge fleuronne En sa plus verte nouveauté, Cueillés, cueillés vôtre jeunesse Comme à cette fleur, la vieillesse Fera ternir vôtre beauté :.

1. N. Richelet dans son commentaire des Odes (1604) cite pour

celle-ci trois sources : 1° ce distique du poète napolitain Angeriano: Pulchra brevi duras, rosa, tempore, forma brevique Tempore, sic formae par, rosa, tempus habes ;

2° cette phrase de Pline au livre XXI de son Hist. nat. : « Natura flores odoresque gignit, magna (ut palam est) admonitione hominum, quae spectatissime floreant celerrime marcescere »; 3° ces vers de Nemesien, églogue 1v (attribuée depuis à Calpurnius, égl. xt):

Non hoc semper erit; perdunt et gramina flores, Perdit spina rosas, nec semper lilia candent,

Nec longum tenet uva comas, nec populus umbras ; Donum forma breve est.

Mais ce sont plutôt des rapprochements et l’on pourrait en faire bien d’autres, car ce thème élégiaco-lyrique avait été traité maintes fois avant 1553 par les poètes grecs, latins, italiens, néo-latins et français. Pour moi, Ronsard s’est surtout inspiré d’Ausone, Idylle xiv, dont B. Despériers avait publié une paraphrase : l’apostrophe à la Nature, commune aux deux pièces, suffirait à le prouver. Il s’est souvenu en outre, pour le mouvement général et la comparaison plus directe entre la femme et la rose, du poëte napolitain Pontano, Amor. lib. I, Ad Fanniam : « Puella molli delicatior rosa.. », pièce dont A. de Païf avait publié une paraphrase dans ses Amours en décembre 1552 : Melinelle, plus douillette... » — Sur le caractère populaire et la fortune littéraire de ce thème, v. Henri Guy, Réflexions sur un lieu commun (Bordeaux, Gounouilhou, 1902) ; sur l’incontestable supériorité de Ronsard, v. mon Ronsard poëte

lyrique, pp. 58r-59x.

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