Jamais l’hyver lors quand (71-87 que) tu pars
qu’on appelait encore « violette de Marie » (si l’on en croit Cotgrave), Ronsard en a encore parlé dans le sonnet J'aime la fleur de Mars,ret lélégie J’ay ce matin amassé de ma main.
1. La violette en mars est souvent blanche ou pâle. Amadis-Jamyn dit de son côté « la blanche violette » (Œuvres choisies, éd. Ch. Brunet, Il, 226).
cr
Hors de la terre, ne te face Pancher morte desus la place :
Aïns toujours maugré sa rigueur, Puisses-tu de ta belle fleur
Nous anoncer que l’an se vire Plus dous vers nous, & que Zefire Apres le tour du facheus tans Nous ramene le beau printans :.
A LA FONTEINE BÉLERIE: [p.156]
Je veus, Muses aus beaus yeus, Muses mignonnes des Dieus, D’un vers qui coule sans peine Loüanger une fonteine 5.
27-28. 60-87 Aïns toujours maugré sa (87 la) froideur Puisses-tu de ta soive (el soefve) odeur
Éprrions : Cingieme livre des Odes, 1553. — Œuvres, Odes, 5° livre, 1560 et éd. suiv.
Titre. 60-67, 73 Ode x1 | 71 Ode xrr (pour x1) | 78-84 Ode x | 87 Ode xt
1. Ces souhaits à des plantes sont fréquents chez Ronsard, à l'imitation des poètes italiens et néo-latins. Voir par ex. le sonnet de 1552 Picqué du nom, le poème sur Le Hous (fin), l’ode Bel aubespin, l'élégie à Genèvre Ce me sera plaisir, le sonnet à Hélène Je plante en ta faveur, et l’ode suivante, qui contient des souhaits à une fontaine et aux herbes de ses bords (vers 141 et suiv.).
2. Sur cette source, voisine de la Possonnière (manoir des Ronsard dans le Bas Vendomois), voir les tomes I, p. 203, note 2; If, p. 14; et mon édition critique de la Wie de Ronsard, p. 227.
3. Cette pièce est une véritable « folastrie » ou encore un « blason » par le sujet, le ton, les procédés de composition et même le rythme, qui correspond à celui des hendécasyllabes phaléciens, « molliculi ac parum pudici versiculi » comme dit Catulle. — Elle a été inspirée par deux pièces du poète néo-latin Ant. Flaminio, l'ode O fons Melioli sacer, et l’élégie Cur subito fons turbidule (aux livres I et IV des Carmina), qu, elles-mêmes s’inspiraient de Pétrarque, canzone Chiare, freschee dolci acque. Pour l'étude détaillée, v. mon Ronsard poète lyrique, pp. 116, 438, 458 et suiv.
so
Tresse aus Zefirs vagabonde Comme Cerés émouvant La sienne aus soupirs du vent: :
Tresse vraiment aussi belle Que celle d'Amour, ou celle Qui va de crépes reflôs Frapant d’Apollon le dôs.
C’est toi belle fontenéte, Où ma douce mignonnéte A miré ses deus beaus yeus, Ainçois deus astres des cieus, Que la gaie Pañenne, La brunete Cyprienne 2 Sur ceus des Graces loüroit, Et pour siens les avoüroit, Tant leur mignotise darde D’Amours à qui les regarde.
C’est toi qui dis mile fois As relavé les beaus dois De ma douce Cassandrete, Dedans ta douce ondelete :
Dois qui de beauté veincus Ne sont de ceus de Bacus5,