Détail emprunté à Marulle, Hymnus Baccho
Jam jam citatis terrae reboant sola pedibus, Oculisque negat medium nubes pulverea diem, Gregibus cinctutis Evantum deproperantibus.
Ronsard le trouvait également dans Flaminio, op. cit. : ... jam choris, jam videor nemorivagis Celer interesse turmis, evoe mihi sola sub Pedibus tremunt, #ubes evoe pulverea diem Mihi tollit .....
11 l’a repris ainsi dans l'Hymne de Bacchus : Ja ja la nue poudreuse oste le jour aux cieux, Tant les champs sont foulés du troupeau des Evantes Qui vont jusques au ciel les poudres élevantes.
3. Les épithètes de cette litanie, sauf celles de Pere et de Satyre, sont
empruntées à un des Hymnes Orphiques (éd. des Orphica par Eug. Abel,
Rs Re
Ta fureur me gette
Hors de moy,
Je te voy, je te voy,
Voi-te-cy,
Rompsoucy :
Mon cœur, bouillonnant d’une rage, Envole vers toy mon courage 1.
Je forcene, je demoniacle,
81. 53, 1604-1617, 1630 Voite-cy (j'ai adoplé la correction de 1623)
p. 74, n° xxx). Celle de « Père », qui parait plusieurs fois dans cette pièce, comme dans les Bacchanales (v. letome III, p. 197) et à la fin de la Folastrie vis (ci-dessus, p. 46, vers 77 et suiv.), vient des poëtes latins (Horace, Carm., 1, xvin, 6 ; Properce, III, xvrr, 23 Ovide, Fastes, II, 775) et néo-latins (Marulle, Flaminio, op. cit.). Celle de « Satyre » est plus rare: bien qu’on ait assimilé Bacchus aux divinités champêtres qui l’escortaient (Decharme, Mylh. gr., p. 412), on ne la trouve en grec qu’une seule fois, dans l’ Anthologie palat., IX, 524 (v.l’éd. Didot, t. II, p. 107), où Marulle l’a prise (v. ci-après, note du vers 278). — Protogone est le mot grec xpwTOYovoc, premier-né (H. Orph. xxx, 2) ; d’après la doctrine orphique, Bacchus est le premier être sorti de l’œuf du monde (je remercie mon collègue A. Boulanger de l’obligeante communication qu'il m'a faite à ce sujet). — Evastire est le mot grec eÜa3t#o, qui pousse des cris de joie(H. Orph. xxx,1; cf. XLV, 4 et LIN, 7: eddtov. — Doublecorne est calqué sur le grec txéotwe, qui a deux cornes (H. Orph. xxx, 3). Ronsard lisait aussi dans Marulle (op. cit.) bicornis. — Agnien correspond au grec &yv0s, qui est pur (H. Orph. xxx, 4). — Œiltaureau est calqué sur le grec Taupwr06, qui a un regard de taureau (CH. Orph. xxx, 4). — Martial correspond au grec &ontos (H. Orph. XXx, 4). Ronsard lisait aussi dans Marulle (op. cit.) Martie : allusion à la Gigantomachie et à la conquête des Indes par Bacchus. — Evien correspond au grec ebtos (H. Orph. xxx, 4) et au latin Evius — qu’on invoque au cri de evoë. — Portelierre est calqué sur le grec 21090{pu0c H. Orph. xxx, 4) et le latin hederiger, appliqué par Catulle, Lxm, et Marulle (op. cit.) aux compagnons de Bacchus. — Omadien correspond au grec pLédtos — qui aime la chair crue (H. Orph. xxx, $). — Triete est le mot grec tetitns — dont la fête est triennale (H. Orph. xxx, 5), synonyme de Trieterique, vu ci-dessus au vers 18. 1. Imité de Flaminio, Carm., I, Ad Bacchum :
Evoe, vagus abit animus, evoe tremula flagris
Mihi terga quatit furor.
Repris par Ronsard dans l’Hymne de Bacchus :
Jay perdu, cuisse-né, mon vagabond courage,
I] suit ton saint orgie, emporté de ta rage.
L’horrible vent de ton oracle, J'entens l'esprit de ce bon vin nouveau, Me tempeste le cerveau.
Jach ïach Evoé, Evoé ïach ïach.
Une frayeur par tout le corps Me tient: mes genoux peu fors À larriver de ce dieu tremblotent, Et mes parolles sanglotent Je ne scay quelz vers insensez, Avancez avancez avancez Ceste vendange nouvelle, Voicy le filz de Semele, Je le sen dessus mon cœur S’assoir comme un Roy vainqueur.
J'oy les clerons tintinans, Et les Tabourins tonnans, J'oy autour de luy le Buys Caqueter par cent pertuis, Le Buys Phrygien 2, que l’Antourée 5
86-88. 1617,1630 L’horrible vent de ton oracle J'entens, l'esprit de ce bon vin nouveau Me tempeste le cerveau (texte fautif agoravé par BI. qui met un point-et-virgule après J’entens) | 1623 rétablit le vrai texte
105. On lit bien l'Antourée en 53, 84 Liv. fol., 1604-1617, 1630. La correction de 1623 l’'Entourée est équivoque ; BÎ. l'agorave en mettant l'entourée. J'ai conservé la graphie primitive en pensant que peut-être elle avait élé voulue pour éviter une confusion avec Entourée signifiant escortée.
1. Comprendre ce vers comme s’il était en parenthéses : Je veux dire par là l'inspiration de ce bon vin nouvzau. Blanchemain, en ponctuant ce passage d’une façon fantaisiste, a fait un contresens. V. une tournure analogue ci-dessus, Folasirie 1, vers 113, et ci-après, Epigramme x, VEIS II.