‹ Œuvres completes. avec introduction et commentaire (volume 2)Chapitre 96 sur 203 · Ou le vermeil de sa levre jumelle · texte numérisé non relu

Ou le vermeil de sa levre jumelle

S. 78-87 Amour, Amour, que ma dame est cruelle

6-7. 67-87 Soit qu’un desdain rengrege mes douleurs, Soit qu’un des: pit face naïistre mes pleurs

11. 60 D'un fiel amer enamere ma vie | 67-87 D'un fiel amer aigrist toute ma vie

ration négative dans le s. N2 per sereno; Du Bellay l'avait imité dans son Olive (éd. Chamard, p. 108) et Ronsard lui-même dans la 1°° édition de ses Amours (v. le tome IV, pp. 52 et 138). Mais pour l’idée Ronsard s’est inspiré ici d’Arioste, s. Altri lodera il viso, ou de Marulle, Epigr., lib. II, Ad Nexram : Quod levis ima pedum...; à moins quil n'ait voulu seulement rivaliser avec Du Bellay qui avait exprimé le même thème de la même façon dans le sonnet 11 de l’Honneste amour publiéen 1552 (éd. Chamard, t.I, p. 140).

1. C.-à-d. : « doucement graves. Mot composé à la manière des Grecs » (Muret).

2. C.-à-d. : « la couleur aussi vermeille qu’est celle de l’Aurore. On pourrait aussi entendre par l’orient, l1 bonne odeur, parce que les plus exquises senteurs sont aportées du païs d'Orient » (Muret).

3. Singulier pour le pluriel : les deux lèvres. Cf. ci-dessus, le s: xcr, vers 6, et ci-après, le s. cexr1, vers r.

4. C.-à-d. : « rende perpetuels. Paranniser est ce que les Latins disent Perennare. Mot nouveau » (Muret).

s: « C’est une herbe fortamere. Quelques-uns tiennent que c’est celle que les Latins apellent Absynthium » (Muret). Cf. ci-après, s: LXCVII, 12°

6. C.-a-d. : « la rend amere. Enamerer est ce que les Grecs disent

TtxpoÙY » (Muret).

mr

Ainsi repeu d’un si divers repas, Ores je vi, ores je ne vi pas, Egal au sort des freres d’Œbalie x.

Cent fois le jour, à part moi je repense, [p. 6r] Que c’est qu'Amour, quelle humeur l’entretient, Quel est son arc, & quelle place il tient Dedans nos cœurs, & quelle est son essence.

Je conoi bien des astres la puissance,

Je sai, comment la mer fuit, & revient, Comme en son Tout le Monde se contient :

De lui sans plus me fuit la conoissance.

Sisai-je bien, que c’est un puissant Dieu,

Et que, mobile, ores il prend son lieu Dedans mon cœur, & ores dans mes veines :

Et que depuis qu’en sa douce prison Dessous mes sens fit serve ma raison,

Toujours, mal sain, je n’ai langui qu’en peines 2.

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