XXVI ŒUVRES DE RONSARD
éditions collectives :. Il semble que ces concessions aïent au: menté dans les dernières éditions, maïs en 1565 Ronsard était. encore un partisan convaincu de l'orthographe phonétique, alors que Meiïgret avait abandonné la partie :. Nous avons donc respecté la graphie, dont on pourra facilement noter d’un recueil 4 l’autre les progrès, les régressions et les compromis. k
Nous avons montré les mêmes scrupules à l'égard de la ponc-" tuation, qui, maloré les apparences et en dépit de réelles contra= dictions, suit certaines règles et a subi, de son côté, une évolu= tion, qui se manifeste vers 1572, du moins chez Ronsard. On. peut même penser que son importance dépasse celle de la gra=m phie, puisqu'elle a une valeur d’expression incontestable. En outre, quand elle s’écarte de nos habitudes, elle recèle souvent une intention de l’auteur, que nous n'avons pas le droit des négliger. Il arrive que l'arrêt ou le repos du son correspond à un arrêt ou à un repos du sens, auquel cas la ponctuation est
aussi que cette correspondance n'existe pas; et alors la ponc= tuation n’est plus commandée que par les besoins du rythme où! de la diction. Exemples : le sens n’est pas toujours terminé avec la strophe, et pourtant un point est placé en sa fin, uniquement, pour marquer le terminus strophique 5 ; la conjonction ef est pré= cédée d’une virgule non seulement quand elle coordonne deux
1. L’y, l’x final, le 7 final, l’œx reparaissent peu à peu, ainsi que les! consonnes inutiles. e n
2. « Tu eviteras toute Ortographie superflue & ne mettras aucunes. lettres en tels mots si tu neles prononces en les lisant, au moins tu en useras le plus sobrement que tu pourras, en attendant meilleure refor= mation » (Abbregé de l'Art poëtique, {° 12 v°). Il y est encore revenu tout. à la fin de la préface posthume de la Franciade. — Cf. F. Brunot, Histoire de la langue française, IL, 112-114.
3. Voir par ex., t. I, p. 3-73 t. Il, p. 31-33. Les imprimeurs ont du reste abusé de cet usage, et nous avons corrigé leur ponctuation … suivant les principes indiqués plus loin, quand de toute évidence ils ont méconnu la volonté du poète ou obscurci le sens, par ex. dans leu cas où une strophe doit enjamber sur l'autre. Ronsard, se réglant sur Pindare et Horace, n’a jamais considéré l'arrêt du sens à la fin de chaque strophe comme une nécessité du système strophique (cf. t. I, pp. 80, 112, 167, 168; t. III, Ode de la Païx, v. 300-301).
nana anniats anime