‹ Œuvres complètes, avec notes et commentairesChapitre 13 sur 46 · Un enfant qui aperçoit dfe la lumière ^^ un · texte numérisé non relu

Un enfant qui aperçoit dfe la lumière ^^ un

208 DON JUAJ«.

poupon qui mouille le sein de 6a nourrice^ ua d^vot au/noment;de rélévatibn de rbostie, un Arâ.be qui accueille un ëiranger , un m^tin qui s^empare d'une forte prise dans un combat^ un ayare qtii contemple sa caisse remplie jusqu'aux bords, tous éprouvent* du ravissement ; mais leur bonheur n'est rien auprès de celui de regarder dormir l'objet quç l'on aime* .

1 97 . Pendant qu'il repose tranquille et adou*é , il conserve le souf&e de vie qui nous anime avec Jlvti. Gracieux , immobile et silencieux y il ne deviné pas le charme qu'il nous inspire* La source des émotions qu'il a éprouvées^ ou qu'il nous. a communiquées j seiïibhB coAcentrée dans son sein \ c'est lui qui repose ; c'est la chose que noas aimons, : environnée dHUu**' sions et de charmes, telle que la xport, mais dépouillée de ses terreurs ' . . , • ' • '

198. Haidée veillait, ^on apian^ , — ^ et cette heure de nuit et d'amour, cette solitude de t'Océsm .pénétraient son cœur de leur influence réunie. Parmi des sables arides , sous des roches sauvages ^ ils avaient trouvé un berceau où rien sur la terre ne pouvait venir les distraire 5 et de toutes Les étbiles qui peuplaient la voûte azuréC) il n'en était pas une qui vît dans sa course plus de bonheur que sur ses joues brûlantes.

1 99. Hélas ! l'ampur des femmes ! on le sait ,. q-est unfc chose délicieuse et redoutalile^ Elles mettent tout ce qu'elles ont sur ce dé 5 et s'il 4ourne contre

' M. A. p. H'a pas traduit cette strophe.

CHANT DF4UXIÈME. 209

ellea^ la vie ne leur rappelle plue que la perfidie qui les a déciles *, leur yeugeance , semjblable à Télan du tigre, e$t rapide, implacable el mortelle. Cependant elles ne «ouffirent pas moins que leurs yictimes» et tous les maux qu'elles infligent, elles les ressentent. . 200. Elles ont raison; car l'homme, ti souvent injuste envers Tbomme , l'est toujours envers les femmes. Le même sort les attend toutes; elles ne peuvent compter que • sur la trahison. Instruites à dissimuler sans cesse , eUes dése^re^t celui que leur cœur brûlant idolâtra, jusqu'à çef qu'un plus riche aspirant les achète en mariage ; -^ alors, que reste-t-il? un tuari insouciant, jpuis un amant infidèle , et ebfin le soin de s'habiller ', de se nourrir et

de dire ses prières.

201/ L'Ane prend un aoEiant, une autre tombe dans k boi«$on ou dans la dévotion. Celle-là pense à son ménage , celle-ci auk moyens de se distraire. Il en est qui essaient de voyager; mais, en perdant les avantages d'unis vettûeusé retraite, elles ne font que changer d'ennuis. 11 n'est pas d'incident qui puisse les rendre plus heureuses, et leur situation est aussi pénible dans un palais insipide que dans uue ignoble chaumière : quelques-unes ausêi font le diable, ensuite elles écrivent une nouvelle ■.

. ^ Ce dernier trait, omis par M. À* P- 1 est une ëpigramme lancée contre une câèbrç hlue-stochng d^Angleterre. On voit bien qiie Lord Byron n'aTait jamais entendu parler de la conduite exemplaire de nos Saphos françaises , mesdames àt Genlis, Gay, Gail, Gottin , DnfresnoiSy etc.

202. Poalr Haidée, c'était la fiancée de la nature ; elle ne savait pas tout cela. Fille des passions^ elle avait reçu le jour dans une contrée que le soleil inondait d'une triple et dévorante lumière '. Elle étaiit uniquement foite pour aimer et pour sentir qu'elle était le choix de celui qu'elle avait choisi ; tout ce qu'on pouvait dire ou faire ailleurs n'était rien pour elle. — Que pouvait-elle en'craindre ? elle n'y nourrissait ni espérance^ ni inquiétude, ni amour; son cœur battait dans ce lieu seul.

203 . Oh ! combien nous coûté ce rapide battement de ccEnir ! et pourtant chaque palpitation a dans sa source^ comme dans son effet , tant de douceur que la sagesse y- en dépit de sa haine pour le plaisir et de son amour ppur la vérité , que la conscience ellemême ont une peine inifiniè a nous faire préférer leurs bonnes vieilles maximes à son ravissant trans-^ port. — Je suis surpris que Castlereagh ne l'ait pa» encore taxé *.

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