‹ Œuvres complètes, avec notes et commentairesChapitre 29 sur 46 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Voilà une vérité applicable à la luassie des êtrfss vila et. hypocrites qui corrompent la génération anglaise de ce siècle > et c'est la seule réponse qu'ils méritent de recevoir. Le titre vulgaire et trivial de blasphémateur , — qui , joint à .ceux , de radical y libéral y jacobin , réformateur, etc.> compose le dictionnaire débité chaque jourv par nos mercenaires politiques , devrait être un titre d'honneur pour tous.eeux qui s'en rappel* lent.la première signification. Socrate et Jésus? Christ ont été mis k mort publiquement comme blasphémateurs ; beaucoup d'autres ont sUbi , beaucoup d'autres subiront peut-être encore le même supplice pour avoir réclamé contre les plus crians abus du nom de Dieu et de l'intelligence humaine. Mais persécuter n'est pas la même chose que réfuter ou même triompher. Le malheureux incrédule, comme on l'appelle, est probablement jplus heureux dans sa prison que le plus fier de ses aiatagonistes. Je n'examine pas ses croyances , — elles sont bonnes ou mauvaises;— inais il a souffert pour elles ^ et ces souffrances mêmes, endurées pour mettre sa conscience en repos, feront au déisme plus de prosélytes ', que l'exemple des prélats d'une

' Quand Lord Sandwich dit « quHl ne savait pas de différence entre

5«i DON JUAN.

autre foi n'en fera au christianisme > celui des hommes d'étal suicidés k l'oppression ^ ou celui des homicides pensionnés à l'alliance impie qui ose insulter assesr rintelligence publique poi^r affecter le nom de Sainte! Je ne veui: pas ajouter à la honte des infiLmes^ ou des morts; mais il serait bien tems que les défenseurs payés de ceux qu'on se plaint de voir attaquer perdissent quelque chose de reffrontfrie de leur langage, p^ché le plus criant de oet égoïste et bavard siëele; et *^ mais en voilà bien assez pour le moments

iirfn11u>do3Aeetlli^t#ndaû^ Vértétçm W«ilmr|oir r^^çGU| : « Vor- » thodoxie, milord , c*est ma doxie, et lliétérodoxie la doxie d'un autre )» iMMumetf » De nos J^itn, oa prëlat lemble swch: découvert une trottlènu; eapèce de do^Wf 4p|i 91V pas fortement tionUt «nx, yeqx des. ans, à la gloife de ce que Bentliam appelle VÉglise de l^Englandisme^

Cl|ant &imèm(.

Sin IVpip. ♦- « ^mai-i», purt^ V» eu

» es Tertnenz, qu'il n*j anr» plus ni f^e oi » g&teaux? » ' •

.10 BQvrvoif.— <i Opt', f av wiaU A^pe ! » et , de. plus, la gingembre brûlera la » bontbe. »

Ce que mus w>udr9$, acte ii, »cè|ie.3.)

1 • « n est tme mer dftiiê les affiiires de$ hômmeê, ^ et quand on en saisit le Bnx ' , » — ^ vous savez le reste, et la plupart d*entre nous YénX dit et le répètent cmeore : nous en sommes tous bien convaincus, et cependant il en est peu qui savent deviner ce moment avant qu'il ne soit trop tard pour en pro* ftier. Quoi qu'il en soit, tout est pour le mieux } et, pour s'en convaincre , il ne fttut que considérer la fin': souvent les choses reprennent un heureux cours après avoir été désespérées.

2< ic II est une mer dans les afhires des femmes, n et quand on en saisit le flux on parvient, » -^ Dieu sait où. Ce serait un bon marin, celui qui pour* raît traççr avec précision , sur sa c^rte , tous les çou-

' Ces premien vers sont nne eitat&on.

i-ans de celte mer. Les rêyçriea de Jacob Behmen ' ne sont pas comparables avec ses brisans et ses re-^ tours singuliers. — Les bomtnes calculent avec leur tête 'j — mais les femmes cèdent à l'impulsion de leur cœur ou de ce que Dieu seul sait !

3^ Et cependant quand il s'en trouve une pleine d'étourdcrie , de vivacité et de franchise, jeune, belle, entreprenante, -— qui risquerait volontiers un trône I le monde, l'univers pour être aimée* comme elle aime, et qui ferait plutôt changer de cours aux étoiles que de n'être pas libre comme le sont les vagues au moment où s'élève la brise, — .une telle femme^ il est vrai, est un diable (s'ilen existe un seid) ; mais ell^ est capable de figure bien./ies manichéens.

4. La plus vulgaire ambition bouleverse si sour vent les trônes et le monde, que, si la passion vienjt à produire les mêmes maux , nous n'oublions promptement, ou du moins nous n'excusons, que les fureurs dont L'amour a été la cause. Si l'on se souvient encore d'Antoine, ce ne sont pas ses conquêtes. qui ont mis son nom à la mode; Actium^seul, perdu pour les yeux de Cléopâtre, est d'un plus grand poids que tous les exploits de César. -. .

5«>A cinquante ans il mourut, pour une.reine de quarante. Je voudrais qu'ils n'en eussent eu que

' OuBoebm, célèbre r^Teor philosophique allemand, mort en i6a4> Cest Tnn ^ patrons de la secte des illaminësy et ses partisans ont pris de son nom celui de Boehmistes. Ce qui lui fait le plus dlionnenr , c^est devoir été Fun des précurseurs de Kant. *

CHANT 8IXIEME. , 365

quinze et vingt ; car à cet âge on se ritde For, des royanooies et des mondes; *— ^' Je me souviens du tems ou je n'avais pas, il' est vrai^ beaucoup de mondes à perdre, mais enfin où ^ pour fiiire macotir^ je donnais ce que j'avais ^ -^ uaoœur, -^. ce* qui valait un monde, quel qu'il iut) car jamai» monde ne me rendra ces sentimens purs que j'ai laissé fuir.

- 6. C'était le denier du jSuvenceau % et peut-être, comme celui dé laveuye^ me sera-^-'il jcoihpté pour quelque chose dans la suite, sinon maintenant. Au reste, qu'on me le compte ou non, tous ceux qui ont aimé, ou qui aiment, n'en» avoueront pas moins .que la vie n'offre rien de comparable à: Ces instans. On dît que Dieu estamour ; ajoutons qàel^amour e^t un dieu, ou que du moins il l'était avant que le front de la terre fie se fût ridé et vieilli par les péckési, par les pleurs* de -^ — mais c'est à la dironologie qu'il appartient-de calculer les années.

' 7 . Nous avons laissé notre héros et la troisième de nos héroïnes dans une situation' moins étrange que critique : en effet, il n'est pas rare que lès hommes risquent leur peau pour ce cruel tentateur, — une femme défendue : mats lessultans,^ en particulier, ont une vive antipathie pourries péchés de cette

X Je demande pardon de cette expression ; elle a Tieillî , et cVst bien à tort : car les denx mots enfant et jeune homme ne s^appliqoent pas 8p<îcialementy comme celui àe jouvenceau y à des personnes de quinze à TÎngt ans. La Fontaine Fa plusieurs fois employé , et les puristes doivent permettre de restaurer les TÎeux mots, quand ils n'ont pas éïé rempla* ces précisément.

3CC UON JUAN.

•spëce; ib ne aonl nallement da carooàro 4e ee •s^ RooMiîoy rhéroiqae, leêëntencieux^ Uf<oiqae Gaton^ qui pntteîl eà femnM k sOn ani Bôrt^Mids <* 8« OuUeyaz> je le tais ^ éleîl extréiaevie&t cou-* pable; je Fmyoïie, je le à^éflate y je le eonduineç mais je répugne^ même e» poëiie^ à toute fielioii^ et y diissie&^Tôua la. blàtner oemme bmM| je préfère votM dire toole la Térité.%a raîeôii ikadî finale , ses passioM étaîem vi^MreoBea f et elle lie oroyait paa qtte leeoMMr de aoo mari (auppoaé ibéme i}a'îl flik à elle) dût k satitiiire f aMendn cpi'tt avait oinquante* nesf ana et qaime eenis amcubiaea^

9, Je ma mhs pas» comme Ctftsioi un arithmét^* tien *\ maia cù exaininaitt le livre de Aéorieww une fnpéemûùtémmimf il pat^t diéte«ateé ^ tam loé^e porter en eompte les amiéei dé m kaulewe ^ <pe k belle siritane ne péohaît que fiànèe d'aKmeM* Ei| effets si le sultan était juste enTerstôulès seaananles^ elle n^avait phia droit qu'à k q^ÉMBensentième partie d'une cboie dont on dèrrait toujours Avoir le iiioiio^ pôle» ««4- le ecmvi

10, On a raamrqlié que les dames tiewiènt beao* coup à loua les droits de possetsien que k> les lem^ MÊorde^ et;» sur cof^oint^ les dévoles ne sont pas ks

^ Plntar^pie , f^ie de Caton éPtJtique,

^ « Certes, a dit le More , j'ai dëjk choisi mon officier, et quel est^I? » ma foi, on grand arithméticien, un Michel Cassio, Aorentin, qai niè »> connaât d'une bataille que le livre de théorie. »

(Othello, acte i% scène i".)

CHANT SIXIÈME. n^

moïn$ exigeante»^ elleè grossment méoie du d0iJ[>le la gravité de ce qu'elles appellent un péohé, et ett^s nous assiègent de poursuites et de procès ( ooïkime les tribunaiïx le pfouyent à chacune de leui^s sessions), lorsqu'elles nous^soup^onnent de faire phk^ ^eurs parts d'une propriété dont la loi las déclare uniques bériti&res. :

il. Or^ s'il en est ainsi dans un pays ehvélien^ on ne sera pas surpris qu^e les daflàes paieules ne soient guère ^phis tiaitables sur le meiae points et qu'elles gardent alors,; comtne disent kn» rois ^ « une » atiàudf imposante; » Elles réclament viveinent lencf droits conjagaux dès que leur légitime ^oux fe mon-* tue ingrat ^iv^s elles \ et comme quatre femmes ofit néeefsairement quatre nu^tifs de plaintes, il euvté^ s^te qu'il y a sur léa bords du Tigre des j^l^Misiies eoaune sur ceux de la Tamise*

12. GuUeyaz était la quatrième et (comme je l'û remarqué) la &Yorite. Mais sur quatre épouses^ que sert-«il d'en favoriser une? On devrait avoir peur de (a polygamie^ npn^seulement comme d'un pécbé^ mail même comme d'une héte nc/tre; les plus sages se con-* tentent d'une seule femme raisonnable , et leur philosophie se déconcerterait d'une plus forte charge. Il n'est personne (a l'exception desTqrcs) qui veuille jaoïais foire de sa couche nuptiale un lit de Ware^.

^ a Ware» tîIU à trente millet de Loadret , oii bous eûmei la caao- » site d'aller pour yisitev la fameuse coache dite le Ut de* Ware , de

368 I>ON JUAPT.

13. Sa hautesse, la plus êablime de FuniTers — (du moins t'intitule-t-elle ainsi, saivant les formes usitées par tous les rois, jusqu'au moment où ils son^ adjugés aux yers , ces tristes et affamés jacobins <pii osent efik*ontément dîner des plus puissans rois) , — sa hautesse, dis-*je, s'attendait ^ -en contemplant les charmes de Gulleyaz, à recevoir Faccueil d'une amante. ( « Quant à Vaccueil montagnard ' on le reçoit dans tout Tunivers. » )

14. Ici nous devons spécifier : Quelquefois les baisers, les douces paroles , les étreintes et tout le reste, peuvent figurer des sentimens qui n'existent pas. On les prend aussi aisément <pi'un chapeau, ou plutôt un bonnet ( ces derniers faisant partie de la toilette des dames) ; ils peuvent contribuer à farder IcA cœurs, ou les têtes, mais quelquefois, les uns ne viennent pas plus du cœur que les autres ne sont sortis de la tête.

15. Une rougeur légère, une tendre émotion, une sorte de sérénité douce et calme qui se Ut plutôt sur les paupières que dans les yeux, et qui semble vouloir cacher ce qu'on voudrait le plus tôt découvrir ;

» douze pieds carres, qui existait jadis dans une auberge; mais Tauber- » giste actuel TaTait couTertîe en six couchettes. »

{Note de M. A. P.)

* Les montagnards écossais font au premier yenn Faccueil le plus amical : rhospitalité est la première de leurs yertus. De là l'espèce de pro- Teibe Highiand weleome. C'est ici une allusion satiri<]ae k Faeciieil reçu des Ecossais par le roi Georges IV.

tels 8ont ( pour UD homme di«cret) les meilleurs garails de ramotir, quand ils reposent sur leur plus adorable tnâne^ le sein d'une femme smcëre^ -^car Texcès des transports ou de Tindifi^rence contribue également à rompre le charme.

, i6« D'un côté, si ceaj transports ctKcessi& sont joués, ils sont pires que la réalité*, et s'iU sont naturels, on ne peut gpière compter sur leuir durée : personne , s'il n'est dans la première jeunesse , n'a ^cbnfiance dans les aveux échappés à la violence des désirs. De tels billets sont réellement précaires, et on les. passe avec un trqp léger escompte au premier acheteur ; -^ de Tautre côté , vos femmes à la glace ont une naïveté désespérante.

17. C'est-*à*dire que nous ne leur pardonnons pas leur mauvais goût; car tous les amans , tardifs pu empressés, se croient faits pour arracher un aveu et allumer les désirs de la concubine moiïastique de saint François elle-même ^ — -<• Il faut donc que la

- ^ K L^aiicieii ennemi insinua tin jour dans Pâme de François une grande » tentation de la cbair. Lliomme de IHeu la sentant, déposa aussitôt sob » vêtement, et se frappa yigooreusement avec une forte corda en disant : » Allons, frère due, te voilà traité comme il confient. Mais conmie » ks.tentationsile reprenaient , il sortit et se jeta tout nu au milieu de la » neige, et puis en ayant forme sept boules ^ il donna à chacune d^elles » la figure humaine , en disant : Toi, la plus grande, tu seras désor- • mais ma femme; ces quatre autres y mes deux fils et mes deux »Jilles! celle^i mon valet , et cetU dernière ma servante* . .Soudai» » le diable se retira de lui , plein de confusion. »

( Légende dorées )

j«kaxif¥ie de tous le» amaae soit. C6lle d'Horace : modio m Uiêissimus ibis ^ • .

18« l»^, tii: jett de trop, — -pourtant il. restera; -^ Je yerti l'exige , c'e»t-à*dire la riine anglaise et non les vieilles règles de rbexamëtre. Apres tout, il n'y ^ dan» le vers sur lequel je. reviens , ni mesure, ni Jiarçionie. Il serait difficile de le rendre plu» mau^i^ •vai» f et je ne l'ai mis que pour fermer mon ocàive ; mais s'il n'est pas de prosodie qni en justifie fat eon^ texture, la vérité du moins pourra applaudir à ht r^le de conduite .^'il offre.

i 9. Sî.Gulleyafls chargea trop 4ion rôle, je n'en sais rien; — elle réussit^ et le succès est le point impontant des affiiires : dans le coeur des femmes il tient ;autant de place i^e l'article de la toilette ; mais- quels que soient les artifices fàninins, l'amour-prppre des hommes J'empocte .encore sur eux. Elles metttent^ nous mentons-, tout, en un mot, est mensonge ; Ta-^ nnour lui«-meme n'est jamaia en arrière, et cependant il n'est pas d'autre vertu que l'inanition pour .balancer le plus hideux, des désirs, «r- celui de la «propagation,

20. Nous laisserons reposer le couple royal; un iit n'est:pas un trdoe, qu peut donc y 4armîr, quels (J[ue soient les songes , tristes ou gais , qu'on y fesse. la joie désappointée est cependapt u^e source de

' Le lecteur reconnaîtra facilement ^e cette citation est d^Ovide

chagrins qiseli]xiè£oig:atia»f profonde qtie l^svétitablea doûl«miB ç no&' knrmes. peurent élre excitées par le plus léger déplaistr, et ce sont ettes qai;^. nées de la plus légère oauèt ettaiobant goutteà goutte snrsiQtre amer comme suit ime pierre-, fiàniMeat par y' laiœei^ une empreinte iueffiiçabljë.

2i » Une femme acâriatrey un fik languisflïieint; un billet à payer non acquitté, proleaté ou escompté k un peur oeti< ^ un enianl; maussade i xim ehien ma^ kdie^ un ëbeval fav^ori qui liiMolie et s^ blesse à l'instant: aoem. où on le montait; uiao méobaiHe viefll^ femme qui' i^aivise de: feire ua maudit leatament ^ et de vou» lidsser indna' d'ajrgpeni quevous ne comptiez;. -^^ voilà cerlea dès baçateUe^, et eep^nd^nt j'ai vu bien peu d'hommeS' qui oe St'Qii ailSig^aasenb pas*

2â. Je 'suis un pbiloaôpbO) que le ciel donc les. eonfonde tous , Juillets., animaujt ;> bomma^S) er ^^ non» pias lés femmes* Ma bile est sotiltCgée^ gràoe^à cette^ bonne et franche' malédieUon : mon» stQîcisme n'a^ phis rien derrière lui ^i mérite le nodi de Boal ou de douleur, etino^ amayasanis distraction se livrer an trœvaux: de: la pensée^ -^ Mais qu'est-ce que Ï9m& ou k penséeH d'où vi^noèiit^Uesv comment dflpentteikfi t^ C'est pbia que j^' n'en sais, et -«^ je suis encore faecé de les: envoyée toutes, deux, aa. d»ble!

X 23. Maintenant que tout est damné, on se sent à l'aise comme après la lecture de la malédiction

37a DON JUAN.

d'Athanase ' , lecture chërie du véritable fidèle* Je doute que jamais on en |mt faire une plus terrible sur la tête d*un ennemi mortel agenouillé devant soi, tant elle est sentencieuse , élégante et précise : elle brille dans le livre des prières communes, conune l'iris dans les cieux nouvellement calmés.

24» Gulleya2 et son époux dormaient*, du moins Yun des deux. Combien la nuit semble longue à la femme coupable qui, brûlant pour un jeune badielier » soupire y en se mettaiit.tristemeiit au lit , après la fraicbe lumière du matin, en épie vainement le premier rayon au travers des obscures jalousies, s'agite , se retourne , s'assoupit , se ranime , et ne cesse de trembler que son trop légitime compagnon de Ht ne vienne à se réveiller.

25. Et cela peut se rencontrer sous la couverture dés cieux , comme sous celle des lits à quatre pieds, garnis de soie , et destinés à recevoir les corps de» bommes riches et de leurs femmes , dans des drap» aussi blancs que la neige éparse dans les airsy comme disent les poètes. Il est donc bien vrai que tout, dan» le mariage, dépend du hasard. GuUeyaz était une impératrice -, mais peut-être aurait-elle été aussi coupable, si elle n'eut été que la maritome d'un paysan.

26. Don Juan, dans sa.fémiDine métamorphose, et la longue file des. demoiselles s'étant inclinés devant l'œil impérial , prirent, au signal ordinaire, le

> Le Symbole de saint Aûiafiase.

> ■ ■ .j ■ ■ ii|i II iiii III .un, w— 1 1 — B^— M^—

chemin de leursappartçineiis, c^est-à-dire de .ces longues galeries du sérail oà les daines reposent leurs membres délicats, où mille seins battent en pensant à Famour, comme Taile des oiseaux empri-r sonnés en pensant à la liberté.

27. J'aime le beau sexe, et quelquefois je retournerais la pensée du tyran qui souhaitait « que le » genre humain eût une seule tête , afin de pouvoir la » coyper d'un. coup. » Ce que je désire est aussi grandiose, beaucoup moins coupable, et même atteste en moi plus de sensibilité que de scélératesse : c'est (non pas à présent, mais.dans mon jeune âge ) que le genre féminin n'ait iqùe deux lèvres de rose> ^a6n d^ pouvoir les presser d'un sçul coup du. nord

aumidi.

. 2S. Oh ! Briaréel que. ton sort é^it digne d'envie, si tout pour toi se multipliait en proportion de tes mains et de tes pieds ! . — Mais ici ma. muse répugne à l!idée de donner une épouse aux Titans, ou de voyager daiis. les terres patagoniennes. Nous reviendrons donc à Lilliput, et nous allons conduire notre héros au travers du labyrinthe d'amour dans lequel nous l'avons laissé quelques lignes plus haut; l

29.' Il était sorti avec les charmantes odalisques au signal qui leur avait été. donné. Chemin faisant, et de. moment à autre , il se hasardait (non sans courir de grands dangers , ces licences ayant dans le , sérail des suites bien autrement redoutables (|uo les gommages et. intérêts exigés, en pareil cas, dans Is^

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morale Angleterre ) à Itargûcr cpus le» charmes de «es compagnes , depuis les épaales jjisqu-aux pieds.

30. il ne perdait pourtant pas de vaeson degai-* sèment. — Cependant le bolaitton édifiant et^ pour ainsi dire j virginal, s'avançak , flaaqoé p«r des eu-* nuises y le long des jgaleries et de sail^^en saUes^ A sa télé marchait mne dame diargée de mainteiiir fai disoiplioe dans les v«Dgs iémimns, et d*empêcher aucune, d'elles de troubler ou de quitter les rangs sans permission. Son titre ^tait la mère des ^vierges.

M . De dire que réellemost elle fat mère ou que lefrautres fussent eneffet des wr^j j c'-est pbis qtie je ne pourrais faire : c'était là son titre dans le sérail ; je n'>eii sais pas la mison , mais ilétait aussi bon que tout autre. Gantemit* ou de Tott peuvent d'aillemrs vous satisfaire sur ce poittt. Son office éuit d'ëtoufier ou de prévenir tonte ^ice de mauvaises pensées dans Tame de quinze cents jeunes femmes , et de les cor«riger quand eHes commettaient quelque étoucderie.

32. Jolie sinécure y sans doute! maie ce qui la rendait moins pénible encore, c'était l'absence de toute créature masouline , à l'eKoeption de sa ma* jesté; et sa coopération, celle de ses gairdes, des verronx , des murailles , et de tems en tems un petit exemple pour intimider les autres , tout cootri-^ bnait à rendre ce séjour de la beauté aussi paisible que lès couvens d'Italie, où toutes les passions sont, bêlas ! étouffées , à l'exception d'une soûle.

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