‹ Œuvres complètes, avec notes et commentairesChapitre 34 sur 46 · Les Russes avaient, pour deux motifs^ placé · texte numérisé non relu

Les Russes avaient, pour deux motifs^ placé

^ ML A. P., après aroir tradait asaet .iofidèleinent cette strqphe, «goûte en note : «c La oonsormance des iih semble; le seql motif de cette- » strophe. » Il eût peut-être e'të plus français et plus juste de dire : «c L'envie de bafouer les faiseurs de bulletins semble le seul motif, etc., » ou bien de ne rien dire du tout : j'aurais suivi «on exemple.

deux batteries dans une île située près d'Ismaïl. Le promier était de bombarder la ville et de faire écroue 1er les édifices publics et particuliers , sans se soucier des pauvres âmes qui allaient tomber victimes. La forme de la place devait réellement suggérer ce projet : elle était bâtie en amphithéâtre.^ el chaque maison semblait offrir à la bombe un.but assurée

24. Le second objet était de profiter de l'instant d'une consternation générale pour attaquer la flottille turque^ qui reposait près de là à Tancre dans une parfaite sécurité. Mais un troisième moiif était encore sans doute de les amener. au désir, de capitu-* 1er : fantaisie qui s'empare quelquefois des guerriers y quand ils ne sont pas. acharnés comme des chiens, terriers ou des boules-dogues.

25. Une habitude très-blâmable y celle de mépriser les ennemis que l'on doit combattre , commune dans tous les cas , fut dans , celui-ci la cause de la mort de Tchitchitzkoff et de Smith. Il nous faut donc rayer ce dernier de. la liste des dix-neuf vaillans Smith qui m'ont déjà fourni une rime. Mais heu*, reusement ce nom est ajouté à t^nt de sir et de madam , qu*on serait tenté de croire que le premier. qui le porta fut Adam lui-^même ' .

26. Les batteries russes étaient défectueuses, pour avoir été construites avec trop de précipitation . Ainsi^ la même raison qui prive un vers de son douzième

* Byron fait , dans cette saillie , allusion au nom du célèbre sir Adam Smith y Tauteur dii livre de la Richesse des nations^

pied, et rembrunit le front de Longman et John Murray-' quaud la vente des livres n'est pas aussi rapide que le voudraient ceux qui les imprimeut, 'la même raison, dis-je, peut s -opposer pour un teras à ee^ que Tbistoire appelle tantôt meurtre , et tantdt gloire.

, 27. Soit elSet de l'ineptie ,'de là bâte ou du gas^ pillage des ingénieurs ( et il m'impoi'te' peu de le savoir) , soit plutôt celui de la'cupidité persoïineUe du^ fournisseur qui aurait espéré sauver son àme en remplissant mal èes engagemens avec dès homicides; il est certain que les .batteries nouvellement dressées ne portaient aucun secours efficace. Elles manquaient toujours, elles n'étaient jamais manquées', et elles ajoutaient «ans cesse h, la liste des manquans ^.

28. Une malheureuse erreur dans le calcul des distances dérangea toutes leurs tentatives navales : trois brûlots perdirent leur courtoise existence avant de toucher l'endroit où ils auraient pu produire quelque effet. La mèche avait été allumée trop tôt, et rien ne put remédier à cette lourde faute : ils sautèrent au min lieu de la rivière. Cependant, bien que laube fiit levée, •les T^rcs, dormaient aussi profondément que jamais.

^ Libraires de Lord Byron , à Lonpires.

' t^'est un devoir rigoureasement prescrit aux officiers , et siutout en tenu de guerre , de releyer chaque jour le nombre de soldats de leurs compagnies qui n^ont pas répondu à Tappel. C'est ce qu'on appelle , en Angleterre, the missing list (la liste des absens). •— M. A. P. accable encore ici Lord Byron de son dédiin superbe ; <t la répétition du même » mot f dit-il ffait tout le sel de cette strophe. »

29. Cependant y à sept heures, ils se Feveillèi^nt et aperçurent la flottille des Russes qui se mettait en route. Il était neuf heures quand , ayant toujours avancé sans rencontrer d'obstacles , les vaisseaulc arrivèrent à un câble de distance de la ville d'Ismaïl , et commencèrent une canonnade qui leur fut^ j-ose le dire , rendue aveciisure par un feu de mousqueterie, de bombes et de pièces de toutes les for* mes et de tous les calibres.

30. Les Russes soutinrent pendant six hent^es sans interruption le feu des Turcs; et , à Taide des bat*teries de teire , ils entretinrent le leur avec une grande précision < Mais enfin ils sentirent qu^une canonnade seule ne pourrait jamais forcer la ville à se soumettre, et ils donnèrent le signal de la retraite. Une de leurs barques coula à fond ; une seconde , étant venue échouer sous les retrancbemens, tomba au pouvoir des Turcs.

. 31 • Les musulmans perdirent aussi des vaisseant et des soldaits-, mais aussitôt que Tennemi parut s'éloigner, les delhis montrent plusieurs' barques , sV-^ vancèrait à force de rames et fatiguèrent les Russes par un feu terrible. Ils tentèrent même d'opérer une descente sur l'autre bord , mais le comte Damas les rejeta dans leau péle-méle et leur fit tout un bulletin de morts ' .

I G*est-à-dire leur tua afi$é% d'hommes pour <{!i'iin bidlèliapÀf ètte lempU de leurs noms seuls. — U s'agit iei du comte Rc%êr de Damas , qui se distingua effectiyem^t au si^ge dlsmaïl , et auquel Catherine H

32. « Si je voulais redire ( dit ici rhistbrieh ) totit » ce que firent les Russes ce jour^là ^ je ciH>is que x> plusieurs volumes i>e me suffiraient pas etqu'il me » resterait encore beaucoup dé choses ià^ ajouter. »- Après ce début, ilne dit pas unniot d'^ux , — - mais il cherdie à faire sa cour à quelques étrangers de distinction qui assistaient au coizibat) au prince de Ligne, àLangeroo, àDamas^ nokns aussi grands que jamais en ait inscrit la gbire dans ses finstes:,

33. Ces grands frais de louanges^ nous montrent* bien ce que c'est que la gloire. A réception de ce» trois^^ preux chei^aliers eux-mêmes , combien pea:de lecteur^ savent s'ils ont réellement existé! (et peut>' être, existent-ils encore V car rien- ne «porte à croire le contraire). L'hontienr est une loterie^ et noua reconnaissons encore dans Tillustration un jeu de la fortune. Il est vrai que le» mémoires du prince de Ligne ont à demi écarté de sa personiie le ridteau de. l'oublia

34. Mais combien d'bomtnes se conduisirent tkiis de brillantes actions atissi vaillamment que Iqs plus: fameux béros^ et dont les noms, perdus dans- la foule , ne sont jamais retrouvés et rarement cher-

conféra ensuite le grade de colonel et la croix de Saint-Georges. Le comte de Damas est rentré en France en i8i4>

» L'extrait de ces Mémoires, publié en 1809 par M"** de Staël , en im TOlamo , est XiffoX ce qui recoilunavde encore aiyourdliui la longue ne mflîtaiie et littémire du prince de Ligne. La collectioi^ ignorée de ses omnes complètes forme 4^ vol» »»-ï*' ^ est mort à Vienne le i3 4éocgoihfe iSi4« * ,

chés ! Ainsi la bonne renommée est-elle sujette à de tristes contractions et à des extinctions prématurées. Après toutes nos modernes batailles^ je parie qu'il serait, impossible de retrouver dix aoms de connaissance dans aucune gazette.

35. Après tout, cette dernière attaque , toute glorieuse quelle fût, montra bien, d'une manière où de Vautre y qu'une faute avait été commise. L'amiral Ribas ( connu dans les bistoires russes ) était fortement d'avis de tenter un assaut : mais il rencontra une vive opposition cbez les. vieillards et cbez les jeunes \ et de vifs débats en furent la conséquence nécessaire, -r- Ici je dois m'arrêter^ car si j'écrivais tout au long les discours de cbaque guerrier , je crois que mes lecteurs ne monteraient jamais sur la brèche.

36. Il y avait un homme , .si toutefois c'était uu homme 5 — non que l'on puisse meltre en question son humanité f car, s'il n'avait pas été un Hercule, son histoire eût eu la brièveté de sa dernière maladie -; alors qu'oppressé d'une indigestion, le visage pâle, et défait^ il expirait maudit ,. sous un arbre, de là belle province qu'il avait .ravagée, comme la sauterelle, dans le champ dont elle a rongé le fruit.

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