Je ne sais pas ce qu^5n pensait Juan, mais
' M. A. P. a oublié de traduire cette jolie strophe.
il fit ce que tous vous voudriez faire : ses jeunes lè-^ vres remercièrent la main par un reconnaissant baiser ^ et aussitôt ^ confus de son ivresse , il la quitta avec l'air du désespoir , comme s'il eût commis un cr^e. Combien l'amour est timide la première fois ! Julia rougit, mais. ne se courrouça pas : elle chercha à parler, mais elle retint sa langue , tant sa voix était afikiblie.
113. ILe soleil disparaît, et la jaune Phœbé se lève' .: mais , par malheur y le.diable est dans la lune. Ceux qui ont donné à cet astre le surnom de Chaste l'avaient, je crois, observé de trop bonne heure. Les plus longs jours , même le 24 de juin, ne voient jamais autant d'actes licencieux que le bienveillant regard de la lune n'en éclaire en trois heures seulement, — et c'est ainsi que toute l'année elle atteste sa modestie =*?
114, Il.y a du danger dans le silence de cette heure : c'est un calme qui permet à l'ame oppressée de se mettre à l'aise , sans lui dçnner la liberté d'appeler la conscience à son secours. La lumière argentée qui iiionde cet-arbre et cette tour, et les couvre
^ Les tradàctenrs ont substitué Tépithète pâle à celle de jaune ; mais ce tfest pas par distraction que Byron , le plus grand poète descriptif qui ait jamais été, s'est servi ici de Tadjectif ^eZfow. Ce sont les rayons de la lune qui sont pâles, et non pas elle*
^ M. A. ï*. traduit : « Pourtant on admire son aspect modeste pcn- » dant qu'elle parcourt les cieux. » Byron veut dire ici que toutes les nuits éclairées par la kme sont aussi indécentes que les trois heures auxquelles il vient de comparer les plus longs jours.
d^une beauté ^ d'un chanue si profond f pénètre auséi notre cœur, et le jette dans une tendi*e langueur, bien éloignée d'être le repos' ,
115. Julla était assise près de Juan , à demi embrassée, et écartant à demi ses bras amoureux, qui tremblaient comme le sein sur lequel ils reposaient : cependant elle pouyait croire encore qu'il n'y avait pas de danger, et qu'il était facile de débarrasser sa taille ; mais alors la position avait ses cbarmes , alpr», — Dieu sait le reste 5 je ne m'y arrêterai pas 5 je suis même presque fâché d'en avoir commencé le récit.
1161 O Platon! Platon! c'est avec tes suppositions erronées , c'est par cet empire imaginaire que ton système nous accorde sur les penchans les plus impétueux du cœur , que tu as ouvert une route plus immorale que ne le firent jamais {Poètes ou romanciers. — Tu es un niais ^ un sot, un charlatan , — r et l'on ne doit tout au plus te prendre que pour un entremetteur*.
117. La voix de Julia s'éteignit ou se perdit en soupirs 9 jusqu'au moment ou tous les discours auraient été inutiles ^ ses beaux yeux étaient noyés dans les larmes. Pourquoi ne coulaient -elles pas sans
^ J'ai traduit mot h mot. H. A. P. a cru devoir paraphraser ainsi Fidée de Byron : « Cette lumière pénètre dans le cœur, et j répand une M amoureuse langueur (pii n'est pas le calme de l'indifférence. »
^ M. A. P. traduit ce dernier vers : « Pendant ta vie tu as été tout au M plus un entremetteur d'intrigues amovreuAes. m II ne s'agit pas ici de la conduite de Platon , mais de l'influence de ses écrits.
CHANT PtlEtelER. 113*
cause? Maift^ hélas! qui peut aimer et conserver la > sagesse? Les remords,. cependant, luttaient contre ses désirs : elle, résistait encore un peu^ elle se repentait beaucoup. «Jamais, |amais! » munnurtfit- ^le^ et elle consentait à tout.
118. On dit que Xercès offrait une récompen^ à ceux qui pourraient lui trouver un nouveau plaisir. Cette découverte était , selon moi, bien difficile ^ et sa majesté ^'aurait pu la payer trop cher. Pour moi , p0eVd ren^pli de modération , je suis heureux d'un peu d'amour (ce que je nomme mon passe*-tems), et je n'aspire pas après de. nouveaux plaisirs. Les auoiens me suffisent^ pùissent-îls seulement durer ! * 1 1 9 . O plaisir ! réellement tu es une douce chose , bien que nous devions tous, être damné» pour toi. Chaque printems je jure de réformer ma vie avant la fin de Tannée,, et mes vœux de chasteté finissent toujours par ^'envoler. Cependant cett^ année , je pense , il sç^it encore possible de. les tenir. J'en suis ynriment désolé^ j'en rougis de honte. : mais c'est à l'autre hiver que je remets ma conversion.-
120% Ici ma chaste muse va se permettre une U* berté. «—Né tremblez pitis, lecteur plus chaste encore, — elle ne cessera plus d'être pudique> et yons n'avez pas sujet de vous effrayer. Cettp liberté est une licence poétique qui peut donner à mon plan quelque irrégularité ; et., .comme je suis hautement pénétré des règles d' Aristote , il est convenable de demander pardon quand je viens à les violer. 1. s
lU DON JUAN.
121. Cette liberté consiste à espérer que le lecteur voudra bien, du 6 juin (jour fatal sans lequel le défaut d'action aurait rendu inutile tout mon talent poétique ) y se transporter .à plusieurs mois de distance, sans per^Jre de vue Julia et Don Juan. Je sais bien que c'était eti novembre , mais je n'ai pas bien retenu le jour précis. - — Cette date est un peu obsture. • • ^
i22. Nous causerons de ceci tout a. l'heure. — Il est doux d'entendre, au milieu de la nuit, sur les flots bleus et airgentés de l'Adriatique , la voix et la rame<lû gondolier qui , dans uû lointain affîiiblissant , fend le sein des eaux. Il cBt doux de voir l'étoile. du soir se lever; il est* doux d'écouter les vents de la nuit murmurer àe'fôuiile en feuille 5 il est doux de voir Iris mesurer le ciel en «'élevant du sein de l'Océan sur le sommet des. montagnes.
i 23: Il est doux d'eritériàfe les fidèles aboiemens du cbien de garde accueillir vivement notre approche du toh doméMique ; il est doux 'de savoir qu'il y a dans cet endroit uù œil qui remarcjuera, notre venue, et brillera de plaisir en nous revoyant-, il est doux d'étré éveillé par ràlbùëke, ou bercé par la chute deseaùx^ doux est le bourdonnement des abeillçs, la voix dès vierges, le chant des. oiseaux , le bégaiement et les premiers mots d''un enfant.
1 24. Douce est la vendange quand les grappes humides roulent par milliers sur la terre qu'elles rougissent. Il est' doux d'échapper au tumulte des villes,
pour, jouir des plaisirs de la campagfne. D^ux sont pour l'avare les monceaux d'or > et pour un père \w naissance de son premier ne.. Douce est la vengeance, — surtout pour les femmes^ le pillage^ pour les sol*-dats, les prises d'argent pour les gens de mer.
1 25 . Doux est un legs , douce surtout la mort im-^ prévue d'une vieille dame ou d'un personnage de soixante-dix ans accomplis qui nous- faisait , <c nous jeunes » 9 , attendre mille fois^trop long^tems son train, son or, ou ses propriétés. Il se plaignait toujours, mais son corps était si robuste que tous les Israélites furieux voulaient mettre. eh jûcces ses héritiers pour, leurs. maudites créances après décès.
i 26. Il est doux (de cueillir des lauriers , soit avec l'épée , soit avec la plume. Il est doux de terminer une dispute^, il est doux d'en faire naître une airec un ami . ennuyquxl Doux est le vin vieux en bouteille, et l'aie en barrique; douce est poùt nous la créature iaible que nous défendons, contre tout ki Inonde ; doux enfin le collège que nous n'oublioqis ja-; mais , e|; qui nous. oublié si promptemënt*.
127.. Mais mille fois plus doux encore. qiie toutt cela, est le premier et brûlant amour, -r— Seul il reste gravé dans notre ame, comme dans celte d'Adam le. souvenir du Paradis terrestre. Quand l'ar-i bre de la science a été ébranlé et que tout est connu , la vie n'ofiro'plus rien de comparable à cette ambroisiale fauté , que sans doute la fable a voulu peindre par le feu ravi des cieux par le téméraire PrométlMèe»^
ne DON JUAN.
4>2&**^Ii'homme est on étran^ HDimal , et il ùii uii nngulîer usage de ses faGuîtes et des diffiére&s arts. Avant tout il aime à essayer mille espèces depreu* v^s pour attirer ratteniiou sur lui. Dans œ siècle qui est celui. des bizarreries, tous les talens ont leurs tréieaux. Mieux vaudrait rechercher» d'abord la vérité y au risque de spéculer sur Timp^sture , après a;?oir perdu son tems.
1 29^ Combien n'avons-nous pas vu de découvertes opposées ( signes d'un géhie véritable et de pO'-* ehes vides ) ? L'un fait de nouveaux nez , l'autre une guîUotine^ ceiui«-ci nous brise les os, celui-là ^nous les replace^ pour la vaccine/ elle fut sans, doute la compensation des fusées Gongf èves ■
.130; Onafeit, aVec^leé pommes de tâcre, du pain aussi bon que l'autre ^ le galvanisme a fait gri-^ iBaeer quelipies cadavresi maîs^il n^a pas satisfait au^ tabtque l'appareil inventé dans les premières séa'neéf di^la société des amis des h<^mes , par le moyen duquel on .désaispl^yxie gratuitement. Combien de merveilleuses machines depuis peu de tems ! . . h 131: . . .....: . .....
.< Ces foaëet» myent^ par sk W. Oosgrèrc , «mit de pe«itct iMmbes dont PcfTet est pins sûr et beancoap plus meurtrier ^e celui de Tobus; elle^ portent une mèche inextinguible. Elles furent employées ^ ayec un suews ifùp idieortner y h TTftterloo*
CHANT PREMIER. wj
i 32. Ce siècle est encore œhii de diée<mYerté8,pottr tuerie ccMrpset saiiver les ame». ^ eUes sqiitp^6pa:gé($s éam les meilleur» inleotiioiiis. Par4a lanterne de >it flqmplirey Davy ^ l'extraction du charbon 46 -term n'est pliis dangereuse^ et lesivoyages à TofiibiK^eo> les excursions ^ers^ les pâles peuvent servir au li^n^ heur des homiBes autant qUeWalerloo àleur iiiàlheftMf\
133. L'honime est un plienomène, un je n^ Mis quoi y june merveille aîl-delà de toute* tnêrv^lllèùsé expression ] c'^st prartant une pitié sur cette «ùbtittie tttrre^.que le plaisir soit 'un crimiB et què-pupftMd*Iè crime soit un plaisir. Peu de merlel&.savent biM>(!0 qu'ils désirent^ kDais4]ue cesoît la gloire^ tapiits^ «ance, Tamour ou la richesae^ ils c^ trouvent U rfxuteaemée d^écsoeilb^ et quand le btit est attéinl i^bti^ mourons ; vous le savez , '— • et alors -^ '>
i34« Quai aloi^^-^*-* Je he le s^s pas pjus l^ue ^H>ûs/-**^ Ainsi bonne nuit; «^^n etrevenoné kîiotre Ustoirev G'éC^iten novembre, quand les'beaux Jours «Ont devietuié rsitres ^ quand le»' tboatagn^ làintdiÀe^ paraisjfiBBt ekèinues^ et jetteiit vta chapeau éolatâislti de ' blancbeur isur leurs mante»uJE àsurés ] quand là spér Tient' mugiî» auc^âiif deè pf*omoBtoires et: lé^flo^ ge brvBevoontre les rochers : quëiud enfin le soleil -moins «Tdent. disparaît sur les <9mq heures. > -
i3S. -C'éisiï;, oomttfè dii^fet lés Wutdim^n *, une
. » célèbre çliwstç aii|;lais, ^ , i .
* ff^atchmertf les gens qui foi^t, à Londres, la garde urbaine j ce qu'ç'-' lalttll WrcftJîs ; eri ïrance , le$ dbèVidièrs du guet. ' ••».»*'
jwit grise, pas de lone, pas. une Àoilè ] uni vent doux ou furieux- par lutervalles ,. et dans . beaucoup de foyers une flaimme JjriUaate de bois menu que toute une famille entourait. Il y a dans cette ^espèce de flamme qiiielqùe cbose de gai, même quand le soleil d'été n'est obscurci d'aucun nuage. J'aime singuliè* remebl le feuet les -grillots, aussi. bien que les bo^ mairs , la salade , le cbampagne et les causeries. •
136. Il était minuit. «—Donna luliadam sdalît 4otmait probaUemènt -*-^ lorsqu'à sa porte s'éleva un bruit capable de réveiUer les inbrts, s'ils ruassent jamais: été auparaTaJat^ car nous avons toùè lu que les morts furent , etseront encore , au moins une fbis> revcâUés. La porte était fermée^ mais.une:¥oixetdes doigts dotttièrent la première alarme.,* on. emendit: «Madame! —AladAmel'^^Çbut! / ., ; .
; (1 37 4 1» Au nom de Dieu , IVIadamé, r^ Madame — • » voici mon maître^ avec la moitié de. la. ville à.sa » auitfi.— Yit-ôn jamais liqe cbose plus ^fireusè? » Cein'estpap ma &ute#r-^ Jje &isaisbonne garde. — M Hélas > retirez donQ plus vite le verIfQu, je vous » |irie.V^nsmontenimiân]tenaiit.Ve8<;ajUbr,dan«un^ ». s^ondé ils seroint ici^ il pourrait peut-étro'éobap-^ ». per.— Jja fenêtre n'est certainement pas si bauté !j»
i 38 . Cependant arrivait Dof^ Alpbionso , ^yec. des tovc)ies , des^amis et des valets ^ eA grand nombre ^ la plupart, depuis long-tems mariés, étaient ravis de troiibler le sommeil de la femme coupable qui voulait outrager à la dérobée le front d'un époux :
CHANT PREMIER. nr^
une paréiUe conduite .était trop cont^igièu^se. , et si L'on n'en. punissait pa^ une, toutes 'les. femûies suivraient biqntoC ^n e?,embk,
.- 1 39* Jén^puisidire comixieut , pourquoi et de quel gçnre étaient: lës/soiipçons de Doii AÏpboQso ': mais pour.un caYCtÙer , de* son: rang , it y avait, bien dé la grossièreté à lever ainsi-unê armée: aiilour du lit nuptial./ avant, d'avoir Je moin^/du nxonde averti sa fèoime y. et à prepdre dés laquaij» armés -d'épées et deflambeau:^ pour atteste^ l'affront; qu'il craignait lé plus de içecevoir. , ; ... - -. - l
,t40> ..La pauvre Julia , sortant comme^d'ua.profQnd sommeil (rem^rque:^ bien .que je ne dis pas .qu'elle n'jeut pasf dormi} ,. se mit en.mépae tejns à -cri^r ^ bailler ^et verser des lames.,. P.our sa. suivante Aà- ^nia 9 qui était au fait de tout , .elle se hâtait de re-* je^ter la «couverture du lit en mprç^au podr donner à penser qù'elfe-méme venait d -en sortir^ Jene sais pas. yrahneijft pourquoi die; se donnait tant de péiçe pour prauj^ç?* J]ue sa.maltresse n'avait, pas. couché seule :
1 41v Mais .il était k- croire que k* dàipe et sa suivante ^étaient dei|x pauvres petites femmes trem^r blai|te$, qui j par crainte /les farfadets, ;4$t plus, encore dés ^hpmmes , avaient cru pouvoir mieux résister à un homme si elles*restaie^t deux. Elles s'étaient donc iXinocemment couchées côte à cote , ej|^ attendant que les heures d'absence fussent écoulées , et que rinfôme mari eût reparu en disant: <(, Chère s^mie, c'est moi î> qui ai- le premier songé à repartir. » •
,20 l>ON ilTK^.
1 42 . Julîa retrouva enfin la parole et s'^ma : a Au y nom du ciel / Doi»ÂlplioQ80, que pTét€ndez**yous » faire ? ctes-vous devenu fou? Dîèu ! que nesuis^je » morle avant d'être eac^rifi^ à un ipoii»tre sem-n » blable! quel est le mottf de cette violénee noctul'në, » rivrognerie ou le apleen! pôuyeE-vous bien me )r soupçonner d'une conduite dont Tidée ^eule > nïe )» fe^it mourir! Chércbez alors dans i^tle chambre. » —-Cest mon intention)^ » répondit Alphonse.
143. Il chercha, ils cherchferent ,, tout fut Té«tourné, cabinet, gardes-robes^ armoires^ ênâ»rasures de fenêtres. Ils trouvèrent beaucoup de linge et de dentelles, des pahres de bas, des mules , des brosses^ des .peignes y. des nêc^^kes , et les autres articles à Tiisag^ des jolies femiçes, propres à conserver ^ beauté et entretenir la proprêté. Ils percèrent de leurs, êpêe^ d^ rideaux et des tapisseries/ ils arrachèrent des; volet», ils brisèrent des tables.
.444. lis che«;c^èrent.sous le lit, et y troi]fvereiit , -—peu importé , «^ ce n^êtait pas ce qu'ils désiraient ;. ils ouvrifént les fenêtres poue découvrir si la terre ne portait pas l'empreinte de quelque semelle,- la terre étaitmuette. Alors ils se regardèrent les iius les autres. Il est étnuige ,' et cela me semblé même une bévue, que nul d'entre eux n'ait songé à* regarder dans le lit aussi bien que dessous^
145. Pendant cette perquisition , la véix de JuKa ne dormait pas.. « Oui ^ cherchez et recherchez / s*écriait-ellè *, accumulez insultes sur insultes , outrages
CHANr PREMIER. 121
V sur outrages. 'Écaiti-oe pour .eela [que j'ai pris le » nom d^épouse! pour cela qhe j'ai si longriems » «au» me plaiudre ^sotifffiFt it mes calés un époux meomœe Alphcûso! Miisje ne le seufiGrirai plns^ À je qaittehii' cette înaison -, «il y a des loia et un M seul t^isle en jEspagne. :
i46. » OurV Dop Alphoiiso , tous niêtesptus mon )i époux , si jamais toulefoi» vous avez mérité ce titre. » Est^l diigne de votre âge*?— ^ Vous êtes à votre )>. dixième lustre ; cin^ante où soixante ans *-• c'est n bien la même chose. Esi-ii 9SLge', est^il décent de » faire de pareilles recb^^ches pour déshonorer tine » femme vertueuse ? Don AlphoDsb ! homme ingrat; , » parjure^ bariMire; o8ez«-vons* bien concevoir de » paireils soupçons sttr»votre épouse ?
147. » Estncc pour tela que j'ai dédaigné ce que » l'on permM ordinairemientà mon sexe? que j'ai 1^ fait choix d'un. confesseur si vieux et si lourd qu'il » eut été insupportable a toute autre ?^HéIas ! jamais 9> il n'a eu l'occasion de me faire un reproche '; au » contraire^ il me Voyait tellement inquiète de mon )i imioe^nee ^ — qu'il a toujours douté que je fusse )► marîéiB* -— Oh ! combien il. sera désolé de voir » comme je suis'traftée ! \
148. » Était-H^e pour* cela que je n'ai pas-encore » choisi de cortejo ' parmi la jeunefte de Séville ? » Eat-ce pour cela qu^; j'évite la plupart des réunions,
" Ce ■»( répond & celui de sigisbé en Italie.
123 DON JUÎIN.
» si qe n'e^t poyr asftj.ster aux comb^U die taureaux , » à la messie, au théâtre, aux bals et aux:feétiQs.? » Est*ce potu* cela que^ quek que fu^feut mes a4o- )) laleur^, je les ai tous ecooduits (j'y mettais.méne » de Fimpolitesse) ? Est^K^é pour cela ^ue le .g|énéral » comte O'Rêilly , celqi^àioeme. qui prit. Alger % a. ». prétendu que je ravais. traité indignemeut? .
14^. » Mou cœur. nVt-il;pas été. sourd pendant » six mois auxisoupirs ef aux BCCM>rds du miis^co itar » lien Ckizzani ? N'est-ce pas moi que (ion cpmpatriote n le. comte Çorniani. appelait, la seule femme, ver- » tueuse d'Espagne ? N'ai«-je pas vu à mes pieds une » feule de Russes et.d' Anglais ? J'ai désolé Je comte » Strongstroganof^' et lord Mount Co£fee-House y ce » pair d'irlandjs qui s'est. tii« .l'année dernière- par » excès dlamour (et devin);
150. » N'ai^jepas eu deux évéques à mes pieds.? » Le duc d'Ickar ^ Don Fernj^nd Nunès ? et p^stune » femme de ma sorte que vous t;:aifez .ainsi ?. Je ne sai^ D pas dans quelle phase de la lune .nous nous trou- » Tons : je voussa^. gr^ Vraiment d'avoir l'éj^tpéme » indulgence de ne pas encore me battre^ quand i^ D tems est si favorable". — -CNii! vaillant héros! avec » votre épée au vent^ et Votre pistolet armé; ne faites- » vops pas là , dites-pioi y tine jplie figure' ? • " ■ "• ■
' jDonna Jolia ee trompe.' Le comte O^Reilly ne prît pas'Mger, mais c,e
fat -Alger qui fiitsiif le point de le prendre; lui, son armée et sa flotte
levèrent le siège de la "ville en 1774 , après avoir .éprouve' de grandes
pertes.
{Nou de Byron.)
Gpogle
151 .' » Voilà donc le motif de ce voyage impréyii , » de cette afl^ire indispensable ovecTotre proçatear^ » ce modèle de biûBsesse sfai se tient droit «lâchas » comn&e s'il, commençait à sentir^qu'il a joué le -râle » d'un fou. Je vous méprise tous les dèux-> mais l'in- » (amie de sa conduite est encore plus inexcusable; )» puisqu'il n'a certainement agi que pour percev:oir 1^ ses amendes odieuses, et nullement par un senti* »mentd'intérét pour vous et pour moi. .'
.152.)>S'il est ici pour. dresser u^ aete> n'empé- »^hez*pas ce brave monsieur '^e procéder f vous » avez mis cet appartemoent .dans un bel état ^^-^ il » s'y trouvede l'eçcre elune plumepoùrybùs^ quand » vous le désirerez.^ -r^ Aye2 soin debout mentionner > avec précision 9 je>ne veux pas que! Vous rece- » yiez pour rien, des honoraires. -—rMais! comme ma » femme ^ chambre est déshabillée/ veuillezmettre » à la pprte vos espiôns# -•- Oh! dit en sanglotimt » Antonia :'je veux leur arracher ks yeux.
i 53 • » C'est ici le cabinet , là la toilette , de ce cdté » l'antichambre. -*-*Chërchezâessùs> dessous : voilà » le : sophi|> lé grand fauteuil , la cheipinéë ^-^on » pourrait bien y cacher i^ amaiit^ 'mais je.voùdi:ais » dormir; fiâtes^ je vous prie ^ moins dé bruit /}us- » qu'à ce que vous^ayez découvert le trou secret qui )» renferme ce cher trésar..Alors veuillez m'en, don- » ner^ûssi le pLedsir.
154. » Et vous^ hiddgo, qui venez.de faire pla- )» nerdes soupçons sur moi 9 et de la honte sur tous
D cçs ynâges , ayez la complaisance de me &ire con^ » naitrç—- qiiel est celiri que vons^chèrchezl Com^ » mept 1^ noDcf mez-Tous ? de /quelle famille ? MfiùtttXf- « le*-nEioi ?-^-*-Sabs doute il est jeune et* agréâ>Ie ?^-* ».II est gcaod? Parlez et prouyez qlie-voas avez eu 9 de justes motife pour, ten&ir ainsi ma réputation.
155. » Au moins peut^tre^ il n'a pas soixante . » ans'; il'Seraiit h, cet âge tfop vieux pour être mis à T9 mort^ ou pour éveiller la jalousie d un inari aussi T» jeuneqaeYoi:|f.—*(Ântonia! donnez-moi un verre » d'eau.) le rougis d^avoir ri^ndu des larmes ^ elles » sont indignes de la filje de mon père ; ma mère pou<^ ji vait^^Ue prévoir en m^ mettant .au monde que je TU tomberais au {mouvoir dun monstre !
156^ » Mais Cr'èat peut-être/ d'Antonia que vous » êtes jaloux? Tous avez vu qu^elle dormait à- mes » cêtés quand vous frappâtes à la porte avec votre » suite. Regardez où vous voudra ^ nous n*avonsrien » à vous cacker^ monsieur : uneautrefois senlemeat> » je Fespère^ Voifô nous avertirez ; ou ^ par égard >} {^ur la pndeur/véus attendrez un iissiant à la perte ^ » afin de nous peiinettro de mous habiller .po|R*^reèe^ » voir nine aussi bbmie compagnie.
157. n J'ai fini , ;motiêi<$ur ^-je cesse de parler. 'Le .» peu que j'ai dit doit assez vous apprendre quSine » ame' pure sait dévorer ^n sileqce des torts dont » elle ne pourrait parler sans rougir « r- Je v^ûs » livre comme auparavant à votre cone^ienc^ç ; un » jour elle voui demandera raison de vos .procèdes
n à mon égard. Dieu yeuilleque vous ne vous en » tonrmentipz pas plus qu'aujourd'hui ! Antonia^-où w est inon mouchoir de poche ?»
158. Elle s'arrête et retombe sur éon oreiller. Elle est pale et ses yeux noirs abîmés dtins les pleurs rappellent un ciel 6b8CUIt^i par. la pluie et les écblirs ; ses cheveux .ondoyans soht comme un -voile jeté sur ses joues décolorées : en vain leurs noires boucles cherchent-^Ues à couvrir ses épaules charmantes; leur neige se faisait oicore jour à travers^ -^ Ses lèvres de rose sont entr'ouvertes> et son cœur bat plus fort que sa respiration.
' 459. Le senor Don Alphooso restait confondu. Ântonia remuait sans cesse dans la chambt*c boule-^' versée ; puis , tout d'un coup tournant la tête ^ elle in* triguaif par aes malignes œillades le mfdtre e{ ses miitnidonsy qui ne paraissaient pas s'amuser beaucoup ^ à TexceptiOn du procureur. Mais celùi«-ci , fidèle jusqu'au tombeau , comme un autre Achates , s'embamssait peu de la*cause des q^relles ^ pourvu qu'il y en eut; car elles devaient toiyodrs être apaisées en justice.
160. Comme un dbien en arrêt ' , il suivait de ses petits yeux , et sans remuer , chacun des mouvemens d^ Antonia ; son attitude exprimait les plus vifs soupçons. Du scandale il s'ea embarrasi^ait peu ; et s'il tnmvait à justifier une poursuite ou une action judi-
^ jfvtc vn nez flairant inquiet ( irith prying sfmbnow).
ciaire, la jeunesse ^ 4a' beauté ne Ietou(^aient que faiblement : quant aux dénégations ,^ il lui fallait des témoignages faux, ianais juridiques^ pour q]iiHl-y ajoutât foi. ' ;
1 Q1 . Cepehdant Bon Alphonso , les yeux baissés, faisait, il faut le dire , une triste figure ; .après avoir cherché de cent cotés > él traité* si durement une jeune femme, il n'en étaitpas plus avancé ; seulement il sentait .des reproches intérieurs* se joindre à ceux que son ^épouse venait de lui prodiguer pendant une demi-heure^ aussi* vifs, aussi serrés, aussi cuisans qu'une pluie d'orage.
1 62. D'abord il essaya de bégayer une excuse ] on ne lui' répondit que par des pleurs , des sanglots et les préludes d'une attaque de nerfs ^ lesquels sont toujours certaines douleurs , dés palpitatiohs v des étouflTemens, et ce que^ les patientes choisissent de préférence. Alphonso vit sa femme et se rappélax^Ue de Job ', il vit encore en perspective tous les paréns de Julia. indignés , et il jngeft plus à propos de ne pas perdre patiehce. » '.
1 63. n fit mine de vouloir parler ,. où plutét balfbutier ; miais avant.de s'étire exposé à servir encore d'enclume au marteau de sa femme., Ta sage Antonia vint Tarréter , en lut disant : « Monsieur > je vous » en prie,' quijttez cette chambre, .et. ne dities pas n mot, ou madame' va mourir. -^ Qu^ellè, aiUe » au diable ! » murmura Alphonso ; mais rien de plus : le moment de parler était pa89é. U lança un ou
C»ANT t>REMIER. 127
deux regards menaçmé ^ et sans snvôir ccimaient , il fit ce- qu'on hii ordonnait.
1 64. Avec lui s^éloigna son ffosse comitaius , le procureur k l'arriëre-garde s'arrétant siutpi^&^deia ' porte et se retournant toii}Oursc|ùsqu'à cequ'Antpnia l'eut poussé dehors. —^ It était vraiinferit fàbhé- de l'inexprimable extravaganfce d'Âlphx)nso qur^ dans ce moment^Ià .même , semblait avoir perdu le sens; mais^ comme il y r^valit, la porte se ferma sur siC Càcé
4 65 . Dès qu^elle fat bien fermée , — ^ Oh ! honte , oh ! crime ^ bh ! douleur ^ et oh ! sexe féminin ! comment feriez-tous de semblables, choses sans peindre rbonneu:(P !' -^ si ce m<màe , et même si l'autre a'é-^ tàiént pas aveugles? Combien Jl* est' ïare de trouver des réputations non usurpées ! mais^ contintionSv'--* Car je ne suis pas à la moitié de ma tâche ^ et il fkut le dire , non sans grande répugnance \ à demi Bu£Foquéy le jeune Juàn s'élança hors du lit. ' i66. Il s'était caché ; -i- je,ne prétends, pas. dire comment , ni , expliquer dans quelle position. .— • Jeune ^ svelte et flexible^ il s'était ^tapi sans .doute dans un mince espace rond ou carré. Mais de le plaindre d'avoir été étouffé sous deux aussi jolis corps, c'est ce que je ne dois ni ne veux faire ^it eut mieux valu sans doute Courir aijasi , que d'être comme- le buveut Clarence , plongé dans une tonne de Malvoisie \ ^
> Georges , duc de Glarençe^ condamné i mort , en 1478 , par son frère
167. En «écond lieu je neJe plains pas, parée qu'il n'ayant pas besoii;i de commettre un péché défendu p9T le ciel et taxé par les loi» humaines : ou dnnioiM'tl s'y prenait de 4rpp bonne hieure. Mais à seû^ atis, la oonsciénce n^st pas timorée cominè à sdiiCai^te , • ioQique rappdant nos anciennes dettes^ et calculant tous Ijes incomptea donnés en febtes., nous voycNns que le dîâblè emporte déjà les demi câtés lie la beâance. .* . * ,
1 68; Je ne dind rien de la positron ^u'il avait gardée : on- voit dans les cfargniques juives comment, lorsque le san§ du vieux roi 'David éîait devenu pe* sant,.les médecins, laissant pîUules et potions,. lui avaient conseillé de se servir d'une jeûne 'et jolie fille en guise de eatapksme; et comment le remède eut les meilleurs effets \ On le lui avait peut-éire appliqué différemment, eatr David en *fut gdéri^ et Juaniut près d'ennnourîr. y
H 69. Que faire maintenait? Alphonsp va revenir aussitôt qu^il aura congédié ses misérables : Antonia met soâ esprit à la torture, mais eHe ne peut concevoir aucun exjpédient : ;— comment pourrà-t-on
Edouard IV. Pour toate fayenr, if ohtÎDt f être noyé dans un tonneau de Malyoi^e > choix qui suppose , dit Hume , une -violente passioîi pour cette liqueur. (Voya le Sichard III et Shakspeare.) -
', « fit le roi Datid aTait'vieîUi... , et q^«nd on le couyrait d^hafaBJUey» mens iln^étaitpas rëchaufië. Ses serviteors cherchèrent donc^nne belle » jeune "fille dans toute IViendue d^fsraèl,.«t lui trouvèrent Abîsag, la ]* Sunamite ; elle ëtait singtilièremènt bette, et eHe dormait avec le n>î.«. » Or, le roî ne 1^ connut pas. »
soutenir une nouvelle attaque ? Ajoutez que le jour allait paraître dans peu d'heures ; Antonia ne savait qu^iznaginer, Julia ne parlait pas, mais elle f^ressait de ses lèvres dëcolôr'ées leé joues de Don Juaa.
1 70. Il rapprocha ses lèvres dés siennes , et de sa main , il iréjeta en arrière les boucles de ses cheveul épars ; même afIoi*s , ils ne pouvaient faire entière-* mène taire lent* amotif ^ ils oubliaient à d^ttii leurs dangets , leur désespoir. La patience d^Antohia ne put se contenir, a Gotôtnént , s'écria-t^ltè en fn* V tévLt f e^t^ce là le momeùt de vous amuser encore? 7f il feut que je ibette ce beau momsieiir dans le ca<^ » binet.
171 . >i Remettez k une autre plus heureuse nuit w vos caresses. -^ Qui peut avoir mis mon maStre » dans le secret? Que va-t-il résulter de cela? Je » suis dans une frayeur^ et ce vilain ènfent a \t n diable au corps ^ est-ce le moment de feiré des » folies ? En avons-nous le tems ? Commets ô^abliez- » vous que cela peut finir par du sang? Vous y per- » drez la vie , moi ma place , ma maîtresse totit i et )) cela pour ce petit visage de fille.
172. » Si, du moins, c'était un brave cavalier de y» vingt-cinq ou trente ans (allons, hâtez-voûs)l » Maïs tin enfant, quel beau chef-d'œuvre ! (En vc- » rite, madame, je né conçois pas votre goût; — » allons! monsieur, là-dedans!) — Mon maître ne » doit pas être loin- — Au moins le voilà pour te » moment renfermé. Et si nous pouvons tenir cbnseii
,30 1>0N JIÎAN.
))>avaQt le jour — ( Juan,:80ùvenez-vou8 de ne pas )>. dormir). »;
173. L'arrivée de Don Alphonse, qui cette fois était seul, interrompit la fidèle suivante.. Elle faisait mine de demeurer,, m^is. il lui donna l'ordre de sortir, cequ'elle.fit de.mauvaise grâce. Au^reste, il n'y avait: rien à £aire,,et sa présence ne pouvait être d'un grand secours. En ce moment elle les regarda donc tous deux lentement et avec un soupir, moucha la, chandelle , s'inclina et partit. ,
174. Alphonse s'arrêta une minute-, — ensuite il co.mmença .quelques : excuses singulières de * sa conduite précédente, non qu'il voulût justifier ce qu'il avait.fait ,:et, à dire vrai, il s'était montré extrêmement impoli ; mais il avait eu pour cela de fortes raisons qu'il ne spécifia pas dans son plaidoyer: à tout prendre,, son discours offrit un bel exemple de cette figure que les savans appellent Rigmarole \ ,
., 175. Julîa ne dit rien : cependant eille avait sur tou« les points une de ces bonnes réponses qui don,nent , aux dames instruites du faible de leurs époux, le. pouvoir de tout, changer en quelques paroles. Si par ce moyen elles n'imposent pas un parfait silence, elles amènent du moins un repos , même quand elles ne disent pas un mot 4^ vrai. Il s'agit de rétorquer
* Nous n^avons déconvert nulle part l'emploi de ce mot. Si ce n'est pas la faute de notre ignorance , il se peut que Byton l'ait forgd pour mystifier ses lecteurs.
avec fermeté 9 et &'il vous soupçonne d'une faiblesse^ de lui en reprocher trois.
176. Au fait, Julia avait des motifs d'excuse^ car les amours d' Alphonse avec Inës étaient connues du public : ce fut donc le sentiment de sa faute cpii la rendit confuse ; mais, comme on l'a souvent démontré , cela ne peut pas être : une dame a toujours des raisons justificatives ; elle se tut peùtrêtre par égard pour l'oreille de Juan qui avait fort à cœur , comme elle ne l'ignorait pas , la réputation de sa mère.
177. Un second motif encore, c'est qu'AIphonso n'avait jamais paru s'inquiéter de Juan^ il montrait de la jalousie, mais il ne parlait pas de l'heureux amant qui la faisait naître, et laissait ainsi ses prémisses sans conclusion. Cependant son «sprit tra* vaillait à éclaircir ce mystère , et l'on peut dire qu'en parlant d'Inès c'était le mettre à là piste de Juan.
178. Il suffit d'uu rien dans les af&ires délicates, et mieux vaut alors se taire.. D'ailleurs il est un tact ( cette expression moderne me semble d'une mauvaise fabrique, mais elle me fournit une fin de vers) qui avertit une dame pressée de questions trop inciviles , de se tenir toujours à une certaine distance de la vérité. — Le mensonge donne aux dames une grâce singulière, et convient mieux à leur charmante physionomie que tout autre chose.
179. Elles rougissent et nous les croyons -, au moins l'ai-je toujours fait : il est à peu près inutile d'essayer une réplique, car leur éloquence devient alors
132 r>ON JUAN.
f}e la. profusion ; et quand elles sont épuisées y elles soupirent ^laissent tomber, leurs y^x la^guissaiis^ i*épaiident une larme ou deux » et npus voilà désarmés î alor«, -(T- ec alors, — et alors, — nous nous asseyons Qt soupon^*
180. Alphonso termina son discours en implorant pifi pjsirdoaque Iulia à decoi refusait, et à d^aai ac^ cordait ; elle y mettait des cçnditioisbs qui lui semblaient bien dures ^ et rejetait plusieurs petites de-* mandes qu il lui faisait. Tel qu'Adam, à la porle de ^on jardin > Alphonso gémissait d'une pénitqn.ce trop rigoureuse. Il la conjurait de ne pas le rçfuser plus long^tems , quajid il trébucha sur une paiife dje 30u]lierS|.
iSi . U^e paire de souliers ! -— ^ Quoi doQQ ? P)eu de chose s'ils semblent aller au pied de madame p mais sai^s douleur je ne. puis le dire> la forme en était masculine. Les voir et le& prendre f^t l'affiiire d'un mai^ent^ -^ Ah ! grand Ddeu ! me» dents, cqdit meiicent à se heurter^ mes. veines frissonnent. *^ I)'ahord Alphonso ei^mine bien leur tournure, pui^ sa passion prend un lx)ut autre caractère. '
182. Il quitte la chambre pour aller ressaisir son épée y et sur-le-champ Julia se précipite dans le ca^ binet. « Fuis, Juan, fuis! -r— Au nom du ciel. — » Pas un mot. — La porte est ouverte. — Tu peu » diiq[)aràître par le passage que tu as parcouru tant » de fois. — Yoici la 0lef à^. jardia. •'— Fuis. — ♦ » Fuis. •<— • Adieu ! vite , vite ! Tentends Alphonso
» furieux. — Il n'est pas encore jour, -j- Il n'y a » personne dans la rue. »
183. On ne dira pas que cet avertissement ne fôt pas bon , le mal est qu'il arriva trop tard. <ï'es€ ainsi qu'on acquiert Fexpérience^ et c'est une sc^-te de' péage que nous impose la destitiëe. En un saut^ Juan avait quitté Tappartement , en un secohd il allait ^treà la porte du jardin, mais il rencontra Alphonsô en robe de chambre qui le menaça de le tuer. «^ Joàn se précipita sur lui.
184. Le oombat fut terrible ^ et la iMttiière s'étei-gnit. Antonia criait : « Au voletir! » et Jolia : « Aii feu ! » Nul valet ne s'empressa de venir prendre part à l'action. Alphonsô, battu autant qa^il le déèi^ rait , jurait horriblement que dès cette nuit il serait vengé f et Juan blasphémait une octave plus haut.' Son sapg était vif i quoique jeune ^ c'était un vi^i Tartare, qui ne se sentait attcun entraînement pour le martyre.
185. Uépée d'AI{Aoilso était tombée avant qu'il' eût pu k tirer du fourreau ; et ils se battirent tôtt^' jours corps k corps : fort heureusement Xiian^ne la vit pats f car ayant peu l'habitude de retenir ses rnon-^ ^ vemens , il eût pu envoyer Alphonsô dans Fautre ' motide, «'il fàt venu à l'apercevoir. O femmes! songez donc à la vie de vos époux et de vos amans ! et voyez comment vous pouvtô doublement devenir veuves!