‹ Œuvres complètes: Avec un commentaire historique et critique, Volume 1Chapitre 48 sur 78 · LES LOUANGES D ANJOU I · texte numérisé non relu

LES LOUANGES D ANJOU I

Qpi leurs chevelures vives Haussent autour de tes rives, Les Faunes aux pieds soudains, Qui après Bisches et Dains, Et Cerfs aux testes ramées Ont leurs forces animées.

Regarde tes Nymphes belles A ces demy dieux rebelles, QjLii à grand course les suyvent.

Et si près d'elles arrivent, Qp*elles sentent bien souvent De leurs haleines le vent.

Je voy desja hors d'aleine Les pauvTetez qui à peine Pourront atteindre ton cours, Si tu ne leur fais secours.

Combien (pour les secourir, De fois t*a-t-on veu courir Tout furieux en la plaine?

Trompant l'espoir et la peine De Tavare laboureur :

Helas qui n'eust point d'horreur Blesser du soc sacrilège De tes Nymphes le collège.

Collège qui se recrée Dessus ta rive sacrée.

Nymphes de jardins fertiles, Hamandryades gentiles, Toy Priape, qui tant vaulx, Avecq' ta lascive faux.

Pales, qui sur ces rivages Possèdes tant beaux herbages, Que Flore va tapissans De mainte fieur d'eux yssant Toy 'pasteur Amphrysien, Chacun de vous garde bien Ses richesses de l'injure Du chaud et de la froidure.

Ces masses laborieuses Que les mains industrieuses Qpasi égalent aux cieux, Ne sont-elles pas aux Dieux !

178 ŒUVRES COMPLÈTES DE j. DU BELLAY

Qmî voudra donc loue et chante Tout ce dont Tlnde se vante, Sicile la fabuleuse.

Ou bien TArabie heureuse.

Quant à moy tant que ma Lyre Voudra mes chansons eslire Qpe je luy comnianderay, Mon Anjou je chanteray.

O rnon fkuve paternel, Tjjjand le 'dormir'etemer Fera tomber à Tenvers Celuy qui chante ces vers, Et que par les bras amis Mon corps bien près sera mis De quelque fontaine vive, Non gueres loin de ta rive.

Au moins sur ma froide cendre Fay quelques larmes descendre Et sonne mon bruit fameux A ton rivage escumeux.

N'oublie le nom de celle, Qui toute beauté excelle, Et ce qu'ay pour elle au5si Chanté sur ce bord icv.

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