‹ Œuvres complètes d'Alexis de TocquevilleChapitre 18 sur 72 · A M. LÉON FAUCHER · texte numérisé non relu

A M. LÉON FAUCHER

Tocqueville, 21 juillet 1857.

Je commençais, mon cher ami, à être inquiet de vous. Je savais que votre amitié ne laisserait point passer l'événement qui vous intéressait si fort sans m'avertir; et ce long retard me faisait craindre pour le succès de vos désirs ^ Dieu merci, ma peur n'élait pas fondée; à l'heure qu'il est vous êtes marié. Je vous fais de cœur mon compliment bien sincère. Plus j'avance dans la vie, et plus je me sens convaincu que le bon choix d'une compagne importe non-seulement au bonheur intérieur et à la tranquillité de l'existence, mais influe encore singulièrement

1. n s'agissait du mariage, qui s'est accompli, de Léon Faucher avec mademoiselle Alexandra Wolovvska (sœur de M. Wolowski, membre de rinstitut, ancien députe et ancien représentant).

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i02 CORRESPONDANCE,

sur loiiles les aciions de riiomme extérieur. Quand tous les jours, en rentrant chez soi, on y retrouve l^élévation de cœur, la sincérité des sentiments, la pureté des motifs et l'énergie du bien, la santé de l'âme se fortifle chaque jour dans celte atmosphère domestique; et l'on se trouve toujours plus fort, quand il faut aller se mêler à toutes les petites et mauvaises passions du monde. Vous avez raison de vous réjouir d'avoir rencontré ce que la raison, aussi bien que le cœur, indique comme la chose la plus précieuse de ce monde. Soyez heureux, mon cher ami; vous êtes fait pour l'être. Ma femme qui, comme vous savez, avait pris un bien vif intérêt à la réussite de vos désirs, se joint à moi pour vous féliciter; elle désire vivement faire connaissance avec madame Faucher. Mille amitiés bien sincères.

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