‹ Œuvres complètes d'Alexis de TocquevilleChapitre 24 sur 72 · A 11. LÉON FAUCHER · texte numérisé non relu

A 11. LÉON FAUCHER

^^ous écrire, parce que tous les jours je croyais toucher au moment de vous rencontrer. J'auiais cependant bien ^îsire avoir une longue conversation africaine avec vous. vnioique j'aie bien manqué laisser mes os en Afrique, je ï*c garde pas rancune à ce beau pays; et il ne dépendra pas de moi, je vous le promels, que la France s'en assuro a conquête. 11 faut avouer que nous n'en prenons guère ^ chemin. Tout ce qu'on fait en Algérie, non pas de- P^^s hier, mais depuis dix ans, est bien pénible à voir et même pénible à dire. La question de colonisation, la plus importante de toutes, puisqu'il est bien prouvé maintenait qu'une population européenne est nécessaire, celte quesman est, quant à présenl, plus loin de sa solution que Jamais; et, pour mon compte, ce qui m'étonne, ce u esl pas qu ou ne vienne pas en Algérie : c'est que quelqu un y i-este. En s'y prenant de cette manière, je tiens l^nv cerlain qu'on ne culotHH rail im^ le plus fertile cun- ^ notre fe-umjie. Sujez ii!?surc, d'iino autre part, que fciJl^^'**!^ q"*^s'iou de la colonisalion ue saurait plus "3a/s ^'IreaJoiunvQ, ]| fiiul I ahudor conjointement ^^ /^ gueviv; ^'llife se Ikrment. Les séparer, sera la vhance (iieM|uc certaine de les rosou- 'nilkui>, n'espérez pas une lin lie de la guerre ; c'est une ih eJi Afrique vous guérifiiez [iu>sédé. Tenez |îoiir ipej ït\ ou que la guerre tr^tei qu'à cette condi-

grands résultais

191» CORRESPOXDAACE.

prompts, c^est leur demander Timpossible. Or, la qufô* lion de colonisation ne peut attendre la solutîoD de b question de guerre ; elle n'est pas même slalioniiaire;elle recule. Il faut, coure que coûte, la résoudre sous peu,dl la résoudre heureosement, ou il sem trop tard, UdhI est que les éléments d^une bonne solution sont maisle nant bien dilBcites à trouver et ensuile à faif^ adopfi^t Ceci m'amène de plus en j^Ius à œgrelter que nou? n'atoos pas pu nous voir ; car ce siTJet cs^ trop vaste jMHir se renfermer dans une lettre. Mais coniment nous Toirmaifltenant? Au diable les importuns et les affaires qui mW pris un temps que j*aurafs si bien passé près de tous!. . Ma santé se remet, mais lentement. J'araiséte smtfrant tout Phiver dernier, et la violente maladie ipii ? raccourci mon voyage a achevé d ébi-anler ma «mslJtwtion. Je compte sur la tninqiuliité et le bon air delà csn^ pagne pour me ivtablir. On vietit miwUenmiieie^ tin^quatre heures. Je vous pne, mon citer ami, de uiédil^i sur cette vérité el d'en pi^fiier, si jamais vous vcus tn***vez devant vous quelque^? jours dont vous lie s^cliîi* ^ faire. Adieu.

A M. J. J. AMPÈRE

I^iris, j»ii%ii'r ÎH45.

Mou ti-ès-cheraiiii, je ne vous ai pas envoyt^ hier tle billet pour la chambrà parce que je savais que je ne parlerais jias. Je vous en avais réservé un |K>ur aiijour* dirai, ayant oublié votre cours ou plutôt le jour où il a lieu. Je vais donc donner mon billet à un autre; du reste, pour vous dire la vérité, je ne suis pas très-iîlitlio que TOUS ne soyez pas là; je suis du nonibr*e de ceux qu'une figure amie trouble plus en parlant que la vue rfn foiîff* fine assemblée. Be plus, je «^uîs fort inquiet du iMiliil de ce discours. Je crains «[iie [ïnf ses défautHi t tni^tni*, j\x%t le dire, ses quiïlilé^, il ail très-peu dVITrt ■v.^ est de monInT que la CHwai nous énen e ei nous dévore dVM tifv! Incident Mtondatres, oii on itwur^ [loliliqucf» éi*

li^2 CORRESPONDAiNCE.

la nulioii. Vous sentez qu'avec un pareil texte on est menacé d'un fiasco^ et j'aime autant que vous n'en soyez pas témoin.

Adieu, mille amitiés; dès que j'aurai un instant de santé et de liberté, j^'irai à TÂbbaye-aux-Bois. Ce sont deux biens dont j'ai été peu pourvu ces derniers temps.

A MADAME LA MAKgUlSE DE LEUSSE.

Tocquevilic, 29aoùt 1842.

Vous allez |)eut-étrc me prendre pour un Gascon, mn chère cousine; je vous dirai cependant que j'ai vivement regretté que vous ne m'ayez pas indiqué un moyen do vous rencontrer à Paris pendant le court séjour que vous y avez fiait. J'aurais relevé ma réputation un peu compromise auprès de vous en vous allant voir aussilôl. Mais vous n'avez pas voulu me donner l'occasion de réparer mes faute passées, et cela est très-mal.

J'aurais d'autant plus désiré de causer avqc vous, que je vous aurais expliqué plus aisément de vive voix la raison qui m'empêche de faire en ce moment une démarche en faveur de voire protégé. Cette raison du reste se comprend d'elle-même. Je suis en ce moment en guerre ouverte avec le ministère. Vous jugez que ma recommaudation a peu de poids; et môme je n'ai pas bonne grâco à la donner. J'ai vbté contre la dernière loi ; j'ai parlé contre. Je suis le plus grand coquin du monde aux yeux du gouvernemenl. On ne ferait pas de moi un directeur

AU BARO?i EDOUARD DE TOCQUEYILLE. 195

de poste, à plus forte raison ne fenht-on pas de directeurs de poste à ma recommandation. 11 faut laisser passer cette grande colère; d'ici à six mois les choses seront peut-être changées, sinon les choses, au moins les hommes. J'agirai alors bien volontiers et avec tout le zèle qne vous {Pourrez désirer en faveur de M. X. Mais à présent je ne pourrais le faire sans compromettre et votre prot^é et moi-môme.

Je suis charmé d^apprendre que les eaux de Vichy TOUS aient fait du bien. Qu'avez-vous fait de cette belle et brillante santé que nous admirions tant autrefois? Vous la retrouverez, j'espère, et personne n'en sera plus content que moi. Je vous plains de tout mon cœur d'être si souvent souffrante. Plus je vis et plus je m'aperçois qu'après les véritables affections, le premier bien de ce monde est tout grossièrement la santé. Pour moi, il va des jours rù je me sens prêt à troquer les académies, la Chambre, la gloriole littéraire et tout ce qui suit contre un bon estomac. Après ce vœu prosaïque je vous quitte, mais non sans vous prier de faire agréer à mon cousin et d'agréer vous-même l'expression de. mon vif et sinœre attachement.

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