‹ Œuvres complètes d'Alexis de TocquevilleChapitre 30 sur 72 · Le maréchal Bu"[cau<li · texte numérisé non relu

Le maréchal Bu"[cau<li

A M. DCFACRE. ni

metlia six joors à arriver dans les mains du gomernemv gônenil, el ensuite quinze pour parvenir jusqu'à Tingénieur en chef. Là où il n\ a qu'un intermédiaire en France, il y en a quatre en Afrique, ei^ au rebours de ce qui serait nécessaire, tout est arrangé de manière à mardier beaucoup plus lentement dans la colonie que dans la métropole. Mais c*est là le moindre mal : le plus grand est la profonde anarchie qui rc^ne et qui forme le spectacle le plus déplorable à voir qu'on se puisse imaginer. Tous les chefs de service se font la guerre entre eux; aucun ne veut obéir : nulle part ne se manifeste une vue d'ensemble, une volonté prépondérante. G^est, en vérité, pitopble. J'ai constaté qu'on ne s'occopait même pas d'une façon régulière et active, des mesures préparatoires à toute colonisation, la levée des plans, la reconnaissance de la propriété. Le directeur ^* in*a avoué qu'on ignorait absolument quelles étaient les propriétés de TÉtat, non pas au delà de l'Atlas, mais à Alger ^ dans les environs ; qu'ion donnait au hasard; (|ûe les titres laissés par ladministration turque n'a- Taient pas «M»re été traduits; qu'en un mot, on vivait an jour le jour, comme le lendemain de la conquête, suffisant à peine à la besogne courante.

Je m'arrête ici ; les détails me mèneraient trop loin ; et, si j'oDtrais dans cette voie, je n'en finirais point : il ¥aat mieux d'ailleurs attendre, pour causer avec vous sur Ums ces sujelS) que je me sois rendu maître de tous ces détails et que je sois plus sûr de l'exactitude de mes paroles. Je travaille du matin au soir h acquérir des no*

lions justes sur les choses et sur les hommes. J'es{>ère y parvenir et rapporter quelques connaissances utiles. Quant à présent, je vous écris en courant et d'une manière très-superficielle : ce sont de premières impressions que Texpérience me portera peut-être à modifier. J'en viens à Tobjet principal de ma lettre.

La dernière fois que nous nous sommes vus, vous m'avez dit une chose qui m'a fort frappé; je crois l'avoir bien comprise. Le sens de vos paroles était, si je ne me trompe, celui-ci : discerner nettement ce qui constitue Vétat exceptionnel du citoyen français en Algérie, examiner quelles sont les portions de notre droit commun qui pourraient, sans inconvénient, lui être appliquées; telle était, suivant vous, l'étude la plus utile à laquelle il convenait de se livrer ici. C'est à cette pensée que je désirerais vous voir donner quelques développements pratiques; plusieurs questions de détail nettement posées par vous me serviraient beaucoup pour discerner lé sens exact de votre pensée, et m'aideraient dans le travail dont je sens, comme vous, l'utilité. -J'ai, du reste, commencé à m'y livrer avec ardeur. J'ai pris nos codes et j'ai tâché (chose très-difficile dans un pays où le hasard semble la loi suprême) de me faire expliquer ce qu'on avait adopté. Ce n'est point le moment de vous dire, en détail, ce que j'ai rencontré en suivant cette voie. Je me bornerai à la seule observation générale que voici : presque toutes les lois civiles et criminelles de France sont appliquées ici. Les grandes différences qui distinguent la position du Français à Alger de sa posi-

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