TH
vu dans la révolution de 1848 et depuis, choses et hommes. Je n'ai pu encore me remettre dans le courant d'idées et de souvenirs qui peuveqt me donner du goût pour ce travail; et, en attendant que l'inspiration revienne, je me suis borné à rêvasser à ce qui pourrait être pour moi le sujet d'un nouveau livre ; car je n'ai pas besoin de te dire que les souvenirs de 1848 ne peuvent point paraître devant le public. Les libres jugements que j'y porte et sur mes contemporains et sur moi-même rendraient celte publication impraticable, quand même il serait dans mon goût de produire ma personne sur un théâtre littéraire quelconque, ce qui assurément n'est pas. Il y a longtemps déjà que je suis occupé, je pourrais dire troublé, par l'idée de tenter, de nouveau, un grand ouvrage. Il me semble que ma vraie valeur est surtout dans ces travaux de l'esprit; que je vaux mieux dans la pensée que dans l'action ; et que, s'il reste jamais quelque chose de moi dans ce monde, ce sera bien plus la trace de ce que j'ai écrit que le souvenir de ce que j'aurai fait. Les dix dernières années, qui ont été assez stériles pour moi sons beaucoup de rapports, m'ont cependant donné des lumières plus vraies sur les choses humaines et un sens plus pratique des détails, sans me faire perdre l'habitude qu'avait prise mon intelligence de regarder les affaires des hommes par masses. Je me crois donc plus en état que je ne l'étais quand j'ai écrit la Démocratie^ de bien (railer un grand sujet de littérature politique. Mais quel sujet prendre? Plus de la moitié des chances de succès sont Ici, non-seulement parce qu'il faut trouver un sujet qui