‹ Œuvres complètes d'Alexis de TocquevilleChapitre 43 sur 72 · Des intérêts catholiques au dix-neuvième siècle · texte numérisé non relu

Des intérêts catholiques au dix-neuvième siècle

hautes et délicates qui approchaient de toutes parts, s'éloignent; c'est-à-dire que, tandis qu'ils saisissent le corps de la société, l'esprit est près de leur échapper. Votre livre a relevé, consolé, rapproché les hommes dont je parle. C'est un grand acte qui mérite non-seulement les remercîments, mais la reconnaissance de ceux même qui vous m avaient le plus voulu après le 2 décembre. Cette lettre perdrait de son mérite à vos yeux si je n'ajoutais que j'étais du nombre de ceux-là.

Je n'ai jamais été plus convaincu qu'aujourd'hui qu'il n'y a que la Hberlé (j'entends la modérée et la régulière) et la religion, qui, par un effort combiné, puissent soulever les hommes au-dessus du bourbier où l'é- • galité démocratique les plonge naturellement, dès que l'un de ces deux appuis leur manque. Croyez, je vous prie, à tous mes sentiments de haute considération et d*amitié.

Paris, 5 décembre 1852.

J'ignorais, chère cousine, que vous fussiez arrivée à Paris; sans cela, j'aurais essayé déjà de vous voir. Je suis en ce moment, comme on dit aujourd'hui dans noire français de cuisine, un homme de loisir, il m'eût été très-agréable d'employer ce loisir à vous aller chercher, car j'ai grand plaisir à vous voir, quoique ce soit un plaisir auquel je ne me livre guère. Vous ayez tout à

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la fois de la bonté cl fie l'esprit : deux excellentes choses qui vont si bien ensemble et qui pourtant ne maiirlieiil point (rordinoire de conipcignie. Voilà une déelai-alioti qui se trouve au bout delà plume et que vous voudm bien laisser passer. Ce que vous iipprouverez moins, e e^l que je ne puis absolument rien pour votre protégé, le n ai aucune rnîson de eroire que je sois en mauvais termes avec M, Drouyn de Lhuys, Nous avons toujours vécu en bonne intelligence, et cest moi qui Ta/ nommé jadis à l'ambassade de Londres, mais je ne Tai pas revu depuis le 2 décembre. Depuis cette époque, je me suis abstenu de toute recommandation directe ou indirecte vis-à-vis du nouveau gouvernement. Je me sens trop radicalement ojjposé h celui-ci pour ne pas me faire une conscience de lui rien demander. Je n'ai même pas voulu réclamer aux archives du ministère des affaires étrangères une pièce <[ui m'eût été utile.

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