A M. DUFAURE
ln'^ilé h Tembi-asser, pei-suadé que clo loules les carrières civiles c'élait la seule qui donuâl rindépendancc ris-avis des pouvoirs passagers qui se succèdent dans notre pays; la seule qui permîï, tout à la fois, d'être fonctioniiaire el de rester soi. Adieu, mon cher ami, compte toujours sur mon affection.
A ». DUFArPiE
Saim-Cyr, 13 janrier tS54.
Je vous remercie beaucoup, mon cher ami, de votre excellente et intéressante lettre.
Je ne puis malheureusement rien vous rendre en retour de toutes les petites nourelles qui remplissent Totre lettre et qui ont charmé notre solitude, car celte solitude est presque aussi complète qu'elle pourrait Têtre si nous étions au château de Ham ou dans toute autre residence impériale de la même espèce. Je n'ai pas cependant à me plaindre et je ne me plains pas; car ma santé est bonne et mes occupations m'intéressent et m'amilsent beaucoup : elles font courir le temps avec une rapidité singulière. Â propos de ces occupations, vous m'avez promisp mon cher ami, de vérifier s'il n'existerait pas, par hasard, dans la bibliothèque des avocats, quelques vieux bouquins relatifs aux arrêts de règlement rendus par le Parlement de Paris, c'est-à-dire, comme vous le
:,Ï0 COREESPO.^DAfSCe.
«avez bien mieux que moi, à celle partie de l'actbo judiciaire qui s'étendait sur le domaine de Fadminislnition proprement dite. Est-ce que sous l'ancien régime on n'a jamais formé un recueil partiel ou complet de ce$ arrêts?
Je vous écris aujourd'hui plus tôt qu'un autre jour, parce que vous m'avez dit que demain vous devez dîofr chez Rivet avec ceux de nos bons amis qui habitent en ce moment Paris. Je veux que vous leur disiez que je suis de c<Bur avec eux, et qu'à la petite table de Saint- Gyr on fera l'extraordinaire de boire demain un petit verre à leur santé. Leur amitié à tous est le meilleor bien que j'aie trouvé dans la vie publique, je dirais volontiers le seul; c'est le seul du moins qui soit nesié après elle et qui m'en rende le souvenir cher. Faites-lear donc mille amitiés de ma part à tous et à chacun eo particulier. Nous avons formé une petite société d'boonétes gens et de bons citoyens C'est un souvenir personnel qui peut nous aider à supporter la ruine de notre cause, sinon nous en consoler. Il n'y a rien qui pai$^«€ consoler d'un si grand malheur.
Je ne vous dirai rien de plus; car, en dehors de mes occupations et de mon amitié, je ne saurais de quoi voas parler du fond de ma Thébaide.
A H. G. DE BEA€S03ir. 311
A M. G DE BEACMOXT
Saint-Gjr, 29 jwier i854.
Mon cher anu, je lis taDJoars atlentiTanent noire galette*, non tout entière, car je ne sois pas de force à lire diaqoe jour un journal allemand d*un bout à Tautre sans j mettre un temps plus long que celui que je toux consacrer à cette étude; mais j'en lis du moins une partie, et j'admire tout ce qu'on peut apprendre d*un pys âranger dans une gazette, quand on fait attention à ce qu^elle contient, et qu'on réfléchit sur les faits et les idées qu'on y rencontre. H n*y a peot-^re pas de mallenre préparation que cdle-là à un Toyage en Allé- Diagne ou à un livre sur l'Allemagne. Je tous remercie bien de m'indiquer soit au crayon rouge, soit à la plume,
les articles les plus utiles à lire J'avais remarqué
conune vous les |Mt)grès que la centralisation (ait en Allemagne. Gomment voulez-YOus qu'il en soit autreiftent? les gouTemouâits sont seuls jNrêts à hériter de tous les anciens pouvoirs qui achèvent de mourir; les peuples ne le sont pas. D n'est pas étonnant que la sphère d'action des individus et des corps aiUe toujours en se rétrécissant et cdle de l'administration centrale en s'élargissant. L'égalité croissante des conditions mène là invariablement, quand die s'établit dans un pays où les dtoyns