La GttuUe uni^emUê 4'A«gsbourg
de^m*r H^^in ihUemant k mon <e«pri( .
mnndep ^u^ék arrivait aujourd^biii mèîm k P^ri^. i'4<i iHm)in d« lui éerm el'fiffmm^n »àri'im% fmk^ eomwe, vou« êu*^ h im^am ^u^itlle verm mm dmite U premiitm m iarrivant à Pari«» vou« dmei m^oir où dU 4^ mmre daui c^ette iiïk. h ^om pm d« lui fmfé^ pa$$^* la profite Uiim qui e$( a^^ez pr^e^^»/ Madaoi^ (Gr^o^ ru^aunouea auf«î Tarriv^ui*. pr^Mîbaîui^ de &i^î/tw,,,
0^ i»erout i»ii^ qui m^appr^udrout uu pteu ^ qivi «e pa«^ <eu Prau/'i^; ear jf^e m le «a^^^ gu^i^ plu« m quie ^ jV(ai$ & \\ooo\ii\ii, h wok ^éu^kmml mtour de moi que le peuple mu((m de la mii>ère, «^inquiète de k fiienr^ et eooïmeuiKe k nmrmmw eoulre le gouveroeoieot ^m ^nge & la feire. Il e^t éerit que je ne ^m p^ama A*meord avee le ¥ote universel; ear ee «erait ^émkmmi ui la }pr^m\kre oeeaaion ofi je me (foti¥eraf« Mfê au mitm
A ^1. LE BARON HUBERT DE TOCOUEVÏLLE. ÔI5 avis que lo gouvernenieni . On peut reprocher avec rai- , son à celui-ci d'avoir réveillé la question d'Orient pour plaire à des moines, et se faire cmser la petite fiole sur la tête, comme disait le premier Napoléon à Lafayette; mais la question d'Orient réveillée, il ne pouvait agir autrement qu'il n'a fait.
Mais je ne veux pas prétendre parler politique dans un lieu où je n'en sais pas le premier mot, ni en écrire dans un temps où l'on ne peut écrire à ses meilleurs amis sans éveiller l'œil dé la police. Je finis donc, mais non sans vous dire, parce que je crois que cela n'est pas absolument sans intérêt pour vous, que je vais bien ; croyez à tous mes sentiments de sincère amitié.
Saint-Cyr, 15 février 1851.
11 y a longtemps, mon cher ami, que je désire répondre à ta lettre sans en trouver le temps. Je vais le faire aujourd'hui brièvement. Je te dirai d'abord, que j'ai été fort content de cette lettre. Tu m'y expliques trèsclairement tes raisons, et les sentiments que tu y manifestes sont de mon goût. Conserve toujours cette manière ferme et indépendante de penser et de sentir; elle convient à ta position, à ta famille, à ton nom ; et ce serait un profond chagrin pour moi de te voir atteint par la façon de penser molle et vulgaire de la plupart des jeunes gens, sur ces matières.
Je regrette toujoui^ que ton goût et la nature de tes facultés ne te portent pas vers la magistrature. Là seulement on peut être indépendant) si on veut Pétre. Ce que tu remarques sur les complaisances d'un grand nombre de magistrats n'est que trop vrai ; mais chez eux ces faiblesses sont volontaires : voilà la différence. Elles tiennent à la mollesse naturelle de leur cœur et non point aux exigences de leur position : car, quoique rien ne soit absolument solide aujourd'hui, on peut dire néanmoins que si quelque chose l'est encore, c'est le siège du juge.
Quant au conseil d'État, tu remarques qu'il donne issue à deux carrières, et que l'une de ces carrières permet beaucoup plus d'indépendance que l'autre ; tu as raison. On peut réussir à rester honnête et indépendant dans l'une, quoique cela ne soit pas facile, si l'on veut avancer. Il est impossible d'y réussir dans l'autre : voilà la nuance. Mais, même dans la première, on se trouva souvent placé entre son devoir et une destitution. Tu as vu, il n'y a pas plus d'un an, un conseiller d'État, exclu parce que
Je vois que ta principale objection contre la magistrature vient de ce que tu crains de ne pas savoir parler en public. On peut être un magistrat très-éminent sans cela. Cependant, j'entre jusqu'à un certain point dans ton objection ; mais qui \e prouve que tu ne peux acquérir la faculté de parler en public? La timidité qu'on ressent dans un salon ne prouve rien quant à cela ; j'en «i
 M. LE BARON HUBERT DR TOGQUEYILLE. 515
&il cent fois reipérience; et j'ai vu sans cesse des gens qui se trouvaient facilement embarrassés dans la conver- r sation et qui parlaient très-bien en public. Ce sont, en effet, deux talents fort différents. Je crois donc que tu ferais bien, avant de te former une idée définitive sur toimême de ce côté-là^ de chercher quelque occasion de t'essayer. Il y a sans doute à Paris, comme de mon temps, de petites réunions dans lesquelles on s'exerce à la parole. Je voudrais, qu'avant de désespérer de toi-même comme parieur, tu tentasses, non une fois, mais phisieurs, de parter à ces petites tribunes; cela te serait utile, quelle que fût ta résolution finale ; car tu te trompes grandement si tu penses qu'au conseil d'Ëtat on puisse se passer de la facilité de la parole. Le rapporteur d'une aflaire, après avoir fait son rapport, est obligé de le défendre dans une discussion souvent difficile et longue ; il est le champion nécessaire de la commission au nom de laquelle il parle ; et c'est à lui principalement à tenir tête à ceux qui attaquent l'opinion qu'il est venu exprimer au nom de ses collègues ou même en son nom propre. I^ séances du conseil d'Ëtat, quoiqu'elles ne soient publiques que dans certains cas, sont toujours fort solennelles, parce que le plus souvent, un grand nombre de membres y assistent.
Jet'engage donc àbien peser encorece quetu veux faire. Mais si tu te détermines pour le droit administratif, fais, du moins, bien attention à ceci : il n'y a pas d'étude qui soil plus propre à rétrécir et à fausser l'esprit que celle dece qu'on appelle le droit administratif, à moins qu'on
niO CORRESPONDANCE,
n'y pronne gnrdc. Tons les aulenrs qni onl écrîl snr celle matière, môme les plus célèbres, ont été ou sont encore des esprits peu élevés, qui n'ont pas su juger par eux-mêmes de la valeur et de la bonté des règles qu'ils enseignaient, ni apercevoir au deb'i de la science dont ils étaient les comriiéntateurs, la science plus générale et plus grande qui enseigne à quelles conditions les sociétés prospèrent. Il y a, parmi eux, d'habiles commentateurs, des légistes distingués, des écrivains remarquables ; il n'y a pas un publiciste. Ils sont tous engoués de leur science, et se sont figuré qu'il n'y a rien de plus parfait au monde. Garde-toi d'une pareille erreur. La centralisation administrative, dont le droit administratif a pour but d'enseigner les règles, est assurément une machine fortement construite et on peut l'admirer, si on veut ne la considérer qu'au point de vue de la facilité qu'elle donne au gouvernement d'atteindre partout, deconduire, derégenter tous les hommeset toutes les affaires. C'est une machine de gouvernement très-bion faite, mais impropre à produire la sécurité, la liberté, les vertus publiques qui font la prospérité des empires et leur grandeur. C'est à elle surtout que nous devons nos révolutions incessantes, nos mœurs serviles, l'impossibilité où nous avons toujours été de fonder une liberté modérée et raisonnable; c'est à elle que les provinces doivent l'espèce d'abâtardissement intellectuel dans lequel elles sont tombées et qui fait que tout mouvement y est comme éteint. Je ferais un volume sur ce sujet; et nous en causerons longuement un jour, quand tu vou-