‹ Œuvres complètes d'Alexis de TocquevilleChapitre 53 sur 72 · V2 COIiliKSPONDANCK · texte numérisé non relu

V2 COIiliKSPONDANCK

(lonl il le cliarj^cra, et beaucoup do docilité à suivre ses instructions dans cette matière, il le deviendra, j'cspèns Irôs-favorable ; ce qui est h dësircr, parce que, dans la position, lu as besoin do lui. Je ne crois pas nécessaires non plus, de le recommander de te montrer très-bon garçon avec les jeiuuîs colh^gues; non-seulemcnl bon camarade, mais camarade favile. Ce qu'il faut, c'est de ne pas te mettre dans leur confrérie; mais en d(»lior8 de cela, il ne faudrait j)as y n^garder de trop près pour faire quelques parties avec eux, si Toccasion s'en préëcntc; entrer accidenlellemenl dans leur genre de vie cl au besoin dépenser un peu d'argent avec eux. Sois sûr que ce sera do rargent bien employé.

«le te recommande aussi de nouveau de te mellre surle-cbamp sur un bon pied ; car, dans la carrière que tu as embrassée, rien ne nuit plus et d'une manière plub durable que la réputation de faire mesquinement Ich choses. Tu me parais avoir assez d'argent celle année, avec ce que l'a donné ton père cl l'excédant de les frais de voyage, pour pouvoir faire les choses un peu grandemonl. Que je n'entende pas parler d'économie; ne fais pas de délies, voilà tout ce qiui je désire en celle matitVo. Je le parle en homme qui connaît mieux que loi le terrain sur lequel tu marches. Je suis sûr que la rtV putalion d'homme sensé el travailleur esl déjà faite; il faul l'appliquer maintenant à ce qu'on ne le fasse pas la réputation de n'ôlre qu'un homme de cabinet sans goftl pour le monde. liante le spectacle et les, grandes maisons qui te sont ouvertes, et si cela se peut faire nalu-

A M. LE BARON HUBERT DE TOCQUEVILLE. 355 rellement, vas-y quelquefois dans la compagnie de tes camarades. Il ne faut pas pour cela avoir l'air de se jeter à leur tête; mais il ne faut pas moins éviter de sembler fciire bande à part et viser au contraste. Je te recommande cela on ne saurait davantage.

Ce que tu me dis de tes études me paraît bien vu. Comme études diplomatiques proprement dites, il n'y a rien de plus nécessaire à étudier que les actes du Congrès «le Vienne, puisqu'ils forment encore la base de tout l'ordre politique de l'Europe. Mais il est difficile d'en bien coniprendre toute la portée, si on n'éludie pas très-attentivement l'histoire pendant le dix-huitième siècle et surtout la Révolution française : ce sont là les précédents de toutes les autres études. L'histoire en général, et en particulier celle des principaux Iraités qui sont intervenus depuis environ un siècle entre les différents peuples de l'Europe, c'est le bréviaire d'un diplomate. Tu ne connaîtrais que cela très à fond et imperturbablement, que lu serais déjà plus capable de ton nouveau métier que beaucoup de ceux qui le font depuis longtemps ou ont l'air de le faire.

Je ne t'en écris pas plus long aujourd'hui pour ne pas le faire payer un port énorme. Dans ta première lettre explique-moi comment je puis m'y prendre pour te faire passer mes lettres par l'ambassade; de Ion côté, écrismoi par cette voie. Je crois qu'une lettre avec mon adresse, mise dans le paquet de l'ambassade pour Paris, me serait, aussitôt après son arrivée, transmise de celle ville; ce qui m'épargnerait des frais inutiles. En ajoutant

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