A M. LE COMTE DE BEAUMONT
Paris, 18 septembre 185i.
Je n'ai aucune nouvelle à vous apprendre, Monsieur, ci cependant je sens le besoin de vous écrire. Je veux vous remercier de votre bon accueil et vous dii<é combien j'y ai été sensible. Ceci n'est point, je vous assure, un compliment; mais l'expression d'un sentiment très-réel. Pendant trois semaines j'ai trouvé dans votre famille non pas seulement les attentions d'hôtes aimables, mais la confiance et l'amitié que je ne croyais devoir rencontrer que dans la mienne; aussi ai-je éprouvé en quittant voire demeure quelque chose qui ressemblait au vide qu'on ressent au sortir de la maison paternelle. Il me semblait que je venais de passer mes vacances à Beaumont, et que je retournais au collège.
Je vous déclare donc, monsieur, quoique cela soit
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Irès-mal à dire, que je ne puis regreUcr l'embarras que je vous ai causé. I^oin de me repenlir, je forme déjà, pour Tannée prochaine, la résolution de revenir prendre voli^e Sillon pour chambre à coucher, votre cabinet pour salle d'étude, et je me sens déterminé à manger sans pitié les poulets et les confitures de madame de Beaumont. Voilà, Monsieur, ce que l'on gagne à bien traiter les gens.
Je ne sais si Gustave vous aura mandé comme quoi n'ayant point trouvé de places dans la diligence de Vendôme, il nous a fallu en prendre par contrebande sur rimpériale,. où, roulés parmi les paquets, nous avons passé la nuit la plus agitée et la plus fi^aiche qu'on puisse imaginer. Je n'ai jamais mieux senti les avantages de ma petite taille. On ne se fait pas, je vous assure, une juste idée de tout ce qu'on gagne à être petit. Tandis que Gustave, avec ses longues jambes et ses grands bras, ixîssemblait à un télégraphe en mouvement, je parvins à me blottir dans un petit trou où je dormirais peut-être encore sans un panier de volaille qui vint tout à coup interrompre le rêve le plus agréable, en me tombant sur le nez. Je me mis à crier, comme vous pouvez croire; mais deux ou trois coqs, que renfermait ledit panier, s'éiant mis à crier de leur côté, je pris le parti prudent de me taire, dans l'espérance que celte modération serait imitée par eux. C'est ainsi qu'après mille aventures dans lesquelles brillèrent tour à tour notre courage et notre vertu, nous parvînmes enfin dans Paris.
Je n'ai pas eu besoin de représenter à mon père et à
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ma bellc-sœur loul le tort qu'ils m^avaient fait en me rappelant si vite. Ils étaient déjà honteux Tun et Tautre de leur mauvais procédé; et je n'ai pas voulu augmenter leurs regrets en leur racontant trop en détail toutes les raisons que j'avais de désirer de rester quelque temps de plus à Beaumont-la-Chartre.
Adieu, Monsieur; j'espère que vous me permettrez, en terminant, de vous embrasser et d'offrir à madame de Beaumont l'hommage de mon respectueux attachement. Madame «de Sarcé ne me défendra pas non plus Vie me rappeler à son aimable souvenir. Quant à mademoiselle Clémence*, / musl say in english that I hope she will some limes remember her teachers^ who felt much grieved to beobliried to Jnternipt Iheir lessons.