CHAPITRE XI
DE LA TOVX.
Il y a vne sorte de toux qui arriue vn peu deuant les accés des fiéures intermittentes, qui prouient des vapeurs de la matiere morbifique qui commence à s’esmouuoir, mais qui se passe à mesure que par l’ardeur de Paccés lesdites vapeurs sont consom-
mées: c’est pourquoy il ne faut point s’arrester à ceste toux là, mais seulement à celle qui dure aprés les accés, et qui trauaille ceux qui ont des fiéures continues. Or ceste toux icy est fort fascheuse et incommode, pource qu’elle apporte la douleur de teste telle qu’il semble qu’on la fende, qu’elle empesche le sommeil, qu’elle trauaille le poulmon et apporte oppression et difficulté de respirer, et d’auantage qu'elle fait redoubler la fiéure, aiguisant la chaleur des poulmons par l'effort continuel qu’elle apporte.
La cause de ceste toux icy, ou c’est l’intemperie chaude et seiche des organes qui seruent à la respiration, Ou quelque refroidissement qu’a ressenti le malade, soit à la teste, soit à la poitrine, qu'il decouure. quelquesfois mal à propos. C’est pourquoy ceste toux icy est aride et fascheuse, sur tout quand elle est frequente : car si elle ne vient que par interualle, et qu’elle ne soit pas si aigre, elle peut seruir à quelque chose, comme dit Hippocrates à laphorisme 54. du quatriéme liure : c’est à sçauoir, à la soif des malades qu’elle adoucit : car comme dit Galien, par leffort et le mouuement qu’elle apporte, elle attire l'humidité des parties voisines, qui sert à arrouser et la bouche et les
parties qui sont à lentour de la tra-
chée artere.
Mais si la toux est aigre, il faut y pouruoir par quelques remedes, c’est à sçauoir par ceux qui humectent et rafraichissent, soit qu’on les tienne à la bouche, soit qu’on les aualle doucement et lentement, soit qu’on les prenne en forme de breuuage. On se peut donc seruir des syrops violat, de pauot,nenuphar, de pommessimples, de reglisse, de iuiubes, ou pris à part,
LE VINGTIÉME LIVRE,
ou meslés ensemble, ou delayés dans quelque decoction de violes, de laictue, de pourpié, semences froides grandes et petites, reglisse, orge et autres. On fait aussi des tablettes de sucre rosat, de tragacanthe, de racines de guymauues. On donne des conserues de roses, de violettes, de nenuphar, de pas d’asne, de pauot rouge , et semblables. Il y a quantité d’autres remedes à la toux, mais c’est à celle qui est excitée de la pituite du cerueau qui distille dans la poitrine :
de laquelle nous ne faisons point icy mention.