‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 122 sur 602 · DE LA DVRETÉ DV VENTRE · texte numérisé non relu

DE LA DVRETÉ DV VENTRE

Au commencement des fiéures, le ventre deuient paresseux, à cause du repos que l’on prend dans le lict, et aussi à cause que le febricitant demeurantlong-tempscouché sur le dos, il s’eschauffe le ventre , qui par aprés endurcit les humeurs qui sont contenues dans les intestins. Car la cause ordinaire de La dureté du ventre vient de la chaleur, qui desseiche les excremens, qui pour estre ainsi espuisés de toute humidité resistent à la vertu expultrice des intestins,

En cest accident, il fautrecourir aux clysteres emolliens et refrigeratifs, et aux suppositoires. Il faut donner quantité de boüillons au veau, et assaisonnés de bourrache, buglosse, cichorée, laictue, ozeille, endiue, sommités de maulues, au febricitant : on luy fera vser de pommes cuites, et de pru peaux auec leur ius, en attendant qu’on le puisse purger auec quelque bol de casse et autres doux purgatifs.

Il ya vneautrecausede la dureté du ventre, c’est à sçauoir l’estoupement et obstruction du conduit choledoque qui porte la bile dans les intestins, laquelle sert àirriter la vertu expultrice. Quand donc la bile ne coule pas aux intestins, ladite vertu expultrice deuient paresseuse, et par consequent le ventre deuient dur. A ceste cause icy il faut des remedes particuliers, lesquels nous particulariserons au chapitre de la iaunisse.

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