‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 129 sur 602 · DE LA FROIDEVR DES EXTREMITÉS DV CORPS · texte numérisé non relu

DE LA FROIDEVR DES EXTREMITÉS DV CORPS

Quand les frissons et les horreurs des fiéures intermittentes arriuent, ils sont quelquesfois tellement violens, qu’on est contraint d’y apporter quelques remedes. Le plus ordinaire est d’eschauffer bien le lict des febricitans, les enuelopper de bonnes alaïses chaudes, mettre des linges chauds sur la poitrine, à l'entour du col, sur le ventre, sur les genoux, et autres

LE VINGTIÉME LIVRE,

parties. Quelquesfois on leur fait ! marbre et de iaspe, des laictues pom

prendre quelque chose par la bouche, comme deux doigts d'eau de vie, d’eau rose, de cannelle et de sucre meslés ensemble, et infusés par lespace de vingt-quatre heures. D’autres donnent simplement de l’hippocras ou du vin d'Espagne, ou de la theriaque dissoute dans de bon vin.

Il y a des fiéures continues où les ‘malades ont presque tousiours les extremités froides : à ceux cy, outre les linges chauds, on fait des douces frictions auec linges mollets, on frotte les cuisses et les iambes auec huiles d’amendes douces, de chamomille, de lis, de iasmin , à fin de rappeller la chaleur. On met dans le lict des bouteilles d’eau tiede à l’entour du febricitant , on lui met des grés chauds aux pieds, et à l’entour de luy. Quelques-vns les enueloppent auec des fourrures bien douces et mollettes, qui peu à peu font reuenir la chaleur.

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